Fiche n° 1041 · Flore · Algues & plantes
Algue turbinaria
Turbinaria ornata
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-algue-turbinaria/
Clé d'identification
- Algue brune dressée, raide et coriace, de 2 à 20 cm, brun roux à brun foncé, souvent teintée de rose par des algues calcaires encroûtantes.
- « Feuilles » serrées le long de l'axe, chacune en forme de turban ou de petite toupie, portée par un pétiole cylindrique.
- Bord de chaque lame armé d'une double rangée de dents raides et pointues, qui forme une couronne autour d'un centre creux.
- Flotteur unique parfois logé au centre concave des lames, surtout en haut du thalle.
- Grappes de réceptacles cylindriques, jusqu'à 1,5 cm, sur la face supérieure du pétiole, près de sa base.
- Fixée au rocher par un crampon conique ou ramifié, d'où partent des stolons.
Noms
- Nom usuel
- Algue turbinaria
- Nom scientifique
- Turbinaria ornata
- Autres noms
- Turbinaire ornée · Crowded sea bell
- Synonymes
- Fucus turbinatus var. ornatus · Sargassum turbinatum var. ornatum
Distribution géographique
Indo-Pacifique tropical, de l'Érythrée, de l'Afrique du Sud et de Madagascar jusqu'à Hawaï, la Polynésie française et le Chili (SeaLifeBase). En Indonésie, nombreuses récoltes de Sumatra aux Moluques. À Bali : spécimens d'herbier récoltés à Sanur et observation de 2020 à Tulamben (GBIF, iNaturalist).
Zones : Tulamben — Asie
Biotope
Platiers récifaux, flaques et bancs rocheux de l'estran battus par les vagues, aussi roches coralliennes en eau calme ; de la zone de balancement des marées jusqu'à 53 m, avec un maximum d'abondance entre 2 et 10 m.
Profondeur : 0 – 53 m
Repères pour le plongeur
Petite algue brune raide dont les « feuilles » en turban sont bordées d'une double couronne de dents : cherchez-la sur les platiers et les rochers battus peu profonds, de Tulamben à la côte sud. Ne l'arrachez pas pour l'examiner.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Autotrophe : algue brune photosynthétique, qui puise dans l'eau le dioxyde de carbone et les sels minéraux nécessaires à sa croissance.
Reproduction
Réceptacles groupés en grappes à la base des pétioles, portant le plus souvent organes mâles et femelles ensemble. Multiplication végétative par stolons et par jeunes plants ou frondes qui se détachent, flottent et dérivent, parfois en radeaux.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, version 2025-2 selon SeaLifeBase ; non évaluée par la CITES. Aucune protection connue à Bali. L'espèce s'est étendue de façon envahissante dans une partie du Pacifique Sud.
Espèces ressemblantes
- Turbinaire décurrente (Turbinaria decurrens) : lames triangulaires brun verdâtre dont la base se prolonge le long du stipe, et petites vésicules ovoïdes en grappes à la base des lames.
- Turbinaria conoides : lames plus largement évasées en entonnoir, bord muni d'une seule rangée de dents, vésicules plus développées.
- Coraux durs du genre Turbinaria (par exemple Turbinaria mesenterina, corail coupe-laitue) : même nom de genre, mais ce sont des animaux sans aucun lien avec l'algue.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
Turbinaria ornata est une algue brune (Phaeophyceae) de l’ordre des Fucales et de la famille des Sargassaceae, la même que les sargasses. DORIS l’appelle « turbinaire ornée ». C’est une petite algue dressée, raide et épaisse, de 2 à 20 cm de haut et parfois 30 cm d’après le Bishop Museum. Sa couleur va du brun roux au brun foncé. Des algues calcaires encroûtantes la recouvrent souvent et lui donnent alors une teinte rosée.
Tout se joue sur la forme des « feuilles ». Elles sont serrées le long d’un axe dressé et rappellent chacune un turban ou une petite toupie : le nom de genre vient du latin turbo, la toupie. Chaque lame est portée par un pétiole cylindrique. Son bord porte une double rangée de dents raides et pointues qui forment une couronne autour d’un centre creux. Dans ce creux, surtout en haut du thalle, se loge parfois un flotteur unique. À la base, un crampon conique ou ramifié émet des stolons qui survivent quand la partie dressée casse.
