Fiche n° 1020 · Faune · Invertébrés

Crevette nettoyeur

Lysmata amboinensis

Asie Tulamben Amed

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-crevette-nettoyeur/

Crevette nettoyeur (Lysmata amboinensis)
Photo : Papahānaumokuākea Marine National Monument — Public domain — source

Clé d'identification

  • Petite crevette d'environ 6 cm, corps et pattes jaune-orangé translucide.
  • Dos rouge écarlate parcouru d'une ligne blanche médiane qui part du rostre.
  • Ligne blanche du dos qui s'arrête au début du telson, sans atteindre le bout de la queue.
  • Deux taches blanches sur chaque uropode, de part et d'autre de l'éventail caudal.
  • Deux paires de longues antennes blanches, la paire avant fourchue.

Noms

Nom usuel
Crevette nettoyeur
Nom scientifique
Lysmata amboinensis
Autres noms
Crevette-barbier d'Amboine · Crevette nettoyeuse · Crevette nettoyeuse d'Amboine · Pacific cleaner shrimp
Synonymes
Hippolysmata amboinensis · Hippolysmata vittata var. amboinensis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical central et ouest, mer Rouge comprise. À Bali, observations publiées sur la côte nord-est (Tulamben, Amed) et près de Padang Bai.

Zones : Tulamben · Amed — Asie

Biotope

Surplombs, petites grottes et anfractuosités des récifs et des fonds rocheux, souvent en couple, à une station de nettoyage que fréquentent les poissons.

Profondeur : 1 – 120 m

Repères pour le plongeur

À Tulamben et Amed, cherchez sous les surplombs et dans les failles une crevette rouge à ligne blanche, souvent en couple, qui nettoie murènes et poissons venus à sa station.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Omnivore ; tire une grande part de sa nourriture des parasites et des tissus morts qu'elle retire sur les poissons clients.

Reproduction

Hermaphrodite protandrique simultanée : mâle au début, puis à la fois mâle et femelle. Pontes de 200 à 500 œufs portés sous l'abdomen ; larves planctoniques pendant 5 à 6 mois.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon SeaLifeBase (version 2025-2). Aucun statut CITES selon la même source.

Espèces ressemblantes

  • Crevette-barbier de Grabham (Lysmata grabhami) : sosie atlantique absent de Bali ; sa ligne blanche file jusqu'au bout du telson et ses uropodes portent un trait blanc continu au lieu de deux taches.
  • Grande crevette nettoyeuse (Stenopus hispidus) : autre nettoyeuse de l'Indo-Pacifique, mais rayée rouge et blanc en travers, poilue, avec de grandes pinces.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

La crevette nettoyeuse, ou crevette-barbier d’Amboine, est un petit crustacé décapode d’environ 6 cm sans les antennes. Ses flancs et ses pattes sont jaune-orangé, presque translucides. Le dessus du corps forme une large bande rouge écarlate, coupée en son milieu par une fine ligne blanche qui part du rostre. Deux paires de longues antennes blanches signalent l’animal de loin dans la pénombre d’une faille.

Le critère décisif se lit sur la queue. Chez Lysmata amboinensis, la ligne blanche du dos s’arrête au début du telson, et chaque uropode porte deux taches blanches. Chez Lysmata grabhami, son sosie de l’Atlantique et des Caraïbes, la ligne blanche court jusqu’au bout du telson et les uropodes ne portent qu’un trait blanc continu. Ce sosie ne vit pas à Bali. La grande crevette nettoyeuse (Stenopus hispidus), autre nettoyeuse de la région, se reconnaît facilement à ses bandes rouges et blanches transversales, à son corps poilu et à ses grandes pinces.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce occupe l’Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge au Pacifique central. À Bali, les observations publiées sur GBIF se concentrent sur la côte nord-est : Tulamben (épave du Liberty, Drop Off, Coral Garden) et la côte d’Amed, avec quelques mentions près de Padang Bai. DORIS montre d’ailleurs des femelles portant leurs œufs photographiées à Tulamben. Aucune observation publiée n’a été trouvée pour Nusa Penida ni Menjangan.

Elle vit sous les surplombs, dans les petites grottes et les crevasses du récif. SeaLifeBase indique une répartition de 1 à 120 m. La plupart des observations se situent entre 5 et 40 m ; DORIS la montre à 15 m à Bali. Aucune saison particulière n’est documentée : elle reste fidèle à son abri toute l’année.

Biologie et comportement

C’est une nettoyeuse. Installée à une « station de nettoyage », elle attend ses clients en se balançant de côté, un signal qui annonce le service. Elle débarrasse les poissons de leurs parasites et de leurs tissus morts, jusque dans leur bouche. DORIS montre une murène géante (Gymnothorax javanicus) se faisant nettoyer à 35 m, et l’espèce est aussi photographiée en Australie sur une autre murène, Gymnothorax nudivomer. Omnivore, elle tire une bonne partie de sa nourriture de ce travail.

On la trouve le plus souvent en couple. Sa reproduction est singulière : chaque individu naît mâle puis devient hermaphrodite, à la fois mâle et femelle. Les deux partenaires alternent les rôles d’une mue à l’autre. La femelle porte 200 à 500 œufs sous l’abdomen. Les larves éclosent au crépuscule et dérivent dans le plancton pendant cinq à six mois avant de se fixer sur le récif.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l’UICN, selon SeaLifeBase (version 2025-2), et la même base ne lui attribue aucun statut CITES. Elle est en revanche très recherchée par l’aquariophilie, et la plupart des individus vendus sont prélevés dans la nature, car leur élevage reste difficile.

Bien l’observer et la photographier

Repérez les antennes blanches, puis approchez lentement, à l’horizontale, sans poser la main sur la roche. Une murène immobile, bouche entrouverte au ras d’une faille, signale souvent une station active : restez à distance et laissez la scène se dérouler. Certains guides retirent leur détendeur pour se faire « nettoyer » les dents. DORIS le signale, mais ce geste dérange la crevette et vous expose inutilement.

En photo, un objectif macro et un éclairage latéral doux suffisent : évitez les éclairs répétés à bout portant sur un animal qui vit dans la pénombre. Cadrez la queue pour garder le critère des deux taches blanches, utile pour confirmer l’identification.

Sources