Fiche n° 1378 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Acropore corne de cerf

Acropora muricata

Asie Tubbataha Coron

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-flore-acropore-corne-de-cerf/

Acropore corne de cerf (Acropora muricata)
Photo : Paul Muir — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie arborescente aux branches cylindriques, qui forme des buissons serrés pouvant dépasser 10 m de large.
  • Branches courtes et compactes en eau peu profonde, plus espacées et plus ouvertes en profondeur.
  • Corallite axial bien saillant au bout de chaque branche, entouré de corallites radiaires en petits tubes.
  • Couleur crème, brune ou bleue, avec des extrémités de branches plus pâles.
  • Souvent l'espèce dominante de son secteur, en peuplements presque purs sur les pentes et dans les lagons.

Noms

Nom usuel
Acropore corne de cerf
Nom scientifique
Acropora muricata
Autres noms
Corail corne de cerf · Corail staghorn · Staghorn coral
Synonymes
Acropora formosa (Dana, 1846) · Millepora muricata Linnaeus, 1758 · Acropora copiosa Nemenzo, 1967 · Acropora varia Nemenzo, 1967 · Madrepora formosa Dana, 1846

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge au Pacifique central ; absent de l'Atlantique. Aux Philippines, GBIF publie des relevés à Tubbataha et à Coron (Calis Point), ainsi qu'à Palawan, Cebu, Bolinao et dans la mer de Sulu ; deux de ses synonymes ont été décrits par le Philippin Nemenzo.

Zones : Tubbataha · Coron — Asie

Biotope

Pentes récifales et lagons, y compris en eau trouble et dans les zones de courant ; entre 5 et 30 m le plus souvent, parfois presque en surface.

Profondeur : 0.5 – 30 m

Repères pour le plongeur

Corail branchu en grands buissons crème, bruns ou bleutés aux pointes pâles, documenté aux Philippines à Tubbataha et à Coron. Classé « En danger » par l'UICN : ne posez ni main ni palme sur ses branches cassantes.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Énergie fournie surtout par les zooxanthelles, algues symbiotiques logées dans ses tissus, d'où sa préférence pour les eaux éclairées.

Reproduction

Colonie de polypes qui bâtissent un squelette commun ; les sources consultées ne détaillent pas son mode de reproduction.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (évaluation publiée en 2024), population jugée en déclin. Inscrit à l'annexe II de la CITES. Aux Philippines, la section 96 du Code des pêches (RA 10654) interdit l'exploitation et l'exportation des coraux.

Espèces ressemblantes

  • Acropora intermedia : autre Acropora branchu de grande taille, dont les corallites radiaires forment une surface rugueuse comme une râpe.
  • Acropora teres, A. abrolhosensis, A. grandis : formes branchues proches citées par Corals of the World ; la distinction demande l'examen des corallites.
  • Corail corne de cerf des Caraïbes (Acropora cervicornis) : nom français voisin dans DORIS, mais espèce de l'Atlantique, absente des Philippines.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement dans la « flore » du site, l’acropore corne de cerf est un animal : une colonie de polypes de la famille des Acroporidae, dans l’ordre des scléractiniaires, les coraux durs bâtisseurs de récifs. Son nom valide est Acropora muricata, décrit par Linné en 1758. Les guides l’ont longtemps appelé Acropora formosa, un nom que WoRMS range aujourd’hui parmi ses synonymes, comme A. copiosa et A. varia, décrits en 1967 par le Philippin Nemenzo. DORIS n’a pas de fiche pour cette espèce.

La colonie est arborescente, faite de branches cylindriques qui s’entrecroisent en buissons serrés. Corals of the World signale des peuplements d’une seule espèce de plus de 10 m de large. La forme change avec la profondeur : près de la surface, les branches restent courtes et compactes ; plus bas, la colonie s’ouvre. Au bout de chaque branche, un corallite axial dépasse nettement, entouré de corallites radiaires en petits tubes. La couleur va du crème au brun ou au bleu, et les pointes sont presque toujours plus claires. La photo de cette fiche a été prise dans le détroit de Torrès, en Australie.

Plusieurs acropores branchus lui ressemblent : A. teres, A. abrolhosensis, A. grandis, ou A. intermedia, aux corallites radiaires rugueux comme une râpe. Corals of the World décrit d’ailleurs A. muricata comme un complexe d’espèces. Une photo prise en plongée ne suffit pas toujours à trancher.

Où et quand l’observer aux Philippines

L’espèce couvre l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge au Pacifique central. Aux Philippines, GBIF publie une soixantaine de relevés. Ils viennent notamment de Tubbataha, au cœur de la mer de Sulu, et de Coron, à Calis Point, mais aussi de Palawan, de Cebu et de Bolinao, au nord de Luçon. Les données publiques restent donc minces pour les autres sites de plongée : l’espèce y est probable, mais nous ne l’affirmons pas faute de source.

Elle fréquente les pentes récifales et les lagons, y compris en eau trouble et dans le courant, le plus souvent entre 5 et 30 m. Fixée, elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Comme les autres coraux bâtisseurs, A. muricata vit en symbiose avec des zooxanthelles. Logées dans ses tissus, ces algues lui fournissent par photosynthèse l’essentiel de son énergie. Quand l’eau chauffe trop, le corail les expulse et blanchit. À Tubbataha, le bilan 2025 de l’UICN signale un blanchissement d’Acropora fin 2023 près de la station des gardes. Les sources consultées ne détaillent pas son mode de reproduction.

Commun et souvent dominant selon Corals of the World, il structure le paysage là où il forme ses buissons.

Statut et protection

L’UICN classe Acropora muricata « En danger » (EN) depuis une évaluation publiée en 2024, avec une population jugée en déclin. L’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES. Aux Philippines, la section 96 du Code des pêches (RA 10654) interdit l’exploitation et l’exportation des coraux. Tubbataha est une zone sans pêche.

Bien l’observer et la photographier

Ses branches cassent net au moindre choc. Approchez par le haut, en flottabilité neutre, et gardez les palmes à l’horizontale au-dessus des buissons. Ne vous accrochez jamais à une branche pour lutter contre le courant.

Au grand-angle, un buisson vu en légère contre-plongée rend bien l’architecture de la colonie. Pour l’identification, faites un gros plan de l’extrémité d’une branche, avec le corallite axial et les radiaires, éclairé de côté.

Sources