Fiche n° 1024 · Faune · Invertébrés

Crabe araignée

Achaeus spinosus

Asie Tulamben Amed

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-crabe-araignee/

Crabe araignée (Achaeus spinosus)
Photo : Christian Gloor from Wakatobi Dive Resort, Indonesia — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Minuscule crabe-araignée : corps (carapace ovale) de 15 à 20 mm ; 4 cm au plus, longues pattes comprises.
  • Pattes ambulatoires très longues et très fines, sans pince ; seule la première paire, plus courte, porte des pinces.
  • Carapace et pattes couvertes d'hydraires vivants ou de fragments d'éponge retenus par de fins poils : l'animal ressemble à une touffe de polypes.
  • Yeux portés par des pédoncules robustes, dirigés sur les côtés.
  • Carapace armée de six épines, cachées sous la garniture.
  • Presque toujours posé sur un corail mou ou une éponge, sur lequel il grimpe pour s'exposer au courant.

Noms

Nom usuel
Crabe araignée
Nom scientifique
Achaeus spinosus
Autres noms
Soft coral spider crab · Spiny spider crab · Electric crab

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et du golfe Persique aux Maldives, à l'Indonésie, au Japon et à la Corée. À Bali, les observations publiées sur GBIF se concentrent sur la côte nord-est (Tulamben et Amed, Karangasem).

Zones : Tulamben · Amed — Asie

Biotope

Vit sur des coraux mous ou des éponges qui lui servent de support. Les spécimens japonais de référence ont été récoltés entre 55 et 187 m ; à Bali, il est photographié par les plongeurs sur les sites de la côte de Karangasem.

Repères pour le plongeur

Ce crabe-araignée de 2 cm se déguise en touffe d'hydraires sur les coraux mous ; à Bali, on le cherche surtout à Tulamben et à Amed, de préférence de nuit. Ne le décrochez pas de son support pour la photo.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plancton et particules en suspension, capturés en se postant dans le courant au sommet de son hôte.

Reproduction

Non documentée dans les sources consultées.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge de l'UICN selon Reeflex (consulté en 2026) ; aucune évaluation trouvée. Pas de protection propre connue en Indonésie.

Espèces ressemblantes

  • Autres crabes du genre Achaeus, comme Achaeus japonicus : le genre compte au moins seize espèces au Japon, toutes aux pattes très fines ; on les sépare par des détails de carapace (six épines chez A. spinosus) que la garniture masque souvent sous l'eau.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

Achaeus spinosus est un tout petit crabe-araignée de la famille des Inachidae, décrit par Miers en 1879 à partir de spécimens des mers du Japon et de Corée. Son corps, c’est-à-dire sa carapace ovale, mesure 15 à 20 mm ; avec ses pattes déployées, l’animal ne dépasse pas 4 cm, la taille maximale que lui donne Reeflex. Ce qui frappe d’abord, ce sont ses pattes : longues, fines comme des fils et sans pince. Seule la première paire, plus courte et plus robuste, porte de petites pinces. Les yeux sont placés au bout de pédoncules épais, tournés vers les côtés.

Sous l’eau, vous verrez rarement la carapace elle-même. Le crabe la couvre, ainsi que ses pattes, de petits hydraires urticants ou de fragments d’éponge, retenus par une multitude de poils fins. Il ressemble alors à une touffe de polypes blancs posée sur une branche de corail mou, comme sur la photo de cette fiche. Les six épines qui arment sa carapace, critère utilisé par les taxonomistes, restent invisibles sous ce déguisement.

Le genre Achaeus compte au moins seize espèces au Japon, toutes aux pattes très grêles. Sur une photo de plongée, les distinguer avec certitude est difficile : une identification à l’espèce repose sur des détails de la carapace et des pinces. Les noms anglais « soft coral spider crab » et « electric crab » désignent cette espèce dans les guides d’aquariophilie et de photo sous-marine. Aucun nom français courant n’est établi.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce est répartie dans l’Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et du golfe Persique aux Maldives, à l’Indonésie, au Japon et à la Corée. À Bali, les observations validées publiées sur GBIF, toutes issues de plongeurs, viennent de la côte nord-est, dans la région de Karangasem : Tulamben, Kubu, Tianyar et la zone d’Amed. Aucune n’est signalée à Nusa Penida ni à Menjangan dans ces données, ce qui ne prouve pas son absence mais invite à le chercher d’abord sur cette côte.

Il vit posé sur un hôte, le plus souvent un corail mou, parfois une éponge. Les spécimens de référence japonais ont été remontés entre 55 et 187 m. Les photos de plongeurs montrent qu’il est aussi accessible bien plus haut, mais aucune source consultée ne donne de profondeur chiffrée pour Bali. Les observations s’étalent de mars à novembre selon les années, sans saison marquée : on peut le chercher toute l’année.

Biologie et comportement

Ce crabe est surtout actif la nuit. Il se nourrit de plancton et de particules en suspension : il grimpe au sommet de son hôte pour se placer dans le courant et cueillir ce qui passe. Sa garniture d’hydraires fonctionne dans les deux sens. Les polypes urticants le protègent des prédateurs, et le crabe, en se déplaçant, les emmène vers de nouvelles zones riches en nourriture. Sa reproduction n’est pas décrite dans les sources consultées.

Statut et protection

Selon Reeflex, l’espèce n’est pas évaluée (NE) sur la liste rouge de l’UICN, et nous n’avons trouvé aucune évaluation. Elle ne fait pas l’objet d’une protection particulière connue en Indonésie. Sa vraie fragilité est ailleurs : elle dépend entièrement de son hôte. Un corail mou arraché ou retourné par une palme, et le crabe perd son poste de pêche et son abri.

Bien l’observer et la photographier

Inspectez lentement les colonies de corail mou, surtout celles exposées au courant, et cherchez une touffe d’hydraires qui bouge. En plongée de nuit, il est plus actif et donc plus facile à repérer. Vu sa taille, un objectif macro est indispensable, et une bonnette aide à détailler les yeux et les pinces. Stabilisez-vous à distance du support, sans vous appuyer sur le corail.

Ne déplacez pas le crabe pour mieux le cadrer et ne tapotez pas la colonie pour le faire sortir : ses pattes très fines cassent facilement et il risque de perdre sa garniture. Évitez aussi de toucher les hydraires qui le couvrent, ils sont urticants. Limitez enfin les rafales de flash et de lampe sur un même individu.

Sources