Fiche n° 1007 · Faune · Poissons

Poisson-pipe

Corythoichthys intestinalis

Asie Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-poisson-pipe/

Poisson-pipe (Corythoichthys intestinalis)
Photo : Elias Levy — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Corps très allongé et grêle, couvert d'anneaux osseux, qui ne dépasse pas 18 cm de longueur totale.
  • Long museau tubulaire terminé par une petite bouche, œil proéminent.
  • Fond clair, blanchâtre à jaune brunâtre, plus pâle sous le ventre.
  • Dessus et côtés de la tête rayés ou réticulés de lignes sombres.
  • Tronc et queue barrés de bandes estompées, mêlées de fines lignes sombres ondulées régulièrement espacées.
  • Nageoire dorsale sans taches, insérée au niveau du premier anneau de la queue ou juste avant.

Noms

Nom usuel
Poisson-pipe
Nom scientifique
Corythoichthys intestinalis
Autres noms
Syngnathe flûte · Syngnathe gribouillé · Messmate pipefish · Scribbled pipefish
Synonymes
Corythoichthys waitei

Distribution géographique

Pacifique ouest et central, de l'Indonésie et de Bornéo aux Samoa, au nord jusqu'aux Mariannes et aux Marshall, au sud jusqu'au nord de l'Australie et à la Nouvelle-Calédonie. À Bali, présence attestée par des observations validées sur iNaturalist au ponton de Pemuteran, au nord-ouest de l'île.

Zones : Menjangan — Asie

Biotope

Récifs abrités, platiers et lagons : sable, sable mêlé de débris coralliens, zones de coraux et d'éponges, parfois pentes externes. Vit au fond, posé entre les coraux et les débris.

Profondeur : 3 – 68 m

Repères pour le plongeur

Syngnathe de 18 cm au plus, à tête rayée et corps barré de fines lignes ondulées, qui vit en couple fidèle sur les fonds de sable et de débris coralliens abrités. À Bali, il a été photographié au ponton de Pemuteran, près de Menjangan.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Petits crustacés planctoniques, surtout des essaims de copépodes, mais aussi cumacés, amphipodes, isopodes, tanaïdacés, larves de balanes et ostracodes.

Reproduction

Couples monogames. La femelle dépose ses œufs, en 2 à 17 rangées transversales, sous la queue du mâle, qui les incube dans une poche ventrale. Les mâles incubent dès 6,5 à 7 cm.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 décembre 2015 selon FishBase. Compte parmi les syngnathes les plus présents dans le commerce aquariophile (Fishes of Australia).

Espèces ressemblantes

  • Poisson-aiguille de récif (Corythoichthys haematopterus) : très proche et présent à Bali ; il possède 17 anneaux au tronc contre 16 et porte des séries de taches sur le dos. DORIS rattache à cette espèce une partie des anciennes mentions de C. intestinalis.
  • Syngnathe à réseaux (Corythoichthys flavofasciatus) : dorsale tachetée et, chez le mâle, une tache noire sous l'anneau anal, deux caractères absents chez le syngnathe flûte.
  • Syngnathe à bandes marron (Corythoichthys amplexus) : autre Corythoichthys photographié à Bali, qu'il faut départager sur photo nette.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le syngnathe flûte, ou syngnathe gribouillé, est un cousin des hippocampes de la famille des Syngnathidés. Son corps est un long tube grêle, cuirassé d’anneaux osseux, qui ne dépasse pas 18 cm. La tête se prolonge par un museau tubulaire qui en occupe environ la moitié de la longueur, et l’œil est saillant.

Le fond est clair, blanchâtre à jaune brunâtre, plus pâle sous le ventre. Le dessus et les côtés de la tête sont rayés ou réticulés de lignes sombres. Sur le tronc et la queue, des bandes estompées alternent avec de fines lignes sombres et ondulées, d’où le nom anglais de « scribbled pipefish ».

Plusieurs espèces du genre Corythoichthys se ressemblent beaucoup. Le syngnathe à réseaux (C. flavofasciatus) a une dorsale tachetée et le mâle porte une tache noire sous l’anneau anal. Le poisson-aiguille de récif (C. haematopterus) compte un anneau de plus au tronc (17 contre 16) et porte des séries de taches sur le dos. DORIS range d’ailleurs parmi les synonymes de cette dernière espèce une partie des anciennes mentions de C. intestinalis. Sur une photo, le doute est donc fréquent : ne tranchez qu’avec une vue nette et complète du flanc.

Où et quand l’observer à Bali

FishBase et DORIS placent l’aire de l’espèce dans le Pacifique ouest et central, de l’Indonésie et de Bornéo jusqu’aux Samoa. Bali en marque la limite ouest. Les données ouvertes y sont rares : GBIF ne recense qu’une observation validée pour l’île, prise au ponton de Pemuteran, au nord-ouest de l’île, en décembre 2023, et iNaturalist en compte une seconde au même ponton en mars 2024. Dans le même secteur, les observations publiées concernent plus souvent le poisson-aiguille de récif et le syngnathe à bandes marron. Ne vous attendez donc pas à le croiser à chaque plongée.

Cherchez-le sur les fonds abrités : sable, sable mêlé de débris coralliens, coraux et éponges des platiers et des lagons. Fishes of Australia le situe surtout entre 3 et 12 m, FishBase le signale jusqu’à 68 m. Aucune saison particulière n’est documentée : l’espèce est sédentaire et peut se voir toute l’année.

Biologie et comportement

Il se nourrit surtout d’essaims de copépodes et complète avec d’autres petits crustacés : amphipodes, isopodes, ostracodes, larves de balanes. Il vit le plus souvent en couple ou en petit groupe. Les partenaires restent fidèles et très attachés à leur coin de récif, sans pour autant le défendre. Le mâle garde un domaine plus petit et reste près de sa patate de corail, alors que la femelle peut parcourir une vingtaine de mètres par jour.

Comme chez tous les syngnathes, c’est le mâle qui porte les œufs. La femelle les dépose sous sa queue, en 2 à 17 rangées, et il les incube dans une poche ventrale. Les mâles incubent dès 6,5 à 7 cm de long.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), selon une évaluation du 17 décembre 2015 que cite FishBase. Aucune réglementation propre à cette espèce n’a été trouvée pour Bali. Fishes of Australia la compte parmi les syngnathes les plus prélevés pour l’aquariophilie : n’en ramassez jamais.

Bien l’observer et la photographier

Repérez une silhouette fine, posée à plat entre les débris ou les coraux, souvent accompagnée d’un second individu à proximité.

Approchez en restant au-dessus du sable, palmes relevées : un coup de palme soulève le sédiment et masque l’animal. Ne le poussez pas avec une baguette pour le faire sortir. Pour l’identification, photographiez le flanc entier, de la tête à la caudale, bien parallèle au capteur. Le motif de la tête et le nombre d’anneaux ne se lisent que sur une image nette. Si un mâle porte des œufs sous la queue, gardez vos distances et limitez les éclairs du flash.

Sources