Fiche n° 1026 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail table

Acropora nyinggulu

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-table/

Clé d'identification

  • Colonie tabulaire, souvent à plusieurs étages superposés, pouvant dépasser 3 m de diamètre sur les platiers.
  • Teinte vert-brun foncé sur le vivant, avec des polypes axiaux jaunes au bout des branchettes.
  • Branchettes terminales courtes et cylindriques, de 5 à 20 mm de long et 3 à 6 mm de diamètre.
  • Polypes radiaires plaqués contre la branchette, à lèvre inférieure peu évasée, presque tous de même taille et jointifs.
  • Pas de reflet rosé sur la lèvre des radiaires, contrairement à Acropora spicifera.

Noms

Nom usuel
Corail table
Nom scientifique
Acropora nyinggulu
Autres noms
Corail tabulaire · Acropora tabulaire

Distribution géographique

Côtes de l'Australie occidentale (Ningaloo, Houtman Abrolhos), mer d'Arafura, archipel indo-australien (Bali, Alor, Sulawesi, Aceh, Bohol aux Philippines), Dongsha et sud du Japon (Okinawa), jusqu'à la mer d'Andaman. Espèce décrite en 2025 ; deux spécimens de référence proviennent de Bali.

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Crêtes récifales, bordures d'arrière-récif et pentes externes ; surtout à moins de 6 m, où elle peut dominer, et jusqu'à au moins 15 m.

Profondeur : 0 – 15 m

Repères pour le plongeur

Corail table vert-brun à polypes jaunes, décrit en 2025 et récolté à Bali, qui forme de grands plateaux étagés sur les récifs peu profonds. Observez-le en flottabilité parfaite, sans vous poser ni palmer au-dessus.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail à algues symbiotiques (zooxanthelles) qui lui fournissent de l'énergie par photosynthèse ; comme les autres Acropora, il capture aussi plancton et particules organiques avec ses polypes.

Reproduction

Non décrite à ce jour pour cette espèce, nommée en 2025.

Conservation

Non évalué (UICN)

Espèce décrite en 2025, pas encore évaluée par l'UICN (NE). Comme tous les coraux durs, elle relève de l'annexe II de la CITES. Les auteurs de la révision soulignent que ces espèces aux aires plus restreintes sont plus vulnérables au blanchiment.

Espèces ressemblantes

  • Acropora spicifera : autre corail table récolté à Bali, aux radiaires plus étroits et à paroi plus haute, souvent rosés sur la lèvre ; axiaux de 1,5 mm au plus.
  • Acropora hyacinthus : corail table très proche, mais limité au Pacifique sud et sud-ouest selon la révision de 2025 ; absent de l'océan Indien.
  • Acropora bifurcata : autre espèce tabulaire du même groupe, présente dans le Triangle de corail.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré le classement de cette fiche en « flore », le corail table est un animal : un corail dur, cnidaire de l’ordre des scléractiniaires, qui bâtit le récif. Acropora nyinggulu n’a reçu son nom qu’en 2025, dans la révision génétique des coraux tables menée par Rassmussen et ses coauteurs. Ce travail a montré que l’ancien « Acropora hyacinthus », longtemps vu comme une seule espèce répandue, regroupe au moins seize espèces.

La colonie forme une table, souvent à plusieurs étages superposés. Sur les platiers et en arrière-récif, certains plateaux dépassent 3 m de diamètre. Sur le vivant, elle est vert-brun foncé, et les polypes axiaux, au bout de chaque branchette, sont jaunes. Les branchettes terminales sont courtes et cylindriques : 5 à 20 mm de long pour 3 à 6 mm de diamètre. Le polype axial, tubulaire, mesure 2 à 2,4 mm de large.

Le critère décisif se lit sur les polypes radiaires, ceux qui garnissent les flancs des branchettes. Chez A. nyinggulu, ils sont plaqués contre la branchette, à lèvre inférieure peu évasée, presque tous de même taille et jointifs. Acropora spicifera, l’autre corail table récolté à Bali, a des radiaires plus étroits et à paroi plus haute, des axiaux de 1,5 mm au plus, et une teinte souvent rosée sur la lèvre des radiaires. A. nyinggulu, lui, n’est pas rosé. Les colonies profondes peuvent porter des branches plus clairsemées, dressées vers le haut.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce vit sur les côtes de l’Australie occidentale, où se trouve sa localité type (Coral Bay, récif de Ningaloo), puis vers le nord à travers l’archipel indo-australien jusqu’à Okinawa, et vers l’ouest jusqu’à la mer d’Andaman. Parmi le matériel examiné par les auteurs figurent deux spécimens de Bali, conservés au Queensland Museum, ainsi que des colonies d’Alor, de Sulawesi et d’Aceh. La publication ne précise pas le site exact de récolte à Bali.

Cherchez-la sur les crêtes récifales, en bordure d’arrière-récif et sur le haut des pentes externes. Elle est la plus commune à moins de 6 m, où elle peut dominer le paysage, et descend jusqu’à au moins 15 m. Les plateaux se voient toute l’année. Autour de Nusa Penida, l’aire marine protégée abrite près de 300 espèces de coraux durs, selon le Coral Triangle Center.

Biologie et comportement

Comme les autres Acropora, ce corail héberge dans ses cellules des algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui lui fournissent de l’énergie par photosynthèse. Ses polypes capturent aussi plancton et particules organiques. Particularité notée dans sa description : ses tentacules directeurs restent déployés en plein jour. Sa reproduction n’a pas encore été décrite pour l’espèce elle-même. Le genre Acropora blanchit facilement quand l’eau se réchauffe ou se dégrade, et une colonie qui ne récupère pas ses algues peut mourir.

Statut et protection

Décrite en 2025, l’espèce n’a pas encore été évaluée par l’UICN. Comme tous les coraux durs, elle relève de l’annexe II de la CITES, qui encadre le commerce international. Les auteurs de la révision soulignent un enjeu : une espèce que l’on croyait répandue se révèle en plusieurs espèces aux aires plus réduites, donc plus exposées au blanchiment. À Nusa Penida, l’aire marine protégée couvre 20 057 ha et date officiellement de 2018, selon le Coral Triangle Center.

Bien l’observer et la photographier

Restez à côté du plateau, jamais au-dessus en palmant : sur un récif de moins de 6 m, un coup de palme suffit à briser les branchettes. Ne vous y posez pas, même d’un doigt. Une vue de profil montre l’étagement des tables et les poissons abrités dessous. Un gros plan sur le bord révèle le contraste entre axiaux jaunes et radiaires plaqués, le meilleur indice sur le terrain. Une identification certaine demande toutefois l’examen du squelette ou l’analyse génétique : en légende, « Acropora tabulaire » reste le choix prudent.

Sources