Fiche n° 1017 · Faune · Poissons

Murène géante

Gymnothorax javanicus

Asie Tulamben Amed Nusa Penida Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-murene-geante/

Murène géante (Gymnothorax javanicus)
Photo : albert kok — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Très grande murène au corps massif et serpentiforme, couramment 2 m et plus, sans nageoires pectorales ni ventrales.
  • Fond brun couvert de taches brun foncé à noires qui se rejoignent en motif de léopard en arrière de la tête.
  • Ouverture branchiale réduite à un petit orifice, entourée d'une zone sombre ou d'une tache noire : le critère le plus sûr.
  • Grande bouche souvent entrouverte, dents pointues bien visibles, deux petites narines tubulaires au bout du museau.
  • Dorsale, caudale et anale soudées en une nageoire continue, sans liseré jaune.
  • Juvénile clair, marqué de grosses taches noires bien séparées.

Noms

Nom usuel
Murène géante
Nom scientifique
Gymnothorax javanicus
Autres noms
Murène javanaise · Murène de Java · Giant moray
Synonymes
Muraena javanica · Lycodontis javanicus

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Marquises, à Hawaï et à Pitcairn, du sud du Japon à la Nouvelle-Calédonie. À Bali, observations attestées à Tulamben, à Amed, autour de Nusa Penida et à Menjangan.

Zones : Tulamben · Amed · Nusa Penida · Menjangan — Asie

Biotope

Trous et crevasses des lagons, des platiers et des pentes récifales externes, surtout le long des tombants, de la surface à environ 50 m. Les juvéniles restent sur les platiers peu profonds.

Profondeur : 0 – 50 m

Repères pour le plongeur

La plus grande murène de Bali se repère à sa tête tachetée de brun qui dépasse d'une faille, tache noire autour de l'ouïe. Observez-la de face à distance, sans jamais la nourrir ni passer la main près de son trou.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore : surtout des poissons, occasionnellement des crustacés comme les langoustes. Chasse principalement la nuit.

Reproduction

Sexes séparés, ovipare à œufs pélagiques. Larve leptocéphale transparente en ruban, dont la phase pélagique peut durer environ un an. Fécondité estimée par FishBase à 200 000 à 300 000 œufs.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. Espèce souvent ciguatérique : sa chair peut provoquer une intoxication grave.

Espèces ressemblantes

  • Murène à taches jaunes (Gymnothorax flavimarginatus) : plus petite (1,30 m au plus), œil orange, pas de taches noires et nageoires bordées de jaune-vert.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

La murène géante, ou murène javanaise, est la plus grande espèce du genre Gymnothorax. DORIS la donne jusqu’à 2,40 m pour 30 à 35 kg, et FishBase retient une longueur maximale de 3 m. Le corps est massif et serpentiforme, sans écailles, protégé par un mucus. Elle n’a ni nageoire pectorale ni nageoire ventrale : la dorsale, la caudale et l’anale forment une seule bande continue.

La robe est brune, couverte de taches brun foncé à noires. Chez l’adulte, ces taches se rejoignent derrière la tête en un réseau qui évoque une peau de léopard. Le juvénile, plus clair, porte de grosses taches noires bien séparées. Le critère le plus sûr se trouve sur le côté de la tête : l’ouverture branchiale, réduite à un petit orifice, est entourée d’une zone sombre ou d’une tache noire. Au bout du museau, deux petites narines tubulaires sont bien visibles. La bouche, souvent entrouverte, montre des dents pointues jusque sur le palais.

DORIS cite comme principale espèce ressemblante la murène à taches jaunes (Gymnothorax flavimarginatus). Celle-ci reste plus petite, 1,30 m au plus, et se reconnaît à son œil orange, à l’absence de taches noires et au liseré jaune-vert de ses nageoires.

Où et quand l’observer à Bali

La murène géante est présente toute l’année. Les données d’observation de plongeurs réunies par GBIF la situent sur la côte nord-est, à Tulamben et à Amed, autour de Nusa Penida et à Menjangan, l’île qui fait partie du parc national de Bali Barat. Un inventaire photographique des poissons de Bali la signale aussi à Menjangan et sur plusieurs sites de la zone de Tulamben.

Cherchez-la dans les trous et les crevasses des pentes récifales, surtout le long des tombants, mais aussi sur les platiers et dans les lagons. Elle vit de la surface à environ 50 m. Les juvéniles, plus discrets, restent sur les platiers peu profonds. De jour, seule la tête dépasse de l’abri, ce qui permet de la repérer en longeant lentement les failles du récif.

Biologie et comportement

C’est un prédateur de sommet de chaîne sur le récif. Elle chasse surtout la nuit en quittant son trou, et capture principalement des poissons, plus rarement des crustacés comme les langoustes. Solitaire, elle passe la journée dans sa cachette, mais il lui arrive d’en sortir en plein jour.

Sa bouche qui s’ouvre et se ferme sans arrêt n’a rien d’une menace : ce mouvement fait circuler l’eau sur ses branchies. Elle reçoit régulièrement la visite de crevettes nettoyeuses (Stenopus hispidus, Lysmata) et de labres nettoyeurs, qui entrent jusque dans sa bouche pour la débarrasser de ses parasites. Des copépodes parasites se fixent souvent sur ses mâchoires.

Les sexes sont séparés. La ponte est pélagique, et la larve, appelée leptocéphale, est un ruban transparent qui dérive au large pendant environ un an avant de rejoindre le récif. FishBase estime la fécondité à 200 000 à 300 000 œufs.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 17 août 2011. Les sources consultées ne mentionnent aucune protection propre à cette murène en Indonésie. Sa chair est souvent ciguatérique : FishBase et DORIS signalent des intoxications graves, parfois mortelles, liées à sa consommation.

Bien l’observer et la photographier

La murène géante n’est pas agressive, mais une morsure est possible si elle se sent menacée. Elle n’est pas venimeuse, pourtant la plaie est très douloureuse et s’infecte vite. DORIS rapporte plusieurs morsures en Égypte, là où des clubs nourrissaient les grands individus : ne la nourrissez jamais. Ne passez pas la main dans les failles où elle se cache et ne vous posez pas sur le récif devant son trou.

Pour la photo, approchez de face et à hauteur de son regard, lentement, puis restez immobile : un individu tranquille sort souvent un peu plus la tête. Un cadrage serré sur la tête, bouche ouverte, montre bien les dents et les narines tubulaires. Si une crevette ou un labre nettoyeur est au travail, attendez le moment où il entre dans la bouche. Pour une identification certaine, prenez aussi un profil qui montre la tache sombre autour de l’ouverture branchiale. Limitez les éclairs répétés et reculez si l’animal se rétracte au fond de sa faille.

Sources