Fiche n° 1003 · Faune · Tortues & mammifères

Tortue verte

Chelonia mydas

Asie Tulamben Amed Nusa Penida Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-tortue-verte/

Tortue verte (Chelonia mydas)
Photo : Brocken Inaglory — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Dossière très bombée, en forme de cœur, à écailles juxtaposées (non chevauchantes).
  • Quatre paires de plaques costales, cinq plaques centrales et douze paires de marginales.
  • Tête petite, museau court et arrondi, une seule paire d'écailles préfrontales entre les yeux.
  • Dossière brunâtre, grisâtre ou verdâtre ; plastron blanc jaunâtre.
  • Mâchoire inférieure finement dentelée ; yeux en amande.
  • Mâle adulte reconnaissable à sa queue longue, large et kératinisée ; celle de la femelle est courte et fine.

Noms

Nom usuel
Tortue verte
Nom scientifique
Chelonia mydas
Autres noms
Tortue franche · Tortue comestible · Chélonée franche · Green sea turtle
Synonymes
Testudo mydas · Chelonia agassizii · Chelonia mydas agassizii · Chelonia japonica · Chelonia viridis

Distribution géographique

Mers tropicales et subtropicales des océans Indien, Pacifique et Atlantique, Méditerranée et mer Rouge comprises. À Bali, observations de plongeurs recensées par GBIF à Tulamben (épave de l'USAT Liberty), autour de Nusa Penida, à Amed et près de Menjangan.

Zones : Tulamben · Amed · Nusa Penida · Menjangan — Asie

Biotope

Récifs, herbiers et fonds algaux peu profonds où l'adulte broute ; les jeunes vivent d'abord en haute mer, dans les radeaux de sargasses. Espèce pélagique notée de la surface à 200 m.

Profondeur : 0 – 200 m

Repères pour le plongeur

Grande tortue à petite tête arrondie et à carapace lisse, que l'on croise à Tulamben, à Nusa Penida ou à Amed en train de brouter ou de se reposer sur le récif. Restez à distance, ne la touchez pas et ne lui coupez jamais la route vers la surface.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Juvénile carnivore (invertébrés, œufs de poissons, méduses, zooplancton) ; adulte herbivore, qui broute herbiers marins et algues.

Reproduction

Maturité entre 18 et 30 ans selon les populations. Ponte nocturne sur la plage natale, une centaine d'œufs par nid, plusieurs nids par saison ; incubation de 48 à 74 jours, sexe des petits fixé par la température du sable.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) à l'échelle mondiale depuis la mise à jour de la liste rouge de l'UICN du 10 octobre 2025 ; elle était auparavant classée En danger (EN, A2bd, évaluation de 2004). Certaines sous-populations restent menacées. Protégée en Indonésie depuis 1990.

Espèces ressemblantes

  • Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : bec étroit et crochu, deux paires d'écailles entre les yeux, écailles de la carapace qui se chevauchent et bord arrière dentelé.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Tortues & mammifères

Identification

La tortue verte est la plus grande des tortues marines à carapace dure, selon la NOAA. D’après DORIS, la dossière mesure de 78 à 139 cm chez la femelle adulte et de 71 à 104 cm chez le mâle, pour un poids moyen d’environ 160 kg. Elle est brunâtre, grisâtre ou verdâtre, plus ou moins foncée.

Sa tête paraît petite par rapport au corps. Le museau est court et arrondi, et une seule paire d’écailles préfrontales sépare les yeux. La dossière, très bombée et en forme de cœur, porte quatre paires de plaques costales posées bord à bord. Le plastron est blanc jaunâtre. Le mâle adulte se reconnaît à sa queue longue, large et kératinisée, celle de la femelle restant courte et fine. Les juvéniles portent des marques claires sur la dossière.

À Bali, la confusion possible est la tortue imbriquée. Celle-ci a un bec étroit et pointu, deux paires d’écailles entre les yeux et des écailles de carapace qui se chevauchent, ce qui dentelle le bord de la carapace. Chez la tortue verte, le profil de la tête est rond et les plaques restent juxtaposées.

