Fiche n° 1034 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou lobophyton

Lobophytum spp.

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-mou-lobophyton/

Corail mou lobophyton (Lobophytum spp.)
Photo : Nhobgood Nick Hobgood — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie molle, encroûtante ou portée par un pied court et large, sans squelette rigide visible.
  • Surface supérieure couverte de lobes, de crêtes ou de doigts épais, y compris au centre de la colonie.
  • Polypes de deux types, souvent blancs : les grands portent huit tentacules, les petits restent à peine visibles.
  • Polypes entièrement rétractiles : colonie lisse et grenue quand ils sont rentrés.
  • Couleur jaune pâle, beige, brune ou verdâtre.

Noms

Nom usuel
Corail mou lobophyton
Nom scientifique
Lobophytum spp.
Autres noms
Devil's hand coral · Alcyonaire digité (L. pauciflorum)
Synonymes
Amocella

Distribution géographique

Eaux peu profondes de l'Indo-Pacifique tropical, mer Rouge comprise. À Bali, observé à Nusa Penida (Crystal Bay, Manta Point, Batu Mulapan) et signalé, sans identification confirmée, à Padangbai, Amed, Tulamben et Bali Barat.

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Récifs peu profonds bien éclairés, où ses algues symbiotiques peuvent assurer la photosynthèse ; il forme des tapis ou des massifs parmi les autres coraux mous et les coraux durs.

Repères pour le plongeur

Corail mou en lobes et en doigts épais hérissés de petits polypes blancs, fréquent sur les récifs peu profonds de Nusa Penida. Ne le touchez pas et maîtrisez vos palmes : ses tissus se déchirent facilement.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Colonie zooxanthellée : des algues symbiotiques logées dans ses tissus lui fournissent une part de son énergie par photosynthèse.

Reproduction

Sexes séparés (colonies mâles ou femelles) chez L. pauciflorum ; ponte annuelle après la pleine lune du printemps austral sur la Grande Barrière, larves nageuses en 48 h, fixées en une semaine environ.

Conservation

Non évalué (UICN)

Aucune évaluation UICN trouvée pour le genre ; L. crebriplicatum est « Non évalué » (liste rouge version 2025-2, selon SeaLifeBase), et non évalué à la CITES. À Nusa Penida, il vit dans l'aire marine protégée, où la plongée imprudente compte parmi les menaces identifiées.

Espèces ressemblantes

  • Corail cuir champignon (Sarcophyton spp.) : pied net et chapeau lisse aux bords repliés, sans doigts au centre ; grands polypes plus visibles.
  • Corail mou sinularia (Sinularia spp.) : branches ou doigts couverts d'un seul type de petits polypes.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le lobophyton est un animal : une colonie d’octocoralliaires, cousins des gorgones, de la famille des Sarcophytidae selon WoRMS. Le nom correct du genre est Lobophytum ; la graphie « Lobophyton » est fautive. Le genre compte une soixantaine d’espèces acceptées, et on ne peut pas les distinguer sous l’eau : l’identification à l’espèce passe par l’examen au microscope des sclérites, de minuscules spicules calcaires logés dans les tissus. Sur cette fiche, on reste donc au niveau du genre.

La colonie est encroûtante ou posée sur un pied court et large. Sa partie supérieure se couvre de lobes, de crêtes ou de doigts épais, parfois presque plats. Sa couleur va du jaune pâle au beige, au brun ou au verdâtre. Les polypes, souvent blancs, sont de deux types : de grands polypes à huit tentacules et d’autres, minuscules, qui passent presque inaperçus. Tous peuvent se rétracter entièrement, et la colonie prend alors un aspect lisse et grenu.

Deux voisins se confondent facilement avec lui. Le corail cuir champignon (Sarcophyton) a un pied bien distinct et un chapeau lisse dont les bords se replient ; ses grands polypes sont plus visibles. Le lobophyton, lui, porte des doigts jusqu’au centre de la colonie, et pas seulement sur les bords. Le Sinularia n’a qu’un seul type de petits polypes, répartis sur ses branches.

Où et quand l’observer à Bali

Le genre vit dans les eaux peu profondes de tout l’Indo-Pacifique tropical. À Bali, les observations validées sur iNaturalist et reprises par le GBIF se concentrent autour de Nusa Penida, sur des sites comme Crystal Bay, Manta Point ou Batu Mulapan. D’autres photos, dont l’identification n’a pas encore été confirmée par la communauté iNaturalist, viennent de Padangbai, d’Amed, de Tulamben et de Bali Barat : sa présence y est probable, mais pas encore attestée. Cherchez-le sur les platiers et les pentes récifales éclairés, car ses algues symbiotiques ont besoin de lumière. Comme tout corail, il est visible toute l’année.

Biologie et comportement

Le lobophyton héberge des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent une part de son énergie par photosynthèse. Chez Lobophytum pauciflorum, étudié sur la Grande Barrière, chaque colonie est soit mâle, soit femelle. La ponte a lieu une fois par an, quatre à cinq nuits après la pleine lune du printemps austral. Les larves nagent dans les 48 heures, puis se fixent au bout d’une semaine environ.

Il nourrit aussi d’autres animaux. Selon DORIS, l’ovule-ongle (Calpurnus verrucosus), petit gastéropode au manteau blanc taché de noir, broute ses polypes et pond sur sa face interne. La demoiselle noire (Neoglyphidodon melas) consomme également ce corail mou.

Statut et protection

Aucune espèce du genre n’a été trouvée sur la liste rouge de l’UICN. Lobophytum crebriplicatum y figure comme « Non évalué » (version 2025-2, selon SeaLifeBase), qui ne lui attribue pas non plus de statut CITES. À Nusa Penida, le récif fait partie d’une aire marine protégée. Le Coral Triangle Center y range la plongée et le snorkeling imprudents parmi les menaces.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment est celui où les polypes sont sortis : la colonie se couvre alors d’un duvet de petites étoiles blanches, comme sur la photo de cette fiche. Un frôlement suffit souvent à les faire rentrer. Approchez lentement, sans poser la main, et gardez vos palmes hautes, car une colonie molle se déchire facilement. Un objectif macro fait ressortir les huit tentacules. Si vous voyez un petit coquillage blanc moucheté de noir posé dessus, c’est sans doute l’ovule-ongle : photographiez-le sans le décrocher.

Sources