Fiche n° 1030 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail porites

Porites lutea

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-porites/

Corail porites (Porites lutea)
Photo : NOAA (uncredited) — Public domain — source

Clé d'identification

  • Colonie massive, hémisphérique ou en forme de casque, à surface généralement lisse, pouvant dépasser 4 m de diamètre.
  • Corallites minuscules (1 à 1,5 mm) et serrés, qui donnent à la surface un aspect finement poreux.
  • Couleur le plus souvent crème ou jaune, parfois gris pâle, vert citron ou rose, plus vive en eau peu profonde.
  • En très faible profondeur, forme parfois des micro-atolls : sommet plat et mort, couronne vivante sur le pourtour.
  • Sur les fonds envasés, peut pousser en colonnes dressées plutôt qu'en dôme.

Noms

Nom usuel
Corail porites
Nom scientifique
Porites lutea
Autres noms
Hump coral · Mound coral
Synonymes
Porites arenosa lutea · Porites arenosa · Porites arenacea · Porites haddoni · Porites tenuis · Synaraea lutea

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de Madagascar et de l'Afrique de l'Est à la Malaisie, l'Indonésie, les Philippines, le Japon et l'Australie ; localité type aux Fidji. À Bali, GBIF ne compte aucune occurrence géolocalisée de l'espèce, mais le genre Porites y est bien documenté, notamment à Nusa Penida.

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Récifs abrités : pentes d'arrière-récif, pâtés coralliens, baies, lagons peu profonds et récifs frangeants. Plus abondant de la surface à 15 m environ ; signalé jusqu'à 59 m.

Profondeur : 0 – 59 m

Repères pour le plongeur

Grand dôme crème ou jaune, lisse et finement poreux, typique des récifs abrités peu profonds de l'Indo-Pacifique. À Bali, le genre Porites est bien présent, mais l'espèce est difficile à confirmer sous l'eau : ne vous posez jamais sur ces colonies qui grandissent d'environ 1 cm par an.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail zooxanthellé : il vit en symbiose avec des microalgues photosynthétiques logées dans ses tissus (WoRMS).

Reproduction

Les gamètes mûrs sont libérés dans la cavité gastrique puis expulsés par la bouche ; la larve planula, planctonique, se fixe ensuite sur le fond (SeaLifeBase). Des fragments détachés peuvent aussi donner de nouvelles colonies.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 26 octobre 2023 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Sensible au blanchissement : à Palau, 10 à 40 % de mortalité estimée lors d'un épisode de blanchissement (SeaLifeBase).

Espèces ressemblantes

  • Porites lobata : autre Porites massif des mêmes récifs ; ses corallites contiennent moins d'éléments squelettiques et paraissent plus ouverts.
  • Porites australiensis : souvent mêlé à P. lutea ; corallites aux murs plus épais.
  • Porites solida : corallites plus grands, aux murs plus fins.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail porites est un animal, malgré sa place dans la rubrique « flore ». C’est un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Poritidae. Des milliers de minuscules polypes y construisent ensemble un squelette calcaire. WoRMS retient le nom Porites lutea Milne Edwards & Haime, 1851 ; Porites arenosa ou Porites haddoni en sont des synonymes. Les anglophones l’appellent hump coral.

La colonie forme un dôme hémisphérique ou un casque à la surface généralement lisse. Corals of the World signale des colonies de plus de 4 m de diamètre. De près, la surface paraît finement poreuse : chaque corallite, la loge d’un polype, ne mesure que 1 à 1,5 mm. La couleur est le plus souvent crème ou jaune, mais WoRMS cite aussi des teintes gris pâle, vert citron ou rose, plus vives en eau peu profonde. Sur les fonds envasés, la colonie pousse parfois en colonnes dressées plutôt qu’en dôme.

WoRMS juge cette espèce difficile à séparer des autres Porites massifs. Porites lobata et Porites australiensis vivent souvent à ses côtés. Les critères qui les distinguent tiennent au détail des corallites, invisible sans loupe ni prélèvement. Sous l’eau, « Porites massif » est donc souvent l’identification la plus honnête.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce couvre l’Indo-Pacifique tropical, de Madagascar et de l’Afrique de l’Est jusqu’à l’Indonésie, aux Philippines, au Japon et à l’Australie. À Bali, GBIF ne compte aucune occurrence géolocalisée de Porites lutea au moment de cette vérification. Le genre, lui, est bien documenté. Une étude indonésienne de 2016 a mesuré la croissance de cinq colonies de Porites prélevées à Nusa Penida. GBIF recense aussi d’autres Porites, branchus, autour de l’île.

Cherchez-le dans les milieux abrités qu’il affectionne : pentes d’arrière-récif, pâtés coralliens, baies, lagons et récifs frangeants. WoRMS le dit plus abondant de la surface à 15 m environ, et SeaLifeBase le signale jusqu’à 59 m. Fixé, il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Porites lutea est zooxanthellé : des microalgues photosynthétiques vivent en symbiose dans ses tissus. Sa croissance est lente. À Nusa Penida, les cinq colonies de Porites étudiées grandissaient de 0,9 à 1 cm par an. Le squelette dépose chaque année une paire de bandes de densité différente, lues comme les cernes d’un arbre. À ce rythme, un dôme d’un mètre de haut représente environ un siècle de croissance.

Pour se reproduire, la colonie libère ses gamètes dans sa cavité gastrique puis les expulse par la bouche. La larve qui en naît, la planula, dérive dans le plancton avant de se fixer et de fonder une nouvelle colonie. Des fragments arrachés peuvent aussi survivre et repartir. En très faible profondeur, le sommet de la colonie meurt quand il atteint la surface, tandis que le pourtour continue de croître : c’est le micro-atoll.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC) ; SeaLifeBase date cette évaluation du 26 octobre 2023. Elle figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international. Le blanchissement reste sa menace principale. À Palau, SeaLifeBase rapporte un blanchissement modéré et une mortalité estimée entre 10 et 40 %.

Bien l’observer et la photographier

Approchez-vous lentement, à l’horizontale, et inspectez sa surface à quelques dizaines de centimètres. Ne vous posez jamais dessus, même s’il paraît aussi dur qu’un rocher : sous la mince couche de polypes vivants, chaque coup de palme ou point d’appui détruit une croissance de plusieurs années.

En photo, montrez l’échelle : un plongeur en arrière-plan, à bonne distance, fait comprendre la taille d’une colonie séculaire. Pour le détail, une macro rasante révèle le grain des corallites. Si vous voulez préciser l’espèce, photographiez la surface de près et à plusieurs endroits, puis comparez avec les fiches de Corals of the World.

Sources