Le genre compte une quarantaine d’espèces, et DORIS rappelle qu’une identification sûre demande parfois un examen au microscope. La turbinaire décurrente a des lames triangulaires, brun verdâtre, dont la base descend le long du stipe. Turbinaria conoides a des lames plus évasées en entonnoir, bordées d’une seule rangée de dents. Ne la confondez pas non plus avec les coraux durs du genre Turbinaria, comme le corail coupe-laitue : WoRMS signale que les deux groupes partagent ce nom de genre.
Où et quand l’observer à Bali
SeaLifeBase décrit une algue des récifs rocheux exposés à une forte agitation de l’eau, présente aussi sur les roches coralliennes des eaux plus calmes, souvent émergée en partie aux grandes marées basses. Le Bishop Museum la cite sur l’estran rocheux, dans les flaques, sur les platiers et plus bas, de la zone de balancement des marées jusqu’à au moins 30 m. Elle y est souvent la grande algue la plus abondante des platiers, entre 2 et 10 m. SeaLifeBase donne une profondeur maximale de 53 m.
En Indonésie, GBIF recense de nombreuses récoltes, de Sumatra aux Moluques. À Bali, on trouve des spécimens d’herbier récoltés à Sanur et une observation photographiée en février 2020 à Tulamben, validée sur iNaturalist. Aucune des sources consultées ne la cite à Amed, à Menjangan ou à Nusa Penida. Cherchez-la donc dans les premiers mètres, sur les rochers et les platiers battus, plutôt que sur les épaves ou les tombants profonds. Aucune saison n’est documentée : l’algue est présente toute l’année.
Biologie et comportement
Comme toutes les algues brunes, elle produit sa propre matière organique par photosynthèse. Son thalle coriace l’aide à résister au ressac et décourage les poissons brouteurs, selon le Bishop Museum. Les organes reproducteurs se trouvent dans des grappes de réceptacles cylindriques, longues de 1,5 cm au plus, accrochées sur le dessus des pétioles. Ces réceptacles portent le plus souvent les cellules mâles et femelles ensemble.
L’algue se disperse aussi sans reproduction sexuée. Ses stolons repoussent après une casse, et de jeunes plants à lames aplaties se détachent, flottent et vont se fixer ailleurs. Des frondes âgées, plus légères, dérivent parfois en radeaux portés par les courants de surface.
Statut et protection
L’UICN n’a pas évalué l’espèce : statut NE dans la version 2025-2, selon SeaLifeBase, qui ne signale pas non plus d’inscription à la CITES. Aucune protection propre à Bali n’est connue. À l’inverse, le Bishop Museum indique qu’elle s’est étendue de façon envahissante dans une partie du Pacifique Sud. SeaLifeBase mentionne enfin des usages humains : alimentation, engrais, extraction d’alginates.
Bien l’observer et la photographier
Le critère décisif tient dans un détail : la double couronne de dents autour du creux de chaque lame. Approchez-vous en macro, à quelques centimètres, et cadrez une lame de face pour montrer cette couronne, puis une vue de profil pour l’empilement des « turbans » le long de l’axe. Une lumière rasante fait ressortir les dents.
Sur un platier ou en eau très peu profonde, le ressac vous pousse vers le fond. Gardez les mains loin du récif et ne vous agrippez ni aux touffes d’algues ni aux coraux voisins. N’arrachez pas de pied pour regarder le crampon : vous détruiriez la partie qui permet à l’algue de repousser.
Sources
- DORIS (FFESSM) : Turbinaria ornata, Turbinaire ornée
- DORIS (FFESSM) : Turbinaria decurrens, Turbinaire décurrente
- WoRMS : Turbinaria ornata (Turner) J.Agardh, 1848
- SeaLifeBase : Turbinaria ornata, Crowded sea bell
- Bishop Museum (Hawaï) : Turbinaria ornata
- GBIF : Turbinaria ornata
- iNaturalist : observation à Tulamben, février 2020
- Wikipédia (anglais) : Turbinaria ornata