Fiche n° 1376 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail de feu

Millepora spp.

Asie Puerto Galera Anilao Dauin Tubbataha

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-flore-corail-de-feu/

Corail de feu (Millepora spp.)
Photo : Thomas Le Berre — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie dure et calcaire, en lames dressées, en branches aplaties ou en croûte, qui ressemble à un corail mais appartient aux hydrozoaires.
  • Teinte jaune, ocre ou brun clair, avec des bords et des extrémités de croissance blancs.
  • Surface lisse percée de pores minuscules, sans les calices en relief des coraux durs.
  • De près, fins polypes translucides dressés comme un duvet au-dessus du squelette.
  • Pousse sur le haut des récifs et les pentes exposées au courant, souvent à faible profondeur.

Noms

Nom usuel
Corail de feu
Nom scientifique
Millepora spp.
Autres noms
Corail de feu en plaques · Corail de feu ramifié · Fire coral

Distribution géographique

Récifs tropicaux de l'Indo-Pacifique et de l'Atlantique. Aux Philippines, GBIF signale Millepora tenera, M. dichotoma, M. platyphylla, M. intricata et M. exaesa ; les observations publiées se concentrent à Puerto Galera (Coral Garden, Shipyard, San Antonio), dans la province de Batangas autour d'Anilao et en Negros Oriental. À Tubbataha, les coraux de feu ont été les plus touchés par le blanchissement de 2024.

Zones : Puerto Galera · Anilao · Dauin · Tubbataha — Asie

Biotope

Récifs peu profonds : platiers, crêtes et haut des pentes exposées au courant ; de 2 à 30 m environ selon les espèces (SeaLifeBase).

Profondeur : 2 – 30 m

Repères pour le plongeur

Le corail de feu est un hydrozoaire urticant, ocre à bords blancs, très présent sur le haut des récifs philippins, de Puerto Galera à Tubbataha. Ne le touchez pas : la brûlure dure des heures ; rincez au vinaigre en cas de contact.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plancton capturé par les polypes urticants et digéré par les polypes nourriciers ; complément fourni par les algues symbiotiques (zooxanthelles).

Reproduction

Alternance de générations : la colonie fixée libère de minuscules méduses, formées dans des ampoules du squelette, qui portent les gamètes ; la larve issue de la fécondation se fixe et fonde une nouvelle colonie.

Conservation

En danger (UICN)

Les cinq espèces signalées aux Philippines sur GBIF (M. dichotoma, M. exaesa, M. intricata, M. platyphylla, M. tenera) sont classées En danger (EN) sur la liste rouge de l'UICN ; SeaLifeBase date du 11 juillet 2022 l'évaluation de M. platyphylla et M. dichotoma. Tous les Milleporidés sont inscrits à l'annexe II de la CITES. Aux Philippines, la section 96 du Code des pêches (RA 10654) interdit l'exploitation et l'exportation des coraux.

Espèces ressemblantes

  • Autres coraux de feu (Millepora dichotoma, M. tenera, M. intricata, M. exaesa) : plusieurs espèces vivent aux Philippines ; on les sépare par la forme de la colonie, souvent sans certitude sous l'eau.
  • Acropores tabulaires et branchus (Acropora spp.) : vrais coraux durs, dont la surface montre des calices en relief et non de simples pores — voir fiches liées.
  • Corail bleu (Heliopora coerulea) : autre bâtisseur de récif que le bilan de Tubbataha range avec Millepora parmi les « coraux de feu » ; les critères qui les séparent sont détaillés dans sa fiche — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement en « flore », le corail de feu est un animal. Ce n’est même pas un corail au sens strict : il appartient aux hydrozoaires, plus proches des hydraires et de certaines méduses que des coraux durs. WoRMS range le genre Millepora dans la famille des Milleporidae. Sa colonie bâtit pourtant un squelette calcaire qui participe au récif.

On le reconnaît à sa teinte jaune, ocre ou brun clair et à ses bords de croissance blancs. Sa surface est lisse et percée de pores minuscules. De près, un fin duvet de polypes translucides se dresse au-dessus du squelette : ce sont les polypes urticants. Les coraux durs, comme les acropores, montrent au contraire des calices bien visibles en relief.

La forme varie selon l’espèce et le courant : lames dressées soudées en alvéoles chez Millepora platyphylla, comme sur la photo de cette fiche prise aux Maldives, branches aplaties chez M. dichotoma, ou simple croûte sur la roche. Cinq espèces sont signalées aux Philippines, et les distinguer sous l’eau reste souvent impossible. Cette fiche traite donc du genre.

Où et quand l’observer aux Philippines

Sur GBIF, les spécimens et observations philippines de Millepora viennent en bonne part de Puerto Galera, sur Mindoro : Coral Garden, Shipyard, l’anse de San Antonio. D’autres proviennent de la province de Batangas, où se trouve Anilao, de Negros Oriental, autour de Dauin, et de Cebu. À Tubbataha, le bilan 2025 de l’UICN sur ce site du patrimoine mondial indique que les coraux de feu ont été les plus blanchis en 2024.

Il colonise les platiers, les crêtes et le haut des pentes exposées au courant, de 2 à 30 m environ. Fixé, il se voit toute l’année.

Biologie et comportement

La colonie se nourrit de plancton : les polypes urticants le capturent, les polypes nourriciers le digèrent. Elle héberge aussi des zooxanthelles, des algues qui lui fournissent une partie de son énergie par la lumière, et blanchit quand l’eau chauffe. Pour se reproduire, elle libère de minuscules méduses qui portent les gamètes. La larve issue de la fécondation se fixe et fonde une nouvelle colonie.

Statut et protection

Les cinq espèces signalées aux Philippines sont classées En danger (EN) sur la liste rouge de l’UICN. Tous les Milleporidés figurent à l’annexe II de la CITES. Aux Philippines, la section 96 du Code des pêches (RA 10654) interdit l’exploitation et l’exportation des coraux. En 2021, le bureau des pêches de la région des Visayas centrales a poursuivi deux trafiquants sur cette base, selon Maritime Review.

Bien l’observer et la photographier

Le danger vient du contact. Il provoque une brûlure immédiate qui peut durer plusieurs heures, puis des rougeurs, des cloques et de fortes démangeaisons. Le Divers Alert Network (DAN) conseille de rincer la zone au vinaigre ménager, à 5 % d’acide acétique, ou à défaut à l’eau de mer. Évitez l’eau douce non chauffée sur la peau. Laissez les cloques intactes. Consultez si la zone s’infecte, si une fièvre apparaît, ou en cas de nausées ou de gêne respiratoire.

Une combinaison longue protège bras et jambes. Réglez votre flottabilité avant d’arriver au récif et restez au-dessus des colonies, jamais en appui. Au grand-angle, le liseré blanc des colonies en plaques fait un beau premier plan. Pour le duvet de polypes, passez en macro et éclairez de côté, sans toucher.

Sources