Fiche n° 1014 · Faune · Poissons
Poisson-clown
Amphiprion ocellaris
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-poisson-clown/
Clé d'identification
- Petit poisson trapu de 8 à 11 cm, orange vif à brun orangé.
- Trois bandes blanches : derrière l'œil, au milieu du corps et sur le pédoncule caudal.
- Bande médiane renflée vers l'avant en forme de pointe arrondie.
- Nageoires bordées de noir ; bandes blanches sans large liseré noir, contrairement à A. percula.
- Dorsale haute, à 11 épines en général (10 chez A. percula).
- Toujours dans ou tout près d'une grande anémone : Radianthus magnifica (ex-Heteractis magnifica), Stichodactyla gigantea ou S. mertensii.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-clown
- Nom scientifique
- Amphiprion ocellaris
- Autres noms
- Poisson-clown à trois bandes · Poisson-clown ocellé · Faux poisson-clown · Nemo
- Synonymes
- Amphiprion bicolor · Amphiprion melanurus
Distribution géographique
Indo-Pacifique ouest : est de l'océan Indien (Andaman, Nicobar), Thaïlande, Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines, nord-ouest de l'Australie, jusqu'à Taïwan et aux Ryukyu. À Bali, observations à Tulamben, Amed, Nusa Penida et Menjangan.
Zones : Tulamben · Amed · Nusa Penida · Menjangan — Asie
Biotope
Récifs coralliens peu profonds et lagons calmes, de 1 à 15 m, en association obligatoire avec trois anémones hôtes : Radianthus magnifica (anémone magnifique, ex-Heteractis magnifica), Stichodactyla gigantea et Stichodactyla mertensii.
Profondeur : 1 – 15 m
Repères pour le plongeur
Le poisson-clown à trois bandes, ou poisson-clown ocellé, vit à Bali dans les anémones magnifiques des récifs peu profonds, de Tulamben à Menjangan. Observez le couple de côté, sans toucher l'anémone ni approcher la ponte gardée par le mâle.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Omnivore : zooplancton (copépodes notamment) et algues en parts à peu près égales, plus les parasites prélevés sur l'anémone hôte.
Reproduction
Hermaphrodite protandre : tous naissent mâles et le mâle dominant devient femelle si celle-ci disparaît. Couple monogame ; 100 à 1 000 œufs orange collés sur la roche au pied de l'anémone, gardés et ventilés par le mâle pendant 6 à 8 jours ; larves planctoniques 8 à 12 jours.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 3 février 2021 selon FishBase. Premier poisson du commerce aquariophile marin, dont l'Indonésie est l'un des principaux exportateurs ; la collecte réduit localement densités et tailles.
Espèces ressemblantes
- Poisson-clown à trois bandes noires (Amphiprion percula) : presque identique, mais bandes blanches cernées d'un large liseré noir, dorsale plus basse à 10 épines ; il vit dans le Pacifique ouest (Queensland, Mélanésie) et non à Bali.
- Poisson-clown de Clark (Amphiprion clarkii) : corps en grande partie noir, tête et nageoires paires jaune orangé, queue claire ; il atteint 15 cm et occupe une dizaine d'anémones différentes.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-clown à trois bandes, ou poisson-clown ocellé (Amphiprion ocellaris), est le célèbre « Nemo » du film d’animation de 2003. Ce petit poisson de la famille des demoiselles (Pomacentridae) mesure 8 à 11 cm. Son corps trapu et comprimé est orange vif à brun orangé. Trois bandes blanches le barrent : une derrière l’œil, une au milieu du corps, une sur le pédoncule de la queue. La bande médiane forme en général un renflement arrondi vers l’avant. Les nageoires sont liserées de noir.
La confusion classique se fait avec Amphiprion percula, presque identique. Chez A. percula, un large liseré noir cerne les bandes blanches, et la dorsale, plus basse, compte en général 10 épines au lieu de 11. À Bali, la question se tranche par la géographie : FishBase cantonne A. percula au Pacifique ouest (Queensland, Nouvelle-Guinée, Salomon, Vanuatu). Le poisson-clown de Clark, présent à Tulamben selon DORIS, se distingue par un corps en grande partie noir, une tête jaune orangé et une queue claire.
