Fiche n° 1053 · Faune · Requins & raies

Requin gris de récif

Carcharhinus amblyrhynchos

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-requin-gris-de-recif/

Requin gris de récif (Carcharhinus amblyrhynchos)
Photo : João D'Andretta — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Requin fuselé de 1,5 à 2 m, dos gris ou gris bronze, ventre blanc.
  • Large bande noire sur tout le bord arrière de la nageoire caudale, le critère décisif.
  • Dessous des pectorales et des pelviennes à pointe et bord arrière noirs ; seconde dorsale et anale presque entièrement sombres.
  • Première dorsale arrondie, sans pointe noire, parfois liserée de blanc à son sommet.
  • Museau arrondi assez long, grands yeux ronds, pectorales longues et en faux.

Noms

Nom usuel
Requin gris de récif
Nom scientifique
Carcharhinus amblyrhynchos
Autres noms
Requin à queue noire · Requin dagsit · Grey reef shark
Synonymes
Carcharias amblyrhynchos · Carcharias nesiotes · Galeolamna fowleri · Galeolamna tufiensis · Galeolamna coongoola

Distribution géographique

Mer Rouge, océan Indien tropical et Pacifique tropical ouest et central. En Égypte, GBIF recense des observations au large d'Hurghada, aux Brothers, à Daedalus, à Elphinstone (Marsa Alam), plus au sud jusque vers 23,6° N, et dans le détroit de Tiran (Thomas Reef, Jackson Reef).

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Pentes externes des récifs, tombants, bords de récif et passes à fort courant, plus rarement les lagons. De la surface à environ 280 m.

Profondeur : 0 – 280 m

Repères pour le plongeur

Requin gris à large bord noir sur la caudale, que l'on croise surtout sur les tombants exposés au courant des récifs du large de la mer Rouge égyptienne. Ne le poursuivez pas : dos arqué et pectorales abaissées annoncent une attaque défensive.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des poissons de récif de moins de 30 cm (chirurgiens, poissons-papillons), aussi des calmars et des poulpes, plus rarement des crabes, langoustes et crevettes.

Reproduction

Vivipare placentaire : 1 à 6 petits par portée après environ 12 mois de gestation, de 45 à 60 cm à la naissance. Maturité des mâles vers 1,3 m.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 3 juillet 2020 selon FishBase. Menaces : pêche pour les ailerons et la farine de poisson, dégradation des récifs. Espèce à reproduction lente.

Espèces ressemblantes

  • Requin à pointes noires (Carcharhinus melanopterus) : plus petit, sommet de la première dorsale noir vif souligné de blanc, fréquente les eaux très peu profondes le long des plages.
  • Requin à pointes blanches (Carcharhinus albimarginatus) : toutes les nageoires bordées et terminées de blanc, plus massif.
  • Requin gris (Carcharhinus plumbeus) : première dorsale plus haute et crête entre les deux dorsales, sans bord noir sur la caudale.
  • Requin bordé (Carcharhinus limbatus) : première dorsale insérée juste en arrière des pectorales, sans liseré blanc.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

Le requin gris de récif est un requin fuselé et robuste, de 1,5 à 2 m le plus souvent. Il ne dépasse pas 2,55 m. Le dos est gris, parfois gris bronze, le ventre blanc. Le museau est arrondi et assez long, les yeux sont grands et ronds, et les pectorales, longues et pointues, ont une forme de faux.

Le critère décisif se lit sur la queue : une large bande noire borde tout l’arrière de la nageoire caudale. Le dessous des pectorales et des pelviennes est lui aussi terminé de noir, et la seconde dorsale et l’anale sont presque entièrement sombres. La première dorsale, en revanche, n’a pas de pointe noire. Elle est arrondie et porte parfois un fin liseré blanc à son sommet.

Ce détail suffit à le séparer du requin à pointes noires, plus petit, dont la première dorsale est coiffée d’une tache noire vive soulignée de blanc. Le requin à pointes blanches a toutes ses nageoires bordées de blanc. Le requin gris (Carcharhinus plumbeus), malgré son nom, a une dorsale plus haute, une crête entre les deux dorsales et pas de bord noir à la caudale.

Où et quand l’observer en Égypte

DORIS signale l’espèce en mer Rouge. Les données d’occurrence publiées sur GBIF la placent sur les récifs au large de la côte égyptienne : autour d’Hurghada, aux Brothers, à Daedalus, à Elphinstone près de Marsa Alam et plus au sud, jusque vers 23,6° N. Quelques signalements viennent aussi du détroit de Tiran, sur Thomas Reef et Jackson Reef. Une bonne part des données vient des récifs isolés du large, comme les Brothers.

Il fréquente les pentes externes, les tombants et les bords de récif balayés par le courant, et vient plus rarement dans les lagons. Il vit de la surface à environ 280 m, mais se rencontre en plongée le long des tombants. Aucune source consultée ne décrit de saison particulière en Égypte : on peut le croiser toute l’année.

Biologie et comportement

Il chasse surtout des poissons de récif de moins de 30 cm, ainsi que des calmars et des poulpes, plus rarement des crabes ou des langoustes. De jour, il se tient en groupes près des bords de récif, souvent au même endroit. La nuit, les groupes se dispersent pour chasser.

L’espèce est vivipare placentaire. Après environ 12 mois de gestation, la femelle donne naissance à 1 à 6 petits de 45 à 60 cm.

Face au plongeur, il est d’abord curieux : il s’approche à la mise à l’eau puis s’éloigne. Il est le premier requin chez qui une parade d’intimidation a été décrite. Il relève le museau, abaisse les pectorales, arque le dos et nage par saccades exagérées. Cette posture survient surtout quand on le suit ou qu’on le coince, et elle peut précéder une morsure défensive brève. La présence de nourriture, poisson blessé ou harponné, le rend nettement plus dangereux.

Statut et protection

FishBase indique que l’UICN classe l’espèce « En danger » (EN, critères A2bcd) depuis l’évaluation du 3 juillet 2020. La fiche DORIS affiche encore l’ancien statut « Quasi menacé » de 2009. Il souffre de la pêche pour ses ailerons et pour la farine de poisson, et de la dégradation des récifs.

Bien l’observer et la photographier

Restez près du tombant, stable, et laissez-le venir : il passe souvent à faible distance avant de repartir vers le bleu. Ne le poursuivez jamais et ne lui coupez pas la route vers le large. Si vous voyez le dos arqué, les pectorales abaissées et une nage saccadée, éloignez-vous calmement, face à lui, et cessez de le photographier. Un flash a déjà déclenché au moins une attaque pendant cette parade.

Pour l’identifier sur l’image, cadrez-le de profil ou légèrement par-dessous : la bande noire de la caudale et le dessous noir des pectorales sont alors bien lisibles. Ne participez à aucun nourrissage et ne plongez pas avec du poisson pêché.

Sources