Fiche n° 1367 · Faune · Poissons

Poisson-pierre

Synanceia verrucosa

Asie Anilao Bohol Dauin Puerto Galera Coron

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-poisson-pierre/

Poisson-pierre (Synanceia verrucosa)
Photo : desertnaturalist — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps massif et trapu, couvert de verrues et souvent d'algues, 27 cm en moyenne, jusqu'à 38-40 cm.
  • Ressemble à un caillou : couleur très variable, brune, grise, rouge ou verdâtre, accordée au fond.
  • Yeux globuleux sur le dessus de la tête, séparés par une profonde dépression.
  • Bouche large tournée vers le haut.
  • Dorsale réduite à des bourrelets de peau d'où émergent 12 à 14 épines venimeuses.
  • Grandes nageoires pectorales arrondies, étalées sur le fond.

Noms

Nom usuel
Poisson-pierre
Nom scientifique
Synanceia verrucosa
Autres noms
Poisson-pierre commun · Synancée · Nohu · Reef stonefish · Stonefish

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est à la Polynésie française, des Ryukyu au Queensland. Aux Philippines, GBIF recense des observations surtout à Anilao, puis à Bohol, Dauin, Puerto Galera et Coron.

Zones : Anilao · Bohol · Dauin · Puerto Galera · Coron — Asie

Biotope

Platiers récifaux, lagons peu profonds, fonds de sable ou de débris coralliens, rochers et épaves, de la surface à 30 m (50 m selon DORIS). Parfois dans de petites flaques à marée basse.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Le poisson-pierre est le poisson le plus venimeux connu : invisible sur le fond, il ne se touche jamais. Ne posez ni main ni genou sur le sable, les débris ou les rochers, d'Anilao à Bohol, et marchez chaussé dans les eaux peu profondes.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Chasseur à l'affût : petits poissons et crustacés, aspirés en une fraction de seconde quand ils passent devant sa bouche.

Reproduction

Ovipare ; œufs et larves pélagiques (DORIS). Le reste de sa reproduction est peu documenté.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 20 juin 2017 selon FishBase. Aucun statut de protection particulier n'est signalé par les sources consultées. Espèce dangereuse : ses piqûres sont extrêmement douloureuses et peuvent être mortelles.

Espèces ressemblantes

  • Scorpaenopsis diabolus (« false stonefish » en anglais) : lui aussi camouflé et venimeux, mais avec une vraie nageoire dorsale bien formée et un dos en bosse ; dérangé, il montre la face interne vivement colorée de ses pectorales.
  • Poisson-grenouille géant (Antennarius commerson) : massif et camouflé, mais muni d'une canne à pêche sur la tête et de pectorales en forme de pattes, sans épines dorsales dressées.
  • Autres poissons-pierres (Synanceia horrida, S. nana) : DORIS les cite comme les plus proches ; leur séparation demande des ouvrages spécialisés.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le poisson-pierre ressemble à un caillou couvert d’algues. Son corps massif et trapu, de 27 cm en moyenne et jusqu’à 38 à 40 cm, est couvert de verrues. Sa couleur varie beaucoup, du brun au gris, au rouge ou au verdâtre, et s’accorde au fond. Ses yeux globuleux sont placés sur le dessus de la tête, séparés par une profonde dépression. Sa large bouche s’ouvre vers le haut.

La dorsale est réduite à des bourrelets de peau d’où sortent 12 à 14 épines. Chacune est reliée à une glande à venin. Les grandes pectorales arrondies s’étalent sur le fond. DORIS le nomme « Poisson-pierre commun ».

Aux Philippines, on le confond avec Scorpaenopsis diabolus, que les anglophones appellent « faux poisson-pierre » : lui aussi venimeux, il a une vraie dorsale et le dos bossu. Le poisson-grenouille géant, autre maître du camouflage, porte une canne à pêche sur la tête. Dans le doute, considérez tout « caillou à yeux » comme un poisson-pierre.

Où et quand l’observer aux Philippines

L’espèce vit de la mer Rouge à la Polynésie française. Aux Philippines, les observations recensées par GBIF se concentrent à Anilao, puis à Bohol, Dauin, Puerto Galera et Coron. Il est sans doute plus présent qu’on ne le croit, car il passe inaperçu.

Il vit sur les platiers, dans les lagons et sur les fonds de sable ou de débris coralliens, souvent au pied des rochers, des surplombs ou des épaves, parfois à demi enfoui. On le trouve dès la surface, jusque dans les flaques à marée basse : le risque concerne aussi le baigneur et le plongeur qui marche dans l’eau.

Biologie et comportement

C’est un chasseur à l’affût solitaire. Il attend, immobile, qu’un petit poisson ou une crevette passe devant sa bouche, puis l’aspire en une fraction de seconde. Sa reproduction est peu connue : il est ovipare et ses œufs et larves dérivent dans le plancton.

Statut et protection

L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date l’évaluation du 20 juin 2017. Les sources consultées ne citent aucune protection aux Philippines.

Sécurité. FishBase et DORIS le décrivent comme le poisson le plus venimeux du monde. La piqûre provoque une douleur immédiate et intense, parfois des nausées, un malaise, et plus rarement la mort. En cas de piqûre : sortez de l’eau, faites appeler les secours et rejoignez un médecin sans attendre. En attendant, plongez la zone dans de l’eau chaude, entre 40 et 45 °C, la plus chaude supportable sans se brûler. Testez d’abord la température sur une peau saine. UF Health conseille un bain de 30 à 90 minutes, en gardant l’eau chaude. Une étude de 2017 sur le venin d’une espèce proche, Synanceia horrida, montre que la chaleur l’inactive : 99 % de neutralisation en cinq minutes à 44,6 °C. N’arrachez pas une épine profondément plantée : myDr conseille de la laisser en place et de la caler avec des compresses. Un sérum antivenimeux existe, mais il s’administre à l’hôpital et n’est efficace que vite.

Bien l’observer et la photographier

Gardez toujours une flottabilité parfaite et ne posez jamais une main, un genou ou une palme sur le fond, même pour stabiliser une photo. Dans les eaux peu profondes, marchez avec des chaussons à semelle épaisse. Photographiez-le de face, à distance, pour montrer les yeux et la bouche : c’est ce qui le trahit. Ne le dérangez pas avec un bâton ni un pointeur.

Sources