Fiche n° 1169 · Faune · Poissons
Poisson-clown
Amphiprion latifasciatus
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/mayotte-faune-poisson-clown/
Clé d'identification
- Petit poisson trapu et comprimé, 13 cm au maximum, toujours au contact de son anémone.
- Dos noir ; museau, ventre et nageoires jaunes.
- Deux larges barres blanches verticales : la première derrière l'œil, la seconde au milieu du corps, plus large que la première.
- Nageoire caudale jaune et fourchue.
- Bout du museau parfois couvert d'un masque pâle ; juvénile avec une selle blanche sur le haut de la caudale.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-clown
- Nom scientifique
- Amphiprion latifasciatus
- Autres noms
- Poisson-clown de Madagascar · Clown de Madagascar · Madagascar anemonefish
Distribution géographique
Océan Indien occidental, uniquement dans l'archipel des Comores et à Madagascar. DORIS le dit visible à Mayotte et aux îles Éparses ; des observations validées sur iNaturalist, relayées par GBIF, le signalent notamment à Tsingoni, Acoua et Mtsamboro.
Zones : Lagon — Océan Indien
Biotope
Platiers, lagons et récifs externes riches en coraux, surtout dans les zones abritées, de 1 à 18 m selon DORIS (1 à 12 m selon FishBase), toujours associé à une anémone, de préférence l'anémone de Mertens (Stichodactyla mertensii).
Profondeur : 1 – 18 m
Repères pour le plongeur
Le poisson-clown du lagon de Mayotte : dos noir, ventre et nageoires jaunes, deux larges barres blanches et queue fourchue. Il vit dans une anémone, souvent celle de Mertens, entre 1 et 18 m.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Omnivore : petits invertébrés et algues.
Reproduction
Hermaphrodite protandre (mâle puis femelle). Le plus gros individu de l'anémone est la femelle, le deuxième le mâle reproducteur. Ponte de petits œufs fixés sur un rocher nettoyé par le mâle près de l'anémone ; le mâle garde et ventile les œufs.
Conservation
Préoccupation mineure (UICN)
Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon FishBase. Son aire de répartition est très restreinte (Comores et Madagascar).
Espèces ressemblantes
- Poisson-clown de Clark (Amphiprion clarkii) : trois larges bandes blanches et caudale en croissant ; à Mayotte, la troisième bande n'est pas toujours visible, seule la forme de la caudale tranche alors selon DORIS.
- Poisson-clown d'Allard (Amphiprion allardi) : deux barres aussi, mais la seconde est bien plus étroite que la première, et la caudale est claire et non fourchue.
- Poisson-clown de Maurice (Amphiprion chrysogaster) : corps sombre à trois barres étroites ; espèce des Mascareignes, non confirmée à Mayotte.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-clown de Madagascar est un petit poisson de la famille des Pomacentridés, celle des demoiselles. Il mesure 13 cm au maximum, et dans un même groupe la femelle est toujours plus grosse que le mâle. Son corps est court, haut et comprimé.
Le dos est noir. Le museau, le ventre et toutes les nageoires sont jaunes. Deux larges barres blanches verticales coupent le corps : la première juste en arrière de l’œil, la seconde au milieu du corps. C’est le critère décisif : la barre du milieu est plus large que celle de la tête. Son nom latin le rappelle, latifasciatus voulant dire « à larges bandes ». La queue est jaune et nettement fourchue. Le bout du museau porte parfois un masque pâle. Le juvénile a une petite selle blanche sur le haut de la caudale.
Le risque de confusion principal est le poisson-clown de Clark, qui a trois bandes blanches et une queue en croissant. DORIS précise qu’à Mayotte la troisième bande du clown de Clark n’est pas toujours visible : seule la forme de la caudale permet alors de trancher. Le poisson-clown d’Allard a aussi deux barres, mais la seconde est bien plus étroite que la première et sa caudale, claire, n’est pas fourchue.
Où et quand l’observer à Mayotte
Ce poisson-clown ne vit qu’aux Comores et à Madagascar. Mayotte est donc l’un des rares endroits au monde où vous pouvez le rencontrer, et DORIS le dit visible sur l’île comme aux îles Éparses. Les photos de la fiche DORIS ont été prises à N’Gouja et sur le site du Jardin japonais, à 12 m. Les observations validées par la communauté iNaturalist et reprises par GBIF le signalent aussi du côté de Tsingoni, d’Acoua et de Mtsamboro.
Cherchez-le sur les platiers et dans les zones riches en coraux du lagon, entre 1 et 18 m selon DORIS. FishBase le décrit surtout dans les secteurs abrités du lagon et des récifs externes. Comme il ne quitte jamais son anémone, il se voit toute l’année : repérez d’abord l’anémone, le poisson suit.
Biologie et comportement
Son hôte de prédilection est l’anémone de Mertens, Stichodactyla mertensii. DORIS l’a aussi photographié à Mayotte dans l’anémone collier de perles (Heteractis aurora) et dans l’anémone magnifique, et l’a vu ailleurs dans l’anémone bulle, quand ces anémones n’étaient pas déjà occupées par d’autres poissons-clowns.
Il ne craint pas les cellules urticantes : en se frottant peu à peu aux tentacules, il modifie son mucus, qui déclenche alors moins les nématocystes. L’anémone l’abrite des prédateurs ; lui en chasse les poissons-papillons, les poissons-anges et les balistes qui mangent ses tentacules. Omnivore, il se nourrit de petits invertébrés et d’algues.
Comme tous les Amphiprions, il est hermaphrodite protandre. Le plus gros poisson de l’anémone est la femelle, le deuxième le mâle reproducteur ; les autres restent des mâles immatures dont la croissance est freinée par leur rang. Le mâle nettoie un pan de rocher près de l’anémone, la femelle y pond, puis le mâle garde et ventile les œufs.
Statut et protection
L’UICN le classe en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 11 juillet 2022 selon FishBase. Son aire de répartition reste très petite, ce qui rend chaque population locale précieuse. Les sources consultées ne mentionnent pas de réglementation propre à cette espèce à Mayotte.
Bien l’observer et la photographier
Approchez-vous lentement, stabilisez-vous à distance de l’anémone et laissez le poisson revenir de lui-même : il défend son territoire et ne le quittera pas. Ne touchez jamais l’anémone, n’y glissez ni main ni caméra, et gardez vos palmes loin des coraux du platier, souvent très peu profond.
Pour l’identifier à coup sûr, cadrez-le de profil, queue déployée : la largeur de la barre du milieu et la caudale fourchue le distinguent du clown de Clark. DORIS note qu’une vue de face, qui masque ces deux critères, prête facilement à confusion. Si un couple garde une ponte, éloignez-vous plutôt que de prolonger la séance photo.