Fiche n° 1009 · Faune · Poissons

Poisson-scorpion

Scorpaenopsis oxycephala

Asie Tulamben Amed Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-faune-poisson-scorpion/

Poisson-scorpion (Scorpaenopsis oxycephala)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corps trapu posé sur le fond, tête massive au museau long et pointu, dos modérément bossu.
  • Chez l'adulte, nombreux lambeaux de peau formant une « barbe » autour de la bouche et sous la tête.
  • Livrée marbrée très variable, brun-rouge à orangé, avec des taches blanches ; souvent une zone triangulaire sombre sous l'œil qui gagne la joue.
  • Crête osseuse au-dessus de l'arrière de l'œil, formée par la fusion des épines sus- et post-oculaires.
  • Dorsale à 12 épines et 9 rayons mous, la troisième épine la plus longue et la première nettement plus courte que la deuxième.

Noms

Nom usuel
Poisson-scorpion
Nom scientifique
Scorpaenopsis oxycephala
Autres noms
Poisson-scorpion à houppes · Rascasse à houppes · Tassled scorpionfish · Smallscale scorpionfish
Synonymes
Scorpaena oxycephala · Scorpaena oxycephalus · Scorpaenopsis oxycephalus

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique du Sud jusqu'aux îles Mariannes, au nord jusqu'à Taïwan. À Bali, des observations sont recensées (GBIF) sur la côte nord-est, de Tulamben à Amed, et autour de Nusa Penida.

Zones : Tulamben · Amed · Nusa Penida — Asie

Biotope

Pentes externes des récifs et chenaux aux eaux claires, sur des fonds mêlant roche et corail, de 1 m à une quarantaine de mètres. Solitaire et immobile sur le fond, il se fond dans le décor.

Profondeur : 1 – 43 m

Repères pour le plongeur

Le poisson-scorpion à houppes se confond avec la roche et le corail des récifs de Bali : cherchez l'œil et la barbe de lambeaux. Ses épines sont venimeuses, gardez les mains et les palmes loin du fond.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Prédateur à l'affût : petits poissons et crustacés benthiques ; FishBase cite aussi des oursins et des mollusques parmi ses proies.

Reproduction

Ovipare ; les œufs seraient libérés en pleine eau. Biologie de la reproduction peu documentée.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 4 mars 2015 selon FishBase. Aucune protection particulière connue en Indonésie.

Espèces ressemblantes

  • Poisson-scorpion diable (Scorpaenopsis diabolus) : profil nettement bossu et face interne des pectorales orange barrée de blanc, qu'il dévoile quand il les déploie.
  • Poisson-grenouille géant (Antennarius commerson) : autre chasseur à l'affût camouflé, mais corps globuleux sans épines dorsales visibles et leurre sur le front.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le poisson-scorpion à houppes est une rascasse de la famille des Scorpaenidae. C’est la plus grande espèce de son genre : 30 cm en général, 36 cm au maximum selon FishBase. Son corps trapu repose sur le fond, son dos est modérément bossu et sa tête massive se prolonge par un museau long et pointu. Son nom latin le rappelle : oxycephala signifie « tête pointue ».

Le critère le plus sûr est la « barbe » de l’adulte : de nombreux lambeaux de peau frangés autour de la bouche et sous la tête, que DORIS décrit comme bien visibles. La livrée, très variable, mêle des marbrures brun-rouge ou orangées et des taches blanches. On note souvent une zone triangulaire plus sombre sous l’œil, qui s’étend sur la joue. Au-dessus de l’arrière de l’œil, les épines sus- et post-oculaires fusionnées forment une crête. La dorsale compte 12 épines et 9 rayons mous ; la troisième épine est la plus longue, la première bien plus courte que la deuxième. Les juvéniles sont plus élancés, avec une dorsale haute.

À Bali, la confusion la plus probable est le poisson-scorpion diable (Scorpaenopsis diabolus), au profil franchement bossu. Quand il déploie ses pectorales, il en montre la face interne orange barrée de blanc. Le poisson-grenouille géant, autre chasseur camouflé, se distingue par son corps globuleux et le leurre qu’il agite sur le front.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce occupe l’Indo-Pacifique ouest tropical, de la mer Rouge et de l’Afrique du Sud jusqu’aux îles Mariannes. Elle a d’ailleurs été décrite par Bleeker en 1849 à partir d’un spécimen de Jakarta. Sur GBIF, les observations balinaises se concentrent sur la côte nord-est, entre Tulamben et Amed, et autour de Nusa Penida, avec aussi quelques mentions près de Pemuteran et au large de Lombok.

FishBase la décrit sur les pentes externes des récifs et dans les chenaux, en eau claire, sur des fonds mêlant roche et corail. Fishes of Australia l’a relevée de 1 à 43 m. Aucune saisonnalité n’est documentée : sédentaire, on peut la rencontrer toute l’année. DORIS note que plusieurs photos de la mer Rouge ont été prises de nuit, entre 8 et 15 m.

Biologie et comportement

C’est un prédateur à l’affût, solitaire. Immobile sur le fond, il attend qu’une proie passe à portée. Il mange de petits poissons et des crustacés ; FishBase cite aussi des oursins et des mollusques parmi ses proies. Son activité est surtout nocturne. L’espèce est ovipare ; sa reproduction reste peu documentée.

Face au plongeur, il compte sur son camouflage et ne bouge pas. DORIS souligne qu’il n’est « pas facile » à repérer dans certaines situations. C’est là le danger : ses épines dorsales sont venimeuses, et FishBase le classe comme dangereux pour l’homme. En eau peu profonde, des baigneurs se blessent en marchant dessus. La piqûre provoque une douleur intense et un gonflement marqué.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 4 mars 2015. Elle est parfois prise à la chasse sous-marine ou comme prise accessoire des chaluts, et apparaît à l’occasion dans le commerce aquariophile. Elle ne bénéficie d’aucune protection particulière connue en Indonésie.

Bien l’observer et la photographier

Cherchez un œil ou une barbe de lambeaux au milieu d’un bloc de corail mort, plutôt qu’une silhouette de poisson. Avant de vous poser ou de vous stabiliser d’une main, regardez où vous la mettez : sur ces fonds mixtes, une roche peut être un poisson-scorpion. Restez en flottabilité neutre et gardez vos palmes au-dessus du fond.

L’animal reste en place, ce qui laisse le temps de cadrer. Un objectif macro ou un zoom moyen suffit, de face pour la barbe ou de profil pour la crête au-dessus de l’œil. Un éclairage latéral fait ressortir les reliefs de la peau. Ne le poussez pas pour qu’il ouvre ses nageoires, ne le déplacez pas et ne l’éblouissez pas longuement à la lampe la nuit.

Sources