Fiche n° 1368 · Faune · Poissons

Poisson-fantôme robuste

Solenostomus cyanopterus

Asie Dauin Anilao Puerto Galera Bohol Malapascua Moalboal

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-faune-poisson-fantome-robuste/

Poisson-fantôme robuste (Solenostomus cyanopterus)
Photo : Nhobgood Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Corps fin et comprimé, couvert de plaques osseuses, jusqu'à 16-17 cm.
  • Long museau tubulaire ; caudale large, arrondie à rectangulaire.
  • Deux dorsales nettement séparées ; grandes pelviennes qui forment chez la femelle une poche à œufs.
  • Couleur très variable, verte, brune, noire, parfois rose ou jaune, souvent marbrée ; taches bleu-noir sur la dorsale.
  • Imite une feuille morte ou une algue : se tient la tête en bas et se laisse balancer par la houle.
  • Souvent en couple, la femelle nettement plus grande que le mâle.

Noms

Nom usuel
Poisson-fantôme robuste
Nom scientifique
Solenostomus cyanopterus
Autres noms
Poisson-fantôme rugueux · Poisson-fantôme moucheté · Robust ghost pipefish · Blue-finned ghost pipefish

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Fidji, du sud du Japon à l'Australie. Aux Philippines, GBIF recense ses observations surtout à Dauin et à Anilao, puis à Puerto Galera, Bohol, Malapascua et Moalboal.

Zones : Dauin · Anilao · Puerto Galera · Bohol · Malapascua · Moalboal — Asie

Biotope

Récifs côtiers et lagons abrités, pentes de sable, herbiers et zones à algues, de la surface à 25 m (28 m selon Fishes of Australia).

Profondeur : 1 – 25 m

Repères pour le plongeur

Le poisson-fantôme robuste imite une feuille morte qui flotte au-dessus du sable ou des herbiers ; à Dauin et Anilao, cherchez-le près des algues et des débris végétaux, souvent en couple. Approchez sans brasser le sable et limitez les éclairs.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Chasseur à l'affût : mysidacés et autres petites crevettes, aspirés par le museau tubulaire.

Reproduction

Couple monogame. La femelle porte les œufs dans une poche formée par ses nageoires pelviennes ; éclosion après environ trois semaines, larves d'environ 3 mm puis longue phase pélagique. Selon DORIS, l'adulte ne se reproduirait qu'une fois et vivrait environ un an.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 mars 2015 selon FishBase. Aucun statut de protection particulier n'est signalé aux Philippines par les sources consultées.

Espèces ressemblantes

  • Poisson-fantôme arlequin (Solenostomus paradoxus) : plus petit (12 cm), très coloré et hérissé de lambeaux et de filaments, il vit dans les crinoïdes, gorgones et coraux noirs.
  • Poisson-fantôme délicat (Solenostomus leptosoma) : corps plus fin, dorsale et pelviennes plus fines et plus longues, lambeaux de peau sur la tête.
  • Solenostomus halimeda : imite précisément les algues calcaires du genre Halimeda, parmi lesquelles il vit (DORIS).

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le poisson-fantôme robuste mesure jusqu’à 16 ou 17 cm. Son corps fin et comprimé est couvert de plaques osseuses. Il a un long museau tubulaire, deux dorsales bien séparées et une caudale large. Chez la femelle, les grandes nageoires pelviennes se rejoignent pour former une poche où elle porte ses œufs. Les mâles sont plus petits et plus minces.

Sa couleur varie énormément : vert, brun, noir, parfois rose ou jaune, souvent marbré. Selon Fishes of Australia, les individus des herbiers sont plutôt verts, ceux des récifs plus profonds brun-rouge ou noirâtres. La dorsale porte de grandes taches bleu-noir, qui ont donné son nom latin cyanopterus, « à nageoire bleue ». Les juvéniles sont transparents. Certains individus portent des lambeaux de peau, et DORIS signale qu’on les a parfois rangés dans une espèce à part.

Le poisson-fantôme arlequin, plus petit et hérissé de filaments colorés, vit dans les crinoïdes et les gorgones. Le poisson-fantôme délicat a un corps plus fin, et Solenostomus halimeda imite les algues calcaires du genre Halimeda.

Où et quand l’observer aux Philippines

L’espèce vit de la mer Rouge aux Fidji. Aux Philippines, les observations recensées par GBIF se concentrent à Dauin, sur la côte sud de Negros, et à Anilao, deux hauts lieux de la plongée macro. Il est aussi signalé à Puerto Galera, Bohol, Malapascua et Moalboal.

Cherchez-le de la surface à 25 m, au-dessus des pentes de sable, dans les herbiers, près des algues et des débris végétaux qui roulent sur le fond. Aucune saison n’est documentée : on peut le trouver toute l’année.

Biologie et comportement

Il se tient la tête en bas, souvent près du fond, et se laisse balancer par la houle : on le prend pour une feuille morte ou un morceau d’algue. Immobile, il attend que passent des mysidacés ou de petites crevettes, qu’il aspire d’un coup de museau.

On le voit souvent en couple. Selon FishBase, les deux partenaires sont fidèles et partagent un domaine sans le défendre. Chez lui, c’est la femelle qui porte les œufs, à l’inverse des hippocampes. Ils éclosent au bout de trois semaines environ, et les larves dérivent longtemps dans le plancton. DORIS indique que l’adulte ne se reproduirait qu’une fois et vivrait environ un an, mais précise que sa biologie reste mal connue.

Statut et protection

L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date l’évaluation du 11 mars 2015. Les sources consultées ne citent pas de protection propre à l’espèce aux Philippines.

Bien l’observer et la photographier

Sur le sable, la difficulté est de ne pas le faire fuir. Approchez à plat, en flottabilité neutre, palmes relevées, pour ne pas soulever de nuage. Ne le touchez pas et ne le poussez pas vers un meilleur fond : il compte sur son immobilité pour échapper aux prédateurs. Quand vous en voyez un, cherchez l’autre membre du couple tout près. Un objectif macro de profil montre le museau et la poche de la femelle. Limitez le nombre d’éclairs et ne braquez pas longtemps votre lampe sur lui.

Sources