Fiche n° 1040 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge Carteri

Phyllospongia foliascens

Asie Tulamben Amed Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-eponge-carteri/

Éponge Carteri (Phyllospongia foliascens)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Éponge foliacée : une ou plusieurs lames aplaties, en feuille ou en éventail, et non un tube ni une croûte.
  • Fixée au fond par un seul point d'attache, une sorte de court pédoncule.
  • Souvent posée sur des débris coralliens ou au bord de gros blocs de corail, en eau bien éclairée.
  • Taille de quelques dizaines de centimètres, jusqu'à environ 1 m.
  • Éponge cornée sans spicules : la forme varie beaucoup selon le milieu, d'où une identification délicate face aux autres éponges foliacées.

Noms

Nom usuel
Éponge Carteri
Nom scientifique
Phyllospongia foliascens
Autres noms
Éponge foliacée · Fan sponge
Synonymes
Carteriospongia foliascens · Spongia foliascens · Phyllospongia lamellosa · Carteriospongia lamellosa

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest, de l'Afrique de l'Est et de la mer Rouge à l'Australie tropicale et au Pacifique. À Bali, observations validées sur GBIF à Tulamben, sur la côte d'Amed (Bunutan, Lipah), à Pemuteran et à l'île de Menjangan.

Zones : Tulamben · Amed · Menjangan — Asie

Biotope

Récifs coralliens peu profonds et bien éclairés, des platiers découvrant à marée basse jusqu'à environ 30 m ; tolère les eaux turbides et un peu envasées. Fixée sur débris coralliens ou en bordure de blocs de corail.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Éponge en forme de feuilles aplaties, fixée par un court pédoncule sur les récifs éclairés de Tulamben, d'Amed et de Menjangan. Comme un corail, elle vit en partie de la lumière grâce à ses cyanobactéries : ne la touchez pas et ne soulevez pas de sédiment dessus.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe : filtre l'eau comme toutes les éponges, mais tire plus de la moitié de sa nutrition de la photosynthèse de ses cyanobactéries symbiotiques.

Reproduction

Espèce incubante : elle libère de jour des larves parenchymelles déjà formées, qui gagnent le fond en moins d'une heure. Reproduction toute l'année, avec un pic d'octobre à décembre sur la Grande Barrière de corail.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée par l'UICN (NE), ni inscrite à la CITES, selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Sensible à la turbidité et à l'envasement, qui réduisent la lumière dont dépendent ses symbiotes.

Espèces ressemblantes

  • Autres éponges foliacées de la même sous-famille (Phyllospongiinae : genres Phyllospongia et Strepsichordaia) : formes très proches, que seuls des critères de laboratoire ou génétiques séparent avec certitude.
  • Éponge tubulaire (Callyspongia spp.) : pousse en tubes creux dressés, et non en lames aplaties.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

L’« éponge Carteri » est une éponge, donc un animal, même si elle est classée ici parmi la flore. Son nom vient de l’ancien genre Carteriospongia : le registre WoRMS l’a depuis transférée dans le genre Phyllospongia, et son nom valide est aujourd’hui Phyllospongia foliascens (Pallas, 1766).

C’est une éponge foliacée. Elle forme une ou plusieurs lames aplaties, en feuille ou en éventail, fixées au substrat par un seul point d’attache, comme un court pédoncule. Elle mesure le plus souvent quelques dizaines de centimètres, et jusqu’à environ 1 m selon Florent’s Guide. Elle appartient aux éponges cornées (Keratosa) : son squelette est fait de fibres de spongine, sans spicules.

L’identification sur photo reste délicate. Les chercheurs qui ont étudié ces éponges en Australie notent une forte plasticité de forme selon le milieu, et l’absence de critères morphologiques fiables pour séparer les espèces de la sous-famille des Phyllospongiinae. Sous l’eau, retenez surtout la silhouette : des lames, et non des tubes comme chez les Callyspongia, ni une croûte qui ronge le calcaire comme chez les Cliona.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce vit dans tout l’Indo-Pacifique ouest. À Bali, les observations validées publiées sur GBIF la situent à Tulamben, sur la côte d’Amed (Bunutan, Lipah), à Pemuteran et autour de l’île de Menjangan. Elle s’y voit toute l’année.

Cherchez-la sur les récifs peu profonds et bien éclairés. SeaLifeBase la donne entre 2 et 24 m, fixée au bord de gros blocs de corail, en eau claire comme en eau chargée. Florent’s Guide indique 5 à 30 m. Sur la Grande Barrière de corail, elle va du platier découvert à marée basse aux récifs plus profonds ; près des côtes, on la trouve surtout entre 0 et 2 m, fixée sur des débris coralliens.

Biologie et comportement

Comme toutes les éponges, elle filtre l’eau pour en retenir les particules. Mais elle héberge aussi des cyanobactéries qui font de la photosynthèse, et elle peut en tirer plus de la moitié de sa nutrition. Son microbiome est très riche : plus de 9 000 types de bactéries identifiés, et la part des cyanobactéries augmente dans les eaux claires et pauvres du large. Une étude menée aux îles Andaman la décrit comme un indicateur d’eaux oligotrophes.

C’est une espèce incubante. Les larves se développent dans l’éponge, puis sont libérées le jour, surtout en milieu de matinée : 89 par éponge et par jour en moyenne dans l’étude de 2014. Elles fuient la lumière et gagnent le fond en une quarantaine de minutes. La reproduction dure toute l’année, avec un pic d’octobre à décembre sur la Grande Barrière.

Statut et protection

L’UICN ne l’a pas évaluée (NE), et elle n’est pas inscrite à la CITES, d’après SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Les chercheurs avancent que les apports terrestres troubles, qui étouffent les jeunes éponges et coupent la lumière, limitent son installation sur les récifs côtiers.

Bien l’observer et la photographier

Approchez-vous à plat, bien stabilisé, et restez au-dessus du récif plutôt qu’au contact. Un coup de palme qui soulève le sédiment la prive de lumière. Ne la touchez pas et ne vous agrippez pas à son pédoncule : il est fixé sur des débris qui peuvent bouger.

Pour la photo, cadrez la lame de profil afin de montrer sa minceur, puis de face pour son contour. Le point d’attache et le support sont utiles pour l’identification. Notez aussi la profondeur et le site : si vous publiez la photo sur une plateforme de sciences participatives, elle enrichira les données de Bali.

Sources