Fiche n° 1392 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthaire palythoa

Palythoa spp.

Asie Anilao Dauin Bohol Coron

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/philippines-flore-zoanthaire-palythoa/

Zoanthaire palythoa (Palythoa spp.)
Photo : James Reimer, Angelo Poliseno, Bert Hoeksema — CC BY 4.0 — source

Clé d'identification

  • Tapis charnu et encroûtant, sans squelette dur, où de petits polypes courts sont à moitié noyés.
  • Polypes d'environ 8 mm (P. tuberculosa), à disque aplati bordé d'une couronne de tentacules courts, souvent rétractés le jour.
  • Teintes ternes : crème, beige, brun, gris bleuté, parfois verdâtre.
  • Dans les endroits abrités, la surface est souvent couverte ou incrustée de sable ; sur les parois nettes, les colonies sont plus grandes et propres.
  • Pas de calices calcaires, ce qui le sépare des coraux durs encroûtants.

Noms

Nom usuel
Zoanthaire palythoa
Nom scientifique
Palythoa spp.
Autres noms
Palythoa · Zoanthaire caoutchouteux · Rubbery zoanthid · Sea mat · Pillow zoanthid
Synonymes
Protopalythoa Verrill, 1900 · Palythoa caesia Dana, 1846 (= P. tuberculosa)

Distribution géographique

Genre présent sur les récifs tropicaux du monde entier. Aux Philippines, GBIF compte une soixantaine d'occurrences, dont une majorité de Palythoa tuberculosa et quelques P. heliodiscus, avec des observations à Anilao, Bohol, Coron et Dauin.

Zones : Anilao · Dauin · Bohol · Coron — Asie

Biotope

Zones très peu profondes : platiers récifaux, haut des récifs et côtes rocheuses battues, depuis la zone de balancement des marées jusqu'à une vingtaine de mètres.

Profondeur : 0 – 20 m

Repères pour le plongeur

Tapis brunâtre ou gris de petits polypes à demi enfoncés, souvent saupoudré de sable, sur les platiers et le haut des récifs d'Anilao, Dauin, Bohol ou Coron. Certaines Palythoa contiennent de la palytoxine : regardez sans toucher.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe : les algues symbiotiques (zooxanthelles) de ses tissus lui fournissent des nutriments, et les polypes capturent aussi de petites particules.

Reproduction

Chez Palythoa tuberculosa, ponte la première semaine après chaque pleine lune, de juin à août, après le réchauffement de l'eau (Polak et al., 2011). Les colonies s'étendent aussi par bourgeonnement. Aucune donnée propre aux Philippines n'a été trouvée.

Conservation

Non évalué (UICN)

Palythoa tuberculosa n'est pas évaluée (NE) par l'UICN selon GBIF (consulté le 18 octobre 2026). Aucune protection propre au genre n'a été trouvée aux Philippines. Précaution : la palytoxine, présente chez certaines Palythoa, a causé des intoxications graves chez des aquariophiles qui manipulaient ou ébouillantaient des colonies.

Espèces ressemblantes

  • Zoanthus spp. : autres zoanthaires en tapis, au tissu lisse sans sable incrusté et aux couleurs souvent vives (vert, orange, rose).
  • Coraux durs encroûtants : la surface montre des calices calcaires rigides, absents chez le zoanthaire.
  • Corallimorphes (Discosoma) : disques isolés bien plus larges, sans tapis commun — voir fiche liée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Rangé dans la « flore » du site, le zoanthaire est un animal : une colonie de polypes de l’ordre des Zoantharia, cousins des anémones et des coraux, mais sans squelette calcaire. Les Palythoa forment un tapis charnu et caoutchouteux qui recouvre la roche. Les polypes, courts, y sont à moitié noyés.

Chaque polype porte un disque aplati bordé d’une couronne de petits tentacules. Chez Palythoa tuberculosa, l’espèce la plus signalée aux Philippines, le polype mesure environ 8 mm et les tentacules restent souvent rentrés le jour. Les couleurs sont ternes : crème, beige, brun, gris bleuté, plus rarement verdâtres.

Le milieu change l’aspect. Sur une paroi nette, la colonie grandit et reste propre. Dans un coin abrité, elle reste petite et se couvre de sable. Cette surface sableuse et mate la distingue des Zoanthus, au tissu lisse et aux couleurs vives. DORIS n’a pas de fiche pour les Palythoa indo-pacifiques ; seule une espèce des Caraïbes y est proposée. L’identification ici s’appuie sur WoRMS, GBIF et la littérature.

Où et quand l’observer aux Philippines

GBIF réunit une soixantaine d’occurrences de Palythoa aux Philippines, surtout des photos iNaturalist. P. tuberculosa domine, suivie de P. heliodiscus. Les observations se trouvent à Anilao, Bohol, Coron et Dauin, avec une mention isolée à Moalboal.

Cherchez-le dans peu d’eau, sur les platiers, le haut des récifs et les rochers battus, parfois même découvert à marée basse. Il descend jusqu’à une vingtaine de mètres. Fixé, il s’observe toute l’année. Distinguer les espèces entre elles demande un examen au microscope ou une analyse génétique : sur la photo, on reste au niveau du genre.

Biologie et comportement

Le zoanthaire héberge des algues microscopiques, les zooxanthelles, qui lui fournissent une part de sa nourriture grâce à la lumière. Il complète avec de petites particules captées par les tentacules. Chez P. tuberculosa, Polak et ses collègues ont observé en 2011 une ponte la première semaine après chaque pleine lune, de juin à août. La colonie s’étend aussi par bourgeonnement.

Le genre est connu pour la palytoxine, une toxine isolée pour la première fois à Hawaï. Toutes les Palythoa n’en contiennent pas, et la teneur varie beaucoup. En 2011, Deeds et ses collègues ont mesuré jusqu’à 3,5 mg de toxine par gramme dans une Palythoa vendue en animalerie aux États-Unis, alors que d’autres zoanthaires testés étaient peu ou pas toxiques.

Statut et protection

Palythoa tuberculosa n’est pas évaluée par l’UICN (NE), selon GBIF consulté le 18 octobre 2026. Aucune protection propre au genre n’a été trouvée aux Philippines.

Côté sécurité, les intoxications décrites concernent surtout des aquariophiles. L’un a fait une grave réaction respiratoire en ébouillantant des colonies. Un autre, en 2015, a passé une semaine à l’hôpital après avoir nettoyé un zoanthaire à l’eau chaude. La peau, les yeux et l’inhalation sont les voies d’exposition décrites. Sous l’eau, le risque vient surtout d’un contact avec une plaie ou les yeux.

Bien l’observer et la photographier

Ne touchez pas les colonies, ni à mains nues ni au gant, et ne vous frottez pas les yeux après un contact accidentel. Sur un platier, évitez de marcher ou de vous poser : vous écraseriez les polypes.

En photo, un plan rapproché de quelques polypes ouverts montre le disque et la couronne de tentacules. De nuit, les tentacules sont plus souvent déployés. Éclairez de biais pour faire ressortir le relief du tapis.

Sources