Fiche n° 1035 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou xenia

Xenia spp.

Asie Nusa Penida

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-mou-xenia/

Corail mou xenia (Xenia spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Animal colonial (octocoralliaire de la famille des Xeniidae), pas une algue : un tronc court et charnu se divise au sommet en branches terminées par des bouquets de polypes.
  • Polypes à tentacules plumeux, garnis de petites pinnules sur les côtés, qui donnent à la colonie un aspect de plumeau.
  • Chez beaucoup d'espèces, les tentacules s'ouvrent et se referment en rythme, 34 à 42 fois par minute en milieu naturel : c'est le critère le plus parlant sous l'eau.
  • Petites colonies (environ 5 × 7 × 12 cm pour les grandes colonies de Xenia umbellata mesurées en mer Rouge), qui peuvent couvrir des champs entiers de débris.
  • L'espèce ne se détermine pas en plongée : il faut examiner les sclérites au microscope.

Noms

Nom usuel
Corail mou xenia
Nom scientifique
Xenia spp.
Autres noms
Corail plume d'autruche · Corail à polypes battants · Pulse coral
Synonymes
Actinantha · Loridella · Wardella

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et mer Rouge. À Bali, le genre est attesté par des observations validées autour de Nusa Penida, dont Crystal Bay (2018, 2023 et 2024).

Zones : Nusa Penida — Asie

Biotope

Récifs coralliens, sur substrat dur, débris et pentes sableuses, entre 3 et 25 m environ ; souvent dans le courant, polypes déployés.

Profondeur : 3 – 25 m

Repères pour le plongeur

Corail mou en plumeau beige ou rosé dont les polypes s'ouvrent et se ferment en rythme, observé autour de Nusa Penida. Filmez-le sans le toucher ni soulever de sable autour.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixotrophe probable : la majeure partie de l'énergie vient des algues symbiotiques (zooxanthelles), et les tentacules peuvent aussi capturer des particules ; la part de chaque source reste débattue.

Reproduction

La plupart des Xeniidae de mer Rouge ont des colonies à sexes séparés et couvent leurs larves. Chez Xenia umbellata, les embryons se développent dans des poches et les larves (planulas) sont libérées sept mois par an. La colonie s'agrandit aussi en produisant de nouveaux polypes.

Conservation

Non évalué (UICN)

Genre non évalué (NE) en tant que tel sur la liste rouge de l'UICN. À Nusa Penida, les colonies sont dans l'aire marine protégée de Nusa Penida, gérée par zonage. En aquarium, un réchauffement à 32 °C a réduit la pulsation de plus de moitié et tué 30 % des colonies (Vollstedt et al., 2020).

Espèces ressemblantes

  • Heteroxenia (Heteroxenia fuscescens et espèces voisines) : autre genre de la même famille, aux polypes également pulsants ; plusieurs espèces sont passées d'un genre à l'autre (WoRMS).
  • Briareum (Briareum spp.) : autre corail mou à polypes plumeux, mais disposés sur un tapis violet encroûtant, sans tronc charnu — voir fiche liée.
  • Holothurie-serpent collante (Euapta godeffroyi) : DORIS signale que ses tentacules buccaux rappellent les polypes de Xenia ; son long corps annelé lève vite le doute.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son classement parmi la « flore » du site, le xénia est un animal. C’est une colonie d’octocoralliaires de la famille des Xeniidae, un corail mou sans squelette massif. La colonie a la forme d’un petit champignon : un tronc court et charnu se divise au sommet en bras, chacun terminé par un bouquet de polypes. Chaque polype déploie des tentacules bordés de petites pinnules, d’où l’aspect de plumeau qui lui vaut, sur DORIS, le nom de corail plume d’autruche. Les colonies restent modestes : les grandes colonies de Xenia umbellata prélevées en mer Rouge pour une étude mesuraient environ 5 × 7 × 12 cm.

