Fiche n° 1016 · Faune · Poissons

Barracuda

Sphyraena barracuda

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-barracuda/

Barracuda (Sphyraena barracuda)
Photo : Nicholas Lindell Reynolds — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps en torpille, gris argenté, ventre plus clair ; tête pointue, mâchoire inférieure plus longue que la supérieure, bouche souvent entrouverte sur des crocs visibles.
  • Une vingtaine de barres obliques sombres sur le haut des flancs, qui ne franchissent pas la ligne latérale.
  • Taches noires irrégulières éparses sur les flancs, plus nombreuses vers le pédoncule caudal : le seul barracuda à en porter, d'après DORIS.
  • Caudale peu échancrée à lobes courts, noire avec l'extrémité des lobes blanche ; seconde dorsale et anale noires à pointe blanche.
  • Grande taille (1 à 1,40 m couramment, jusqu'à 2 m) et nage le plus souvent en solitaire.

Noms

Nom usuel
Barracuda
Nom scientifique
Sphyraena barracuda
Autres noms
Grand barracuda · Bécune · Brochet de mer · Great barracuda
Synonymes
Sphyraena commersoni · Sphyraena agam · Esox barracuda

Distribution géographique

Circumtropical sauf le Pacifique est : mer Rouge, océan Indien tropical, Pacifique ouest jusqu'à Hawaï et la Polynésie française, Atlantique ouest et est. À Bali, GBIF recense des observations à Tulamben, à Menjangan et autour de Nusa Penida, ainsi que des spécimens collectés au marché aux poissons de Kedonganan.

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Adultes en pleine eau au-dessus des récifs, des tombants externes, des lagons, des herbiers et des fonds rocheux ou sableux, souvent près de la surface ; juvéniles dans les mangroves, les estuaires et les récifs internes abrités.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Grand barracuda solitaire, reconnaissable à ses taches noires éparses et à sa queue noire à pointes blanches, observé à Nusa Penida, Tulamben et Menjangan. Curieux mais rarement dangereux : ne le nourrissez pas et ne le poursuivez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Chasseur à l'affût : poissons et céphalopodes, parfois des crevettes (FishBase, DORIS).

Reproduction

Sexes séparés, ponte et fécondation en pleine eau ; maturité vers 66 cm en moyenne (FishBase). Larves pélagiques, juvéniles en bancs dans les mangroves jusqu'à 30 cm environ (DORIS).

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 29 janvier 2013 selon FishBase. Pêche commerciale mineure et pêche sportive ; l'espèce peut porter la ciguatera dans l'Indo-Pacifique.

Espèces ressemblantes

  • Barracuda à nageoires noires (Sphyraena qenie) : caudale noire en croissant à lobes allongés, 18 à 22 chevrons sur les flancs, sans taches noires éparses ; vit en bancs.
  • Barracuda à dents de scie (Sphyraena putnamae) : barres en chevron, plus petit (jusqu'à 90 cm), en bancs le jour.
  • Barracuda à queue jaune (Sphyraena jello) : caudale jaunâtre, une vingtaine de barres sur le dos, jusqu'à 1,50 m ; non signalé à Bali dans GBIF.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le grand barracuda, Sphyraena barracuda, est le plus grand de sa famille : FishBase le donne à 1,40 m en taille courante, jusqu’à 2 m et 50 kg. DORIS précise que la plupart des individus observés mesurent entre 1 m et 1,40 m. Son corps en torpille est gris argenté, plus clair sous le ventre. La tête est fine et pointue, la mâchoire inférieure dépasse la supérieure, et la bouche, souvent entrouverte, laisse voir de grandes canines.

Trois détails le désignent sans hésitation. D’abord, une vingtaine de barres obliques sombres marquent le haut des flancs sans franchir la ligne latérale. Ensuite, des taches noires irrégulières sont semées sur les flancs, surtout vers la queue : DORIS indique que c’est le seul barracuda à en porter. Enfin, la nageoire caudale, peu échancrée, est noire avec l’extrémité des lobes blanche, comme la seconde dorsale et l’anale. Sous 50 cm, la queue est nettement fourchue, et les juvéniles portent de grandes taches sombres irrégulières le long du corps.

La confusion la plus fréquente à Bali se fait avec le barracuda à nageoires noires (S. qenie), qui atteint 1,70 m. Lui a une caudale en croissant aux lobes allongés, des chevrons serrés et aucune tache éparse, et il vit en bancs. Le comportement aide aussi : le grand barracuda est le plus souvent seul.

Où et quand l’observer à Bali

Les observations reliées à GBIF le situent sur plusieurs sites connus des plongeurs. Le plus documenté est Tulamben, sur la côte nord-est, où des plongeurs l’ont signalé sur l’épave de l’USS Liberty et sur le tombant (Drop Off), vers 9 à 13 m. Il apparaît aussi autour de l’île de Menjangan, au nord-ouest, et sur les récifs de Nusa Penida et des îlots voisins. Des spécimens collectés en 2009 au marché aux poissons de Kedonganan, dans la baie de Jimbaran, confirment qu’il est aussi pêché localement.

FishBase le signale de la surface à 100 m, et le plus souvent entre 3 et 30 m. Les adultes patrouillent en pleine eau au-dessus des récifs, des tombants, des lagons et des herbiers ; DORIS ajoute qu’ils se regroupent volontiers sous les objets flottants et les dispositifs de concentration de poissons. Aucune saison particulière n’est documentée : on peut le croiser toute l’année.

Biologie et comportement

C’est un chasseur à l’affût. Il reste immobile, puis fond sur sa proie : DORIS évoque des pointes à 60 km/h. Il se nourrit de poissons et de céphalopodes, et parfois de crevettes. FishBase le décrit comme diurne. Les sexes sont séparés et la fécondation a lieu en pleine eau ; les larves sont pélagiques. Les juvéniles vivent en bancs dans les mangroves et les estuaires jusqu’à une trentaine de centimètres. L’espèce est surtout sédentaire, mais de grands déplacements ont été mesurés ailleurs dans son aire.

Face au plongeur, il se montre curieux : il s’approche, suit parfois à distance, notamment de nuit. Les attaques sont exceptionnelles, réduites le plus souvent à une morsure unique et non mortelle, et concernent surtout des chasseurs sous-marins portant leurs prises.

Statut et protection

L’UICN classe Sphyraena barracuda en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 29 janvier 2013 selon FishBase. Il fait l’objet d’une pêche commerciale mineure et d’une pêche sportive. Dans l’Indo-Pacifique, sa chair peut transmettre la ciguatera. Les sources consultées ne mentionnent aucune protection propre à l’espèce en Indonésie.

Bien l’observer et la photographier

Comme il est curieux et vient souvent de lui-même vers les plongeurs, inutile de le poursuivre : restez stable en flottabilité neutre, approchez lentement de biais et laissez-le réduire la distance. Pour l’identification, cadrez-le de profil en entier : la queue noire à pointes blanches et les taches sur l’arrière du corps suffisent à l’écarter de S. qenie. Un éclairage latéral fait ressortir les barres du dos.

Ne le nourrissez jamais et n’emportez pas de poisson pêché sur vous : d’après DORIS, la plupart des morsures connues visaient des chasseurs sous-marins qui portaient leurs prises à la ceinture. Si vous le photographiez à Bali, versez l’image sur une plateforme de sciences participatives reliée à GBIF.

Sources