Où et quand l’observer à Bali

Les observations de plongeurs versées dans GBIF dessinent trois secteurs principaux. Le premier est Tulamben, sur la côte nord-est : la tortue y est notée à de nombreuses reprises sur l’épave de l’USAT Liberty et sur le tombant voisin. Le deuxième est Nusa Penida, au sud-est de Bali, où les relevés se répartissent entre Crystal Bay, Toyapakeh, Sental et Manta Point, en partie dans l’aire marine protégée de l’île. Les données sont plus rares ailleurs : quelques mentions à Amed, sur le site de Pyramids, une poignée autour de Menjangan, dans le parc national de Bali Barat, et à Padang Bai. PADI cite d’ailleurs la tortue verte, avec l’imbriquée, sur les sites de Pyramids et de Lipah Beach à Amed.

Ces relevés de plongée indiquent des profondeurs de 6 à 15 m environ, autour de 11 m en moyenne : c’est la tranche où la tortue broute et se repose sur le récif. L’espèce descend bien plus bas, puisque SeaLifeBase la note de la surface jusqu’à 200 m. Les observations GBIF à Bali couvrent presque tous les mois de l’année, sans pic net, et aucune saison de passage n’est documentée : les adultes restent sur leurs zones d’alimentation. Selon la NOAA, les jeunes passent leurs premières années au large, parmi les radeaux de sargasses, avant de rejoindre les côtes.

Biologie et comportement

Le régime change avec l’âge. Le juvénile est carnivore : invertébrés, œufs de poissons, méduses, zooplancton. L’adulte devient herbivore et broute herbiers marins et algues ; DORIS compare sa digestion à celle d’un ruminant. Sa carapace se couvre d’algues et de balanes, qu’elle fait retirer à des stations de nettoyage par de petits poissons. Elle peut aussi dormir plusieurs heures sous l’eau, calée sous un surplomb rocheux.

La maturité sexuelle arrive entre 18 et 30 ans selon les populations. Les femelles reviennent pondre de nuit sur la plage où elles sont nées, tous les deux à cinq ans selon la NOAA : environ 110 œufs par nid, avec un nouveau nid toutes les deux semaines pendant la saison. L’incubation dure de 48 à 74 jours. La température du sable fixe le sexe des petits, et un sable plus chaud donne davantage de femelles.

Statut et protection

Lors de la mise à jour de la liste rouge du 10 octobre 2025, l’UICN a fait passer la tortue verte d’« En danger » à « Préoccupation mineure » à l’échelle mondiale. Les effectifs ont augmenté d’environ 28 % depuis les années 1970, mais restent très inférieurs à leur niveau historique, et certaines sous-populations demeurent menacées. Les prises accessoires, la récolte des œufs et des adultes et l’aménagement du littoral restent les principales causes de mortalité.

En Indonésie, les tortues marines sont protégées par la loi depuis 1990, et un règlement ministériel de 2018 a précisé la protection des six espèces présentes. Bali a longtemps été une plaque tournante du trafic de tortues vertes, en partie pour l’usage de leur viande dans les offrandes. Ce trafic n’a pas disparu : en octobre 2026, vingt tortues saisies sur un bateau ont été relâchées au large de Serangan.

Bien l’observer et la photographier

Une tortue qui broute ou se repose se laisse approcher si vous arrivez de côté, lentement, sans palmer au-dessus d’elle. Ne vous placez jamais entre elle et la surface : elle doit remonter pour respirer. Ne la touchez pas, ne la poursuivez pas et ne vous accrochez jamais à sa carapace.

Pour la photo, un grand-angle s’impose, car l’animal est volumineux. Cadrez la tête de profil : la paire unique d’écailles préfrontales et le museau arrondi confirment l’espèce face à l’imbriquée. Les stations de nettoyage sont les meilleurs moments, la tortue y restant presque immobile. Évitez le flash sur une tortue endormie sous un surplomb : la réveiller la force à remonter respirer.

Sources