Fiche n° 1049 · Flore · Algues & plantes
Algue bleue
Halimeda macroloba
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-algue-bleue/
Clé d'identification
- Algue verte dressée, vert vif à l'état frais, crème ou verdâtre une fois morte ou séchée.
- Rameaux formés d'une chaîne d'articles calcifiés, plats, larges, en éventail ou en forme de rein.
- Grands articles, jusqu'à 2,2 cm de haut sur 2,9 cm de large, de 1 à 3 mm d'épaisseur.
- Bord supérieur des articles lisse, ondulé ou irrégulièrement lobé.
- Base en éventail replié, ancrée dans le sédiment par un crampon bulbeux.
- Pousse dressée sur fond meuble, souvent parmi les herbiers, et non en touffes accrochées au récif.
Noms
- Nom usuel
- Algue bleue
- Nom scientifique
- Halimeda macroloba
- Autres noms
- Halimède · Cactus de mer · Erect sea cactus
- Synonymes
- Halimeda macroloba var. ecalcarea
Distribution géographique
Indo-Pacifique, de la mer Rouge à la Polynésie et de Taïwan à l'Australie ; introduite en Floride (Biscayne Bay, 2012). En Indonésie, récoltée notamment à Sumatra, à Java (îles Seribu), à Bornéo (archipel de Berau), à Sulawesi et dans les petites îles de la Sonde. À Bali, spécimens d'herbier récoltés à Kuta (1987) et à Sanur.
Zones : Nusa Penida — Asie
Biotope
Fonds de sable, de vase ou de limon peu profonds, platiers sableux et herbiers de phanérogames, souvent avec d'autres grandes algues, de la surface à 41 m.
Profondeur : 0 – 41 m
Repères pour le plongeur
Malgré son nom, l'algue bleue est une algue verte calcaire : de grands articles plats en éventail, ancrés dans le sable des platiers et des herbiers. Observez-la sans l'arracher ni soulever le sédiment autour de son crampon.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Autotrophe : algue verte photosynthétique, qui dépose du carbonate de calcium (aragonite) dans ses articles.
Reproduction
Multiplication végétative par fragmentation. Dans le genre Halimeda, la reproduction sexuée est holocarpique : en environ 36 heures, l'algue se transforme en gamétanges, libère ses gamètes un matin, puis blanchit et meurt.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, version 2025-2 selon SeaLifeBase. Aucune protection particulière connue à Bali.
Espèces ressemblantes
- Halimède en raquette (Halimeda opuntia), récoltée à Bali : articles bien plus petits (3 à 8 mm de haut), à nervure centrale, en touffes informes fixées par des rhizoïdes partout où elles touchent le support.
- Halimeda discoidea, récoltée à Bali : vit plutôt sur débris coralliens ou fonds durs ensablés, jusqu'à 80 m.
- Halimeda tuna, également récoltée à Bali : autre halimède à articles plats, à vérifier de près avant de trancher.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
Le nom « algue bleue » prête à confusion : Halimeda macroloba est une algue verte (Chlorophyta) de la famille des Halimedaceae. Vivante, elle est d’un vert franc. Ses rameaux dressés sont formés d’une chaîne d’articles plats et calcifiés, ce qui lui donne l’allure d’un petit cactus rigide. Les anglophones l’appellent d’ailleurs « erect sea cactus ».
Ses articles sont grands pour une halimède : jusqu’à 2,2 cm de haut sur 2,9 cm de large, pour 1 à 3 mm d’épaisseur. Ils ont le plus souvent la forme d’un éventail ou d’un rein, avec un bord supérieur lisse, ondulé ou découpé en lobes. Le premier article, rectangulaire, porte deux articles ou plus dans un même plan, ce qui forme une base en éventail replié. Dans le sédiment, un crampon bulbeux de 4,5 cm au plus ancre l’ensemble. Le thalle mesure environ 12 cm selon SeaLifeBase, et jusqu’à 40 cm selon le NEMESIS de la Smithsonian. Morte ou séchée, l’algue vire au crème.
Plusieurs autres halimèdes ont été récoltées à Bali. L’halimède en raquette (Halimeda opuntia) a des articles bien plus petits, de 3 à 8 mm de haut, marqués d’une nervure centrale. Elle forme des touffes informes, accrochées par des rhizoïdes partout où elle touche son support. H. macroloba, elle, se dresse sur un crampon unique planté dans le sédiment.
Où et quand l’observer à Bali
L’espèce vit sur les fonds meubles peu profonds : platiers sableux, fonds vaseux ou limoneux et herbiers, souvent mêlée aux phanérogames et à d’autres grandes algues. SeaLifeBase indique une profondeur de 0 à 41 m, et le NEMESIS précise qu’elle forme parfois des peuplements serrés.
Les données publiées pour Bali restent maigres. GBIF recense des spécimens d’herbier récoltés à Kuta en 1987 et à Sanur, sur la côte sud. Aucune des sources consultées ne la cite précisément à Tulamben, à Amed, à Menjangan ou à Nusa Penida. Cherchez-la donc dans les zones de sable et d’herbier peu profondes, plutôt que sur les tombants et les épaves. Aucune saisonnalité n’est documentée : l’algue est présente toute l’année.
Biologie et comportement
Comme les autres halimèdes, elle pratique la photosynthèse et dépose du carbonate de calcium, sous forme d’aragonite, dans ses tissus. Ce squelette minéral la rend immangeable pour la plupart des herbivores. À sa mort, ses articles se détachent et rejoignent le sédiment. Dans certains lagons, ce « sable à halimèdes » forme l’essentiel du fond.
Elle se multiplie par fragmentation. Sa reproduction sexuée, rarement observée, est spectaculaire à l’échelle du genre : en 36 heures environ, l’algue se transforme entièrement en gamétanges, libère ses gamètes un matin, puis blanchit et meurt. Ce mode de reproduction s’appelle l’holocarpie.
Statut et protection
L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN : statut NE dans la version 2025-2, selon SeaLifeBase. Elle ne fait l’objet d’aucune protection propre à Bali. Hors de son aire d’origine, elle a été trouvée pour la première fois en Floride, à Biscayne Bay, en 2012. Le NEMESIS cite les salissures de coques et les rejets d’aquarium comme vecteurs possibles.
Bien l’observer et la photographier
Le critère décisif se trouve à la base : un crampon unique enfoncé dans le sable et un éventail de grands articles plats. Photographiez-la de profil, au ras du fond, pour montrer cette architecture, puis faites un gros plan sur le bord d’un article pour en saisir la forme. Un pied entièrement blanc mais encore entier peut être une algue qui vient de se reproduire.
Ne tirez pas sur l’algue pour voir son crampon : vous l’arracheriez. Stabilisez-vous au-dessus du sable sans y poser les genoux ni battre des palmes, car le nuage de sédiment gâche l’image et recouvre l’herbier.