Fiche n° 1043 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corallimorphe

Rhodactis spp.

Asie Tulamben Nusa Penida Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corallimorphe/

Corallimorphe (Rhodactis spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Polype en disque, sans squelette calcaire, fixé à un support dur par une colonne très courte.
  • Bouche saillante au centre du disque, alors qu'elle est rentrée chez les anémones de mer.
  • Tentacules très courts et ramifiés, disposés en rangées qui rayonnent depuis la bouche.
  • Chez Rhodactis rhodostoma, tentacules du bord plus longs, un sur deux, et plus sombres que les autres.
  • Polypes serrés en tapis de clones sur le corail mort ou les blocs, plutôt qu'isolés.

Noms

Nom usuel
Corallimorphe
Nom scientifique
Rhodactis spp.
Autres noms
Corallimorphaire · Red-mouth mushroom anemone (Rhodactis rhodostoma)

Distribution géographique

Mer Rouge et Indo-Pacifique tropical pour Rhodactis rhodostoma, l'espèce du genre la plus signalée. À Bali, observations validées (GBIF, iNaturalist) à Tulamben, Seraya, Kuanji, Padangbai, Nusa Penida et Menjangan ; Rhodactis inchoata y est aussi signalé à Tulamben et Nusa Penida.

Zones : Tulamben · Nusa Penida · Menjangan — Asie

Biotope

Platiers et bords de récif peu profonds, sur corail mort, blocs et roche, parfois sur des éponges encroûtantes. À Eilat, R. rhodostoma abonde sur le platier interne et manque au-delà de 3 m sur la pente.

Repères pour le plongeur

Ce corallimorphe sans squelette forme des tapis de disques à bouche saillante sur le corail mort des récifs de Tulamben, Nusa Penida et Menjangan. Observez-le à distance : il gagne du terrain sur les coraux, pas sur vos doigts.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Les corallimorphaires abritent en général des zooxanthelles (algues symbiotiques photosynthétiques) dans leurs tentacules ; régime détaillé de Rhodactis non documenté dans les sources consultées.

Reproduction

Clonage toute l'année par fission longitudinale, bourgeonnement inverse et bourgeonnement marginal (environ 9 % des polypes par mois à Eilat). Sexes séparés ; ponte annuelle en juin-juillet en mer Rouge, jusqu'à 3 000 œufs de 0,5 mm par femelle.

Conservation

Non évalué (UICN)

Rhodactis rhodostoma n'est pas évalué (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase (version 2025-2). Aucune protection propre au genre trouvée pour Bali. Ses tapis peuvent s'étendre au détriment des coraux durs après une perturbation du récif.

Espèces ressemblantes

  • Anémone oreille d'éléphant (Amplexidiscus fenestrafer) : autre corallimorphe, bien plus grande (30 cm en moyenne), avec un anneau blanc sans tentacules sur le bord du disque.
  • Discosoma : corallimorphes de 2 à 3 cm, au disque lisse bordé de petites vésicules.
  • Anémones à tapis (Stichodactyla) : vraies anémones, à disque épais, tentacules disposés en cercles et bouche non saillante.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corallimorphe n’est pas une plante : c’est un animal, un cnidaire de l’ordre des Corallimorpharia, famille des Discosomidae. Proche des coraux durs, il n’a pourtant aucun squelette : un disque charnu, fixé au support par une colonne très courte. Le genre Rhodactis compte sept espèces valides selon WoRMS. À Bali, la plus signalée est Rhodactis rhodostoma, celle de la photo, prise à Oman.

Regardez d’abord le centre du disque. La bouche y est saillante, en petit cône, alors qu’elle est rentrée chez les anémones de mer. Les tentacules sont minuscules, ramifiés, et rangés en lignes qui rayonnent depuis la bouche, ce qui donne au disque un aspect velouté. Chez R. rhodostoma, un tentacule sur deux du bord est un peu plus long et plus sombre. Au Gujarat, les disques mesurés faisaient 3 à 3,5 cm, verts clairs avec des tentacules bruns. Les mâles sont plus petits que les femelles.

Plusieurs voisins prêtent à confusion. L’anémone oreille d’éléphant (Amplexidiscus fenestrafer), autre corallimorphe, atteint 30 cm en moyenne et porte un anneau blanc sans tentacules sur son bord. Les Discosoma ont un disque de 2 à 3 cm, bordé de petites vésicules. Les anémones à tapis (Stichodactyla), de vraies anémones, ont un disque plus épais, des tentacules en cercles et une bouche rentrée.

Où et quand l’observer à Bali

Les observations validées de Rhodactis à Bali, réunies par le GBIF, viennent toutes de la côte est et des îles : Tulamben (dont le Coral Garden), Seraya et Kuanji juste à côté, Padangbai, la côte nord de Nusa Penida (Ped, Sental) et Menjangan, au site des Bat Caves. Sur 24 données, 22 concernent R. rhodostoma et 2 R. inchoata, à Tulamben et Ped.

Cherchez-le peu profond. En mer Rouge, il couvre le platier interne et manque sur la pente au-delà de 3 m. En Inde, on le trouve sur le platier, en bord de récif et dans les cuvettes de marée. Il se pose sur le corail mort, les blocs et même sur des éponges encroûtantes. Aucune saison n’est documentée : le tapis reste en place toute l’année.

Biologie et comportement

Les corallimorphaires logent en général des zooxanthelles, algues symbiotiques qui leur fournissent une partie de leur énergie par photosynthèse. R. rhodostoma est surtout un colonisateur. Il se clone toute l’année par fission, par bourgeonnement inverse et par bourgeonnement du bord. À Eilat, environ 9 % des polypes se divisent chaque mois, si bien qu’une colonie double en un an.

La reproduction sexuée existe aussi. Les sexes sont séparés : les femelles occupent le centre des tapis, les mâles et les polypes stériles le bord. En mer Rouge, la ponte a lieu en juin-juillet, et chaque femelle peut libérer environ 3 000 œufs de 0,5 mm. Les tentacules marginaux servent d’armes contre les coraux voisins dans la compétition pour l’espace. Après une marée basse catastrophique en 1970, l’espèce a remplacé les coraux durs sur une partie du platier d’Eilat.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que R. rhodostoma n’est pas évalué (NE) par l’UICN, version 2025-2. Aucune réglementation propre à ce genre n’a été trouvée pour Bali. Les chercheurs voient plutôt dans son extension un signe de récif perturbé, parfois associé à des eaux plus chargées en nutriments.

Bien l’observer et la photographier

Inutile de descendre : explorez les zones de corail mort entre 0 et quelques mètres, en fin de plongée ou au palier. En macro, cadrez de face pour montrer la bouche saillante et la frange de tentacules plus sombres du bord, les deux critères qui le séparent d’une anémone. Restez au-dessus du fond, sans poser la main ni la palme, et ne prélevez rien.

Sources