Fiche n° 1044 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthide

Zoanthus spp.

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-zoanthide/

Zoanthide (Zoanthus spp.)
Photo : Ahmed Abdul Rahman — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Tapis de petits polypes serrés, chacun semblable à une minuscule anémone, reliés à la base par un tissu commun encroûtant.
  • Tentacules courts, tous rangés en couronne au bord du disque oral.
  • Polypes de quelques millimètres de diamètre : 4 à 8 mm en moyenne selon les populations mesurées en Afrique du Sud.
  • Tissu lisse et charnu, sans grains de sable incrustés, à la différence des Palythoa.
  • Disque oral souvent coloré, parfois à centre vert ; la couleur varie beaucoup et ne suffit pas à nommer l'espèce.

Noms

Nom usuel
Zoanthide
Nom scientifique
Zoanthus spp.
Autres noms
Zoanthaire · Button polyps · Zoas

Distribution géographique

Mers tropicales et subtropicales ; Zoanthus sansibaricus est répandu dans tout l'Indo-Pacifique. À Bali, les observations publiées sur GBIF concernent surtout Z. sansibaricus, sur la côte sud (baie de Jimbaran, Tabanan, Medahan), au nord-est (Baturinggit, district de Kubu) et à Semaya, sur la côte est de Nusa Penida.

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Rochers et platiers côtiers peu profonds, zone de balancement des marées comprise ; Z. sansibaricus vit aussi plus bas sur le récif, jusqu'à 26 m à Okinawa.

Profondeur : 0 – 26 m

Repères pour le plongeur

Le zoanthide forme des tapis de petits polypes colorés sur les rochers et platiers peu profonds de Bali. Observez-le sans le toucher : d'autres zoanthaires très proches, les Palythoa, peuvent contenir de la palytoxine.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Énergie fournie en grande partie par des algues symbiotiques (Symbiodiniaceae) logées dans les tissus, complétée par la capture de plancton et de particules.

Reproduction

Asexuée par bourgeonnement : les nouveaux polypes restent reliés à la colonie. Sexuée par ponte : chez Z. sansibaricus au Japon, polypes mâles, femelles et asexués coexistent dans une même colonie et pondent à la mi-juillet, en phase avec la lune ; la larve planula vit dans le plancton avant de se fixer.

Conservation

Non évalué (UICN)

Zoanthus sansibaricus n'est pas évalué (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Fragile face au réchauffement : à Okinawa, des colonies transplantées vers une eau plus lumineuse ont blanchi puis sont mortes (étude de 2021).

Espèces ressemblantes

  • Palythoa (famille des Sphenopidae) : autres zoanthaires en tapis, dont le tissu est incrusté de sable et de sédiment, d'aspect plus terne ; certaines espèces contiennent de la palytoxine.
  • Corallimorphe (Rhodactis spp.) : polypes isolés bien plus larges (disque de 3 cm environ), couverts de tentacules minuscules jusqu'au centre — voir fiche liée.
  • Briareum (Briareum spp.) : corail mou en tapis encroûtant, mais aux polypes plumeux — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le zoanthide n’a rien d’une plante : c’est un animal, un cnidaire de l’ordre des Zoantharia, cousin des coraux et des anémones. Le genre Zoanthus, famille des Zoanthidae, compte 22 espèces valides selon WoRMS. À Bali, presque toutes les observations publiées sur GBIF concernent Zoanthus sansibaricus, le zoanthaire violet des anglophones ; Z. vietnamensis y est aussi signalé, avec prudence.

Cherchez un tapis de polypes serrés, chacun pareil à une anémone miniature, posés sur une base commune qui encroûte la roche. Les tentacules, courts, sont tous rangés en couronne au bord du disque. Les polypes ne mesurent que quelques millimètres : en Afrique du Sud, trois formes ont été distinguées, de 4,3, 5,7 et 8,4 mm de diamètre en moyenne. Le disque oral est souvent vivement coloré, parfois avec un cœur vert.

Ne cherchez pas à nommer l’espèce à la couleur. Les études génétiques de Reimer et de ses collègues au Japon ont montré que des « espèces » décrites d’après leur aspect n’en formaient qu’une, et que la morphologie seule ne suffit pas. Sous l’eau, on s’en tient donc au genre.

La confusion la plus courante est avec les Palythoa, autres zoanthaires en tapis, de la famille des Sphenopidae. Leur tissu est incrusté de sable et de sédiment, ce qui leur donne un aspect plus mat ; celui des Zoanthus reste lisse. Les corallimorphes ont des polypes isolés, bien plus larges, et le Briareum des polypes plumeux.

Où et quand l’observer à Bali

Le zoanthide est d’abord une espèce de bord de mer. Les observations validées sur GBIF viennent de la côte sud (baie de Jimbaran, Tabanan, plage de Medahan), de Baturinggit dans le district de Kubu, au nord-est, et de Semaya, sur la côte est de Nusa Penida, jusqu’en bordure de mangrove. Aucune donnée publiée ne le situe précisément à Tulamben, Amed ou Menjangan.

SeaLifeBase le donne entre 0 et 8 m. Il colonise les rochers et les platiers que la marée basse découvre parfois, mais il descend aussi plus bas : à Okinawa, une étude a suivi des colonies à 26 m. Aucune saison particulière n’est documentée à Bali ; les colonies restent en place toute l’année.

Biologie et comportement

Comme les coraux, le zoanthide héberge des algues symbiotiques, les Symbiodiniaceae, qui lui fournissent une large part de son énergie par photosynthèse. Il complète en capturant plancton et particules. Les colonies grandissent par bourgeonnement, les nouveaux polypes restant reliés aux anciens.

Il se reproduit aussi par ponte. Au Japon, Z. sansibaricus porte dans une même colonie des polypes mâles, femelles et asexués, qui pondent ovules et spermatozoïdes à la mi-juillet, en phase avec la lune. La larve planula dérive dans le plancton puis se fixe sur le fond.

Statut et protection

SeaLifeBase indique que Z. sansibaricus n’est pas évalué (NE) par l’UICN, version 2025-2 de la liste rouge. Aucune réglementation propre au genre n’a été trouvée pour Bali. L’espèce reste sensible au réchauffement : à Okinawa, des colonies de profondeur déplacées vers une eau plus lumineuse ont blanchi puis sont mortes, sans changer d’algues symbiotiques. En Inde, Z. sansibaricus était le zoanthaire le plus chargé en microplastiques parmi les trois espèces étudiées.

Bien l’observer et la photographier

Les plus belles colonies se trouvent souvent à faible profondeur : en snorkeling ou au palier, explorez les rochers du bord. Cadrez en macro, de face, pour montrer la couronne de tentacules et le disque coloré, puis un plan plus large pour le tapis. Approchez lentement, palmes hautes, pour ne pas soulever le sédiment qui voilerait la photo.

Ne touchez pas les colonies. Les Zoanthus testés aux États-Unis se sont révélés peu ou pas toxiques, mais les Palythoa voisines, qu’on distingue mal sous l’eau, contenaient de la palytoxine, l’une des substances non protéiques les plus toxiques connues. Ne marchez pas sur les platiers à marée basse : vous écraseriez les polypes.

Sources