Le meilleur critère est le mouvement. Chez beaucoup de Xeniidae, les polypes ouvrent puis referment leurs tentacules en rythme, comme une main qui saisit l’eau. En milieu naturel, les mesures donnent 34 à 42 battements par minute. Toutes les espèces de la famille ne pulsent pas pour autant, précisent les auteurs de ces travaux.

Le nom Xenia spp. signale que l’espèce n’est pas déterminée. WoRMS recense des dizaines d’espèces valides dans le genre. Les clés d’identification des Xeniidae reposent sur la forme de la colonie et sur les sclérites, de minuscules éléments calcaires de la chair, examinés au microscope. Le genre voisin Heteroxenia pulse lui aussi, et plusieurs espèces sont passées d’un genre à l’autre au fil des révisions, comme Heteroxenia fuscescens, décrite d’abord sous le nom de Xenia fuscescens.

Où et quand l’observer à Bali

Le genre vit dans tout l’Indo-Pacifique tropical et en mer Rouge. À Bali, GBIF réunit trois observations validées par la communauté iNaturalist, toutes autour de Nusa Penida, dont une à Crystal Bay en 2023. Aucune donnée en ligne ne le signale pour l’instant à Tulamben, à Amed ou à Menjangan.

Cherchez-le sur les récifs, entre 3 et 25 m environ, sur la roche, les débris coralliens ou en bordure de pente sableuse. Les images de DORIS ont été prises entre 10 et 20 m, notamment à Komodo et aux îles Togian, en Indonésie, et montrent en mer Rouge des polypes déployés dans le courant. Aucune saison particulière n’est documentée : la colonie est fixée, et on la voit toute l’année.

Biologie et comportement

Le xénia héberge des algues symbiotiques, les zooxanthelles, qui lui fournissent l’essentiel de son énergie par la photosynthèse. Son mode d’alimentation reste discuté. Certains auteurs le jugent entièrement autotrophe, d’autres pensent que ses tentacules capturent aussi des particules en suspension.

L’équipe de Kremien l’a étudiée en 2013 à Eilat, en mer Rouge, sur Heteroxenia fuscescens, un proche parent. Le mouvement chasse l’eau vers le haut et brasse la couche d’eau collée aux polypes. Il évacue ainsi l’oxygène produit par les algues, et la photosynthèse devient jusqu’à dix fois plus efficace qu’au repos. Les colonies pulsent plus de 95 % du temps, avec une courte pause en fin d’après-midi.

La plupart des Xeniidae de mer Rouge ont des sexes séparés et couvent leurs larves. Chez Xenia umbellata, les embryons se développent dans des poches et les larves sont libérées sept mois par an. La colonie grandit aussi en ajoutant de nouveaux polypes. Elle peut alors coloniser de vastes zones : dans le parc national de Komodo, le genre a été vu recouvrant de grands champs de débris coralliens.

Statut et protection

L’UICN n’évalue pas le genre Xenia en tant que tel, d’où le statut « non évalué » (NE). Les colonies de Nusa Penida se trouvent dans l’aire marine protégée de Nusa Penida, gérée selon un zonage qui encadre tourisme, pêche et algoculture. Le Coral Triangle Center y compte la plongée et la randonnée palmée peu soigneuses parmi les menaces. La chaleur est l’autre risque : en aquarium, un réchauffement à 32 °C a réduit la pulsation de plus de moitié et tué 30 % des colonies de Xenia umbellata.

Bien l’observer et la photographier

Le xénia se raconte mieux en vidéo qu’en photo : un plan fixe de dix secondes suffit à montrer la pulsation. Stabilisez-vous à distance, au-dessus d’une zone de sable ou de roche nue, et ne vous agrippez pas au récif.

Pour la photo, la macro à mi-distance rend bien les pinnules des tentacules. Préférez un éclairage doux et latéral. Ne touchez pas la colonie et ne la frôlez pas avec vos palmes. Évitez aussi de soulever du sable : le nuage retomberait sur les polypes et gâcherait l’image. Enfin, n’en prélevez aucun fragment.

Sources