Fiche n° 1031 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail de feu

Millepora spp.

Asie Tulamben Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-de-feu/

Corail de feu (Millepora spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie dure et calcaire, en lames dressées, en branches ou en croûte, qui ressemble à un corail mais appartient aux hydrozoaires.
  • Teinte jaune, ocre ou brun clair, avec des bords et des extrémités de croissance blancs.
  • Surface lisse percée de pores minuscules, sans les calices en relief des coraux durs.
  • De près, fins polypes translucides dressés comme un duvet au-dessus du squelette.
  • Colonies en plaques verticales soudées entre elles, jusqu'à 2 m de haut chez Millepora platyphylla.

Noms

Nom usuel
Corail de feu
Nom scientifique
Millepora spp.
Autres noms
Corail de feu en plaques · Corail de feu ramifié · Fire coral

Distribution géographique

Récifs tropicaux de l'Indo-Pacifique, de la mer Rouge à la Polynésie, et de l'Atlantique tropical. À Bali, des observations validées sur GBIF concernent Millepora platyphylla et Millepora tenera au nord de Nusa Penida et Millepora tenera à Tulamben.

Zones : Tulamben · Nusa Penida — Asie

Biotope

Récifs coralliens peu profonds : platiers, haut des tombants et pentes externes exposées au courant ; certaines espèces tolèrent les eaux turbides côtières.

Profondeur : 2 – 30 m

Repères pour le plongeur

Le corail de feu est un hydrozoaire urticant des récifs peu profonds de Bali, reconnaissable à sa teinte ocre et à ses extrémités blanches. Gardez vos distances : son contact brûle la peau pendant plusieurs jours et le casse.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plancton capturé par les polypes urticants (dactylozoïdes) puis digéré par les polypes nourriciers (gastrozoïdes) ; complément apporté par les algues symbiotiques (zooxanthelles) logées dans les tissus.

Reproduction

Asexuée par croissance de la colonie ; sexuée par de petites méduses libérées depuis des ampoules du squelette, qui dispersent les gamètes. La larve planula se fixe sur un support dur et redonne un polype.

Conservation

En danger (UICN)

Millepora platyphylla, M. tenera, M. intricata et M. dichotoma, présentes en Indonésie, sont classées En danger (EN, critères A3ce) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase. Tous les Milleporidés sont inscrits à l'annexe II de la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Autres coraux de feu (Millepora dichotoma, M. intricata, M. exaesa) : plusieurs espèces voisines vivent en Indonésie ; on les sépare par la forme de la colonie, souvent sans certitude sous l'eau.
  • Corail table (Acropora hyacinthus) : vrai corail dur, dont la surface montre des calices en relief et non de simples pores — voir fiche liée.
  • Corail staghorn (Acropora muricata) : branches à calices saillants, sans le liseré blanc ni le duvet de polypes du corail de feu — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son nom, le corail de feu n’est pas un corail au sens strict. C’est un animal du groupe des hydrozoaires, plus proche des hydraires et de certaines méduses que des coraux durs. WoRMS range le genre Millepora dans la famille des Milleporidae, qui compte dix-sept espèces acceptées. Sous l’eau, il ressemble pourtant à un corail : sa colonie construit un squelette calcaire massif qui participe à l’édification du récif.

On le reconnaît d’abord à sa couleur, jaune, ocre ou brun clair, et à ses bords de croissance blancs. Sa surface est lisse et percée de pores minuscules, d’où le nom du genre. De près, on distingue un fin duvet de polypes translucides : ce sont les polypes urticants, longs et sans bouche, qui entourent les polypes nourriciers, plus courts. Les coraux durs du genre Acropora, comme le corail table ou le staghorn, montrent au contraire des calices bien visibles en relief.

La forme de la colonie varie selon l’espèce et le courant : lames dressées soudées en alvéoles chez Millepora platyphylla, branches aplaties et ramifiées chez M. dichotoma, ou simple croûte sur la roche. Plusieurs espèces voisines vivent en Indonésie, et les distinguer sous l’eau reste souvent impossible. C’est pourquoi cette fiche traite du genre.

Où et quand l’observer à Bali

Le corail de feu colonise les récifs peu profonds : platiers, haut des tombants et pentes exposées au courant. À Bali, des observations validées par la communauté iNaturalist et reprises par GBIF signalent Millepora platyphylla et M. tenera sur la côte nord de Nusa Penida, et M. tenera à Tulamben. SeaLifeBase indique une profondeur de 2 à 15 m pour M. tenera et de 3 à 30 m pour M. intricata, autre espèce présente en Indonésie. Fixé, il se voit toute l’année.

Biologie et comportement

La colonie se nourrit de plancton. Les polypes urticants le capturent, puis les polypes nourriciers le digèrent. Comme les coraux durs, elle héberge aussi des algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui lui fournissent une partie de sa nourriture grâce à la lumière. Elle blanchit donc quand l’eau se réchauffe. Pour se reproduire, elle libère de minuscules méduses, formées dans des ampoules creusées dans le squelette. Elles dispersent les gamètes, et la larve qui en naît se fixe sur un support dur pour fonder une nouvelle colonie.

Pour le plongeur, le danger vient du contact. DORIS décrit des brûlures fréquentes sur les avant-bras, les poignets, les genoux et le cou, avec des rougeurs et des démangeaisons qui durent plusieurs jours chez les personnes sensibles. Le venin n’est pas mortel. En cas de contact, rincez à l’eau de mer, jamais à l’eau douce, puis appliquez du vinaigre.

Statut et protection

Plusieurs espèces observées en Indonésie, dont M. platyphylla et M. tenera, sont classées En danger (EN, critères A3ce) sur la liste rouge de l’UICN. SeaLifeBase date cette évaluation du 11 juillet 2022. Tous les Milleporidés sont inscrits à l’annexe II de la CITES : leur squelette ne peut pas être exporté sans permis.

Bien l’observer et la photographier

Sur les sites à courant, comme Nusa Penida, réglez votre flottabilité avant d’arriver au récif et restez au-dessus des colonies, jamais en appui. Une combinaison longue protège les bras et les jambes, qui restent les zones les plus souvent brûlées. Le liseré blanc des colonies en plaques fait un beau premier plan au grand-angle. Pour le duvet de polypes, utilisez un objectif macro et éclairez de côté, sans toucher. Ne posez ni main ni palme sur la colonie : le squelette casse, et la brûlure vous rappellera l’erreur pendant des jours.

Sources