Fiche n° 1015 · Faune · Poissons

Mérou géant

Epinephelus lanceolatus

Asie Tulamben

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-merou-geant/

Mérou géant (Epinephelus lanceolatus)
Photo : NOAA Fisheries/Ari Halperin — Domaine public — source

Clé d'identification

  • Très grand mérou au corps robuste et massif, 1,90 m en moyenne chez l'adulte et jusqu'à 2,70 m.
  • Grosse tête au profil convexe, petit œil, mâchoire qui dépasse l'arrière de l'œil, espace entre les yeux large et plat.
  • Adulte brun foncé faiblement marbré, nageoires couvertes de nombreuses petites taches noires ; très grands individus uniformément sombres.
  • Nageoire caudale arrondie ; épines de la dorsale courtes, bien plus basses que les rayons mous.
  • Juvénile jaune barré de trois larges bandes noires irrégulières (avant du corps et tête, milieu du corps, base de la queue).

Noms

Nom usuel
Mérou géant
Nom scientifique
Epinephelus lanceolatus
Autres noms
Mérou lancéolé · Loche géante · Giant grouper · Queensland grouper
Synonymes
Holocentrus lanceolatus · Promicrops lanceolatus · Serranus lanceolatus · Serranus geographicus · Batrachus gigas

Distribution géographique

Tout l'Indo-Pacifique, de la mer Rouge à l'Afrique du Sud et jusqu'à Hawaï et Pitcairn, du sud du Japon à l'Australie ; absent du golfe Persique. Présent en Indonésie (Java, Sumatra, Flores, Moluques, Papouasie) ; à Bali, une seule observation recensée par GBIF, sur l'épave du Liberty à Tulamben.

Zones : Tulamben — Asie

Biotope

Grottes et surplombs des récifs coralliens, épaves, ports et estuaires, parfois sur fonds vaseux en eau trouble ; surtout en eau peu profonde (le plus souvent au-dessus de 50 m) ; FishBase indique 1 à 200 m, la FAO des captures à 100 m.

Profondeur : 1 – 200 m

Repères pour le plongeur

Plus grand mérou de l'Indo-Pacifique, rare à Bali : il se cache dans les grottes et les épaves, comme celle du Liberty à Tulamben. Ne le nourrissez jamais, gardez vos distances avec ce prédateur curieux.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur à l'affût : langoustes et gros crabes, poissons, y compris petits requins et raies, jeunes tortues marines, mollusques.

Reproduction

Hermaphrodite protogyne : les individus naissent femelles et certains deviennent mâles. Ponte en agrégations calées sur le cycle lunaire, avec plusieurs femelles par mâle.

Conservation

Données insuffisantes (UICN)

Données insuffisantes (DD) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 18 novembre 2016 publiée en 2018 (auparavant classé Vulnérable). Menaces : pêche à la ligne et chasse sous-marine, commerce de poissons vivants de récif ; déclins locaux marqués.

Espèces ressemblantes

  • Mérou marbré (Epinephelus fuscoguttatus) : plus petit (jusqu'à 1,20 m), corps marbré de taches brunes sur fond clair ; il fréquente aussi l'épave du Liberty à Tulamben.
  • Mérou de Malabar (Epinephelus malabaricus) et mérou taches oranges (Epinephelus coioides) : grands mérous tachetés mais bien moins massifs, avec un corps clair semé de petites taches.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le mérou géant est, avec le mérou goliath de l’Atlantique, l’un des deux plus grands mérous du monde. L’adulte mesure couramment 1,90 m et peut atteindre 2,70 m pour 400 kg selon FishBase. Son corps est robuste et épais, sa tête énorme au profil bombé, son œil petit pour la taille de l’animal. La mâchoire, très large, dépasse l’arrière de l’œil. La nageoire caudale est arrondie et les épines de la dorsale restent courtes, nettement plus basses que la partie molle.

La robe change beaucoup avec l’âge, d’après le catalogue des mérous de la FAO. Le petit juvénile est jaune vif, barré de trois larges bandes noires irrégulières : une sur l’avant du corps et la tête, une au milieu, une à la base de la queue. Entre 20 et 50 cm, des taches blanches ou jaunes apparaissent sur les zones noires. L’adulte devient brun foncé, faiblement marbré, avec de nombreuses petites taches noires sur les nageoires. Les très grands individus sont presque uniformément sombres, nageoires comprises.

À Bali, le risque de confusion vient surtout du mérou marbré (Epinephelus fuscoguttatus), observé sur l’épave du Liberty. Il reste bien plus petit (environ 1,20 m) et porte un marbrage de taches brunes sur fond clair. Au-delà de 1,50 m, un mérou massif et sombre a toutes les chances d’être un mérou géant.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce est la plus largement répartie de tous les mérous : de la mer Rouge à l’Afrique du Sud, jusqu’à Hawaï et Pitcairn. Sa présence en Indonésie est ancienne et documentée : un de ses synonymes, Serranus geographicus, a été décrit d’après un spécimen de Java, et GBIF recense des données de Sumatra, Flores, des Moluques et de Papouasie occidentale.

À Bali, en revanche, les observations sont rares. GBIF ne recense qu’une seule mention pour l’île, transmise par un plongeur sur l’épave du Liberty à Tulamben en 2010. Il vit en eau peu profonde, le plus souvent dans les grottes, sous les surplombs et autour des épaves. On le trouve aussi dans les ports et les estuaires, parfois en eau trouble sur fond de vase. FishBase lui attribue une plage de 1 à 200 m, le plus souvent au-dessus de 50 m ; le catalogue de la FAO signale des captures à 100 m. Aucune saison particulière n’est documentée : il est sédentaire et territorial.

Biologie et comportement

C’est un prédateur à l’affût, qui aspire ses proies d’un coup de sa bouche immense. Les langoustes sont ses proies favorites sur les récifs. Il mange aussi des poissons, y compris de petits requins et des raies, et de jeunes tortues marines.

Il est hermaphrodite protogyne : il naît femelle et certains individus deviennent mâles. La ponte a lieu en agrégations, au rythme du cycle lunaire, avec plusieurs femelles pour un mâle. L’adulte est solitaire et défend un territoire. Curieux, il s’approche souvent des plongeurs. FishBase le classe pourtant comme potentiellement dangereux et mentionne des attaques sur l’homme, non confirmées.

Statut et protection

L’UICN le classe en « Données insuffisantes » (DD). FishBase date cette évaluation du 18 novembre 2016, publiée en 2018. Il était auparavant classé « Vulnérable ». Les données de population manquent à l’échelle mondiale, mais des déclins locaux importants sont rapportés. Sa grande taille en fait une cible pour la chasse sous-marine, la pêche à la ligne et le commerce de poissons vivants de récif.

Bien l’observer et la photographier

Inspectez l’entrée des grottes et l’intérieur des épaves à la lampe : il se tient souvent immobile dans la pénombre. Approchez-le lentement, de biais, sans lui couper la sortie de son abri. Ne le nourrissez jamais à la main : un animal de cette taille habitué au nourrissage peut mordre. N’entrez pas dans une cavité qu’il occupe. Pour la photo, un grand-angle s’impose, et un plongeur placé à distance donne l’échelle.

Sources