Fiche n° 1008 · Faune · Poissons
Poisson-fantôme
Solenostomus paradoxus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-poisson-fantome/
Clé d'identification
- Corps fin, comprimé et hérissé de lambeaux et filaments cutanés, 12 cm au plus.
- Long museau tubulaire terminé par une petite bouche ; opercule marqué d'un motif en damier.
- Nageoires profondément découpées et terminées par des filaments : première dorsale haute, pelviennes larges, caudale ovale déployée en éventail.
- Couleur très variable, souvent un mélange de noir, rouge, orange, jaune et blanc, accordée au support.
- Se tient presque immobile, la tête en bas, dans un crinoïde, une gorgone ou un corail noir.
- Juvéniles clairs, presque transparents, aux rayons de nageoires très allongés.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-fantôme
- Nom scientifique
- Solenostomus paradoxus
- Autres noms
- Poisson-fantôme arlequin · Poisson-fantôme orné · Poisson-aiguille orné · Harlequin ghost pipefish · Ornate ghost pipefish
- Synonymes
- Fistularia paradoxa · Solenostomatichthys paradoxus
Distribution géographique
Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'aux Fidji et aux Tonga, du sud du Japon à l'Australie et à la Nouvelle-Calédonie. À Bali, régulièrement observé sur la côte nord-est (Tulamben, Amed, Seraya) ; quelques observations à Menjangan et à Nusa Penida.
Zones : Tulamben · Amed · Nusa Penida · Menjangan — Asie
Biotope
Récifs coralliens calmes et pentes abritées, de 3 à 35 m, souvent près des tombants et en bordure de récif. Il se camoufle dans les bras des crinoïdes, les branches de gorgones et de corail noir, les hydraires, les algues ou les débris.
Profondeur : 3 – 35 m
Repères pour le plongeur
Ce petit poisson-fantôme de 12 cm, hérissé de filaments, se cache tête en bas dans les crinoïdes, gorgones et coraux noirs ; à Bali, cherchez-le surtout de Tulamben à Amed. Ne touchez pas son support et limitez les éclairs du flash.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Prédateur à l'affût : mysidacés surtout et autres petites crevettes, aspirés par le museau tubulaire.
Reproduction
La femelle porte environ 350 œufs dans une poche formée par ses nageoires pelviennes soudées ; éclosion après environ trois semaines, puis longue phase larvaire pélagique. DORIS le décrit comme hermaphrodite protandre, d'autres sources comme à sexes séparés.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 19 mars 2015 selon FishBase. Sans intérêt pour la pêche, rarement prélevé pour l'aquariophilie.
Espèces ressemblantes
- Poisson-fantôme robuste (Solenostomus cyanopterus) : corps plus lisse, sans filaments hérissés, vert, brun ou beige, imitant une feuille morte ou une algue près du sable et des herbiers.
- Syngnathe à bandes (Corythoichthys intestinalis) : corps cylindrique et très allongé, nageoires peu développées, vit posé sur le fond ; le mâle porte les œufs.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-fantôme arlequin ne dépasse pas 12 cm. Son corps fin et comprimé est couvert de plaques osseuses et hérissé de lambeaux de peau. Le museau est long et tubulaire, avec une petite bouche au bout. Les nageoires sont très développées et découpées en franges : une haute première dorsale, de larges pelviennes et une caudale ovale, souvent déployée en éventail dentelé. Les pectorales, elles, sont petites et transparentes.
La couleur varie beaucoup d’un individu à l’autre. Elle mêle en général du noir, du rouge, de l’orange, du jaune et du blanc, en bandes et en taches, et s’accorde au support. Certains sont presque translucides, d’autres rouge sombre ou noirâtres. L’opercule porte souvent un motif en damier. Les juvéniles sont clairs, parfois transparents, avec des rayons de nageoires très longs, comme sur la photo de cette fiche. Les femelles sont nettement plus grandes que les mâles.
À Bali, la confusion la plus probable est le poisson-fantôme robuste (Solenostomus cyanopterus). Selon DORIS, les autres espèces du genre n’ont pas cet aspect hérissé : elles sont vertes ou brunes et imitent une feuille morte près du sable ou des herbiers. Le syngnathe, lui, a un corps cylindrique et des nageoires réduites.
Où et quand l’observer à Bali
L’espèce vit de la mer Rouge aux Fidji et aux Tonga. À Bali, les observations se concentrent sur la côte nord-est. Le site Underwater Kwaj l’a photographiée à de nombreuses reprises autour de Tulamben, d’Amed et de Seraya, de Puri Jati à Melasti, et la juge assez commune dans ce secteur. Les occurrences enregistrées par GBIF confirment cette concentration, avec quelques mentions à Menjangan et une seule à Nusa Penida.
Cherchez-la entre 3 et 35 m, sur des récifs abrités et en bordure de tombant. Elle se tient presque immobile, la tête en bas, dans les bras d’un crinoïde, entre les branches d’une gorgone ou d’un corail noir, parfois près d’un corail mou ou d’un débris. Aucune saison n’est documentée : on peut la trouver toute l’année.
Biologie et comportement
C’est un chasseur à l’affût. Il attend, immobile, que passent des mysidacés ou d’autres petites crevettes, qu’il aspire d’un coup de museau. Il vit seul ou en couple, plus rarement en petit groupe.
Sa reproduction inverse celle des hippocampes et des syngnathes : c’est la femelle qui porte les œufs. Ses nageoires pelviennes soudées forment une poche où elle garde environ 350 œufs. Ils éclosent au bout de trois semaines environ, et la femelle libère les larves par petits groupes. La phase larvaire dans le plancton est longue. DORIS décrit l’espèce comme hermaphrodite protandre, mâle puis femelle, alors que Fishes of Australia parle de sexes séparés : sa biologie reste mal connue.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 19 mars 2015. Elle n’a aucun intérêt pour la pêche. Elle est rarement prélevée pour l’aquariophilie, car on la maintient très mal en captivité. Les sources consultées ne citent aucune réglementation propre à Bali.
Bien l’observer et la photographier
Le poisson-fantôme se repère d’abord à son support. Inspectez lentement chaque crinoïde et chaque gorgone, surtout leurs bords. Quand vous en trouvez un, cherchez un éventuel second individu : il vit parfois en couple. Approchez par le côté, en flottabilité parfaitement neutre, et ne posez rien sur le crinoïde ni sur la gorgone. S’ils sont arrachés ou abîmés, le poisson perd son abri.
Un objectif macro et un fond sombre font ressortir les filaments et les nageoires découpées. Shootez de profil pour montrer le museau et la caudale en éventail. Ne le poussez pas pour obtenir un meilleur angle, et limitez le nombre d’éclairs : il dépend de son immobilité pour échapper aux prédateurs.