La femelle, plus grande, est le plus gros poisson de l’anémone. Le mâle reproducteur vient ensuite, puis quelques jeunes non reproducteurs.
Où et quand l’observer à Bali
L’espèce vit sur les récifs coralliens peu profonds et dans les lagons calmes, de 1 à 15 m. On ne la trouve jamais loin de l’une de ses trois anémones hôtes : l’anémone magnifique (Radianthus magnifica, longtemps nommée Heteractis magnifica), Stichodactyla gigantea ou S. mertensii. Elle n’habite pas l’anémone à bouts renflés (Entacmaea quadricolor), qui abrite d’autres poissons-clowns.
Les observations publiées sur GBIF la situent dans les quatre secteurs phares de l’île : Tulamben, notamment près de l’épave du Liberty, dans des anémones magnifiques ; la baie de Jemeluk et les Pyramides à Amed ; Crystal Bay et Manta Point à Nusa Penida ; et plusieurs sites de l’île de Menjangan. Sédentaire, elle s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
Ce poisson est omnivore. Il mange du zooplancton, surtout des copépodes, et des algues en parts à peu près égales, et il débarrasse son anémone de ses parasites. Un mucus le protège des cellules urticantes de l’hôte. En échange, sa présence éloigne les poissons-papillons et les tortues qui broutent l’anémone, et ses mouvements renouvellent l’eau autour d’elle.
C’est un hermaphrodite protandre : tous naissent mâles. Si la femelle disparaît, le mâle reproducteur change de sexe pour la remplacer. Le couple est monogame. Le mâle nettoie une plaque de roche nue au pied de l’anémone, où la femelle colle 100 à 1 000 œufs orange. Il les ventile et trie les œufs morts pendant 6 à 8 jours. Les larves passent ensuite 8 à 12 jours dans le plancton avant de chercher une anémone.
Le groupe défend son anémone. Les petits restent collés aux tentacules, chassés par les dominants. Seuls les grands individus s’en éloignent de quelques mètres.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date l’évaluation du 3 février 2021. C’est pourtant le premier poisson du commerce aquariophile marin, et l’Indonésie est l’un des principaux pays exportateurs. Dans l’archipel de Spermonde, à Sulawesi, une étude parue en 2018 relève une baisse de densité, de taille et de diversité génétique sur les récifs les plus pêchés. Les anémones hôtes y sont elles aussi prélevées.
Bien l’observer et la photographier
Approchez-vous lentement, de côté, et stabilisez-vous à distance de l’anémone, sans la toucher : ses tentacules sont l’habitat du groupe. Hors de leur anémone, ces poissons nagent mal et s’exposent aux prédateurs : ils ne s’en écartent donc guère, et il suffit d’attendre qu’ils ressortent des tentacules. Patientez pour saisir la femelle et le mâle côte à côte, et comparez leurs tailles.
Si vous repérez une plaque d’œufs orange sur la roche voisine, reculez : le mâle la ventile et la défend, et chaque minute passée à la chasser l’éloigne de sa ponte. Ne soulevez pas de sédiment à proximité, et n’éclairez pas longuement les œufs.
Sources
- WoRMS : Amphiprion ocellaris Cuvier, 1830
- FishBase : Amphiprion ocellaris, Clown anemonefish
- FishBase : Amphiprion percula, Orange clownfish
- Fishes of Australia : Western Clown Anemonefish, Amphiprion ocellaris
- Australian Museum : Western Clown Anemonefish
- Animal Diversity Web : Amphiprion ocellaris
- WoRMS : Radianthus magnifica, nom valide de l’anémone magnifique
- DORIS (FFESSM) : Radianthus magnifica, Anémone magnifique
- DORIS (FFESSM) : Entacmaea quadricolor, Anémone à bouts renflés
- DORIS (FFESSM) : Amphiprion clarkii, Poisson-clown de Clark
- GBIF : Amphiprion ocellaris, occurrences
- Frontiers in Marine Science (2018) : diversité génétique d’A. ocellaris sur des récifs exploités de Spermonde