Fiche n° 1033 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail mou sarcophyton

Sarcophyton spp.

Asie Tulamben Nusa Penida Menjangan

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-mou-sarcophyton/

Corail mou sarcophyton (Sarcophyton spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie molle en forme de champignon : un pied lisse et nu surmonté d'un chapeau (capitulum) plus large.
  • Bord du chapeau souvent replié en plis ouverts, centre du disque plutôt lisse.
  • Deux sortes de polypes : de grands polypes à huit tentacules, bien visibles quand ils sortent, et de minuscules polypes entre eux.
  • Polypes rétractiles : chapeau lisse et grenu quand ils sont rentrés, aspect de duvet quand ils sont déployés.
  • Teinte jaune, brunâtre ou verdâtre, parfois rosée.

Noms

Nom usuel
Corail mou sarcophyton
Nom scientifique
Sarcophyton spp.
Autres noms
Alcyonaire-champignon · Corail-cuir · Corail-champignon · Corail-marguerite · Mushroom leather coral
Synonymes
Areocella · Sarcophytum

Distribution géographique

Mer Rouge et Indo-Pacifique tropical. À Bali, observations validées surtout autour de Nusa Penida et Nusa Lembongan (Crystal Bay, Manta Point, Toyapakeh, Batu Mulapan), spécimens de musée récoltés à Tulamben en 2001, et une observation au large de Menjangan.

Zones : Tulamben · Nusa Penida · Menjangan — Asie

Biotope

Récifs peu profonds et éclairés, sur substrat dur, parmi les autres coraux mous et les coraux durs ; photographié par les contributeurs de DORIS entre 2 et 26 m.

Profondeur : 2 – 26 m

Repères pour le plongeur

Corail mou en champignon, au chapeau bordé de plis et couvert de polypes à huit tentacules, fréquent sur les récifs de Nusa Penida. Ne le touchez pas : c'est un animal, et ses tissus se déchirent facilement.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Colonie zooxanthellée : des algues symbiotiques logées dans ses tissus lui fournissent une part de son énergie par photosynthèse.

Reproduction

Sexes séparés (colonies mâles ou femelles) et ponte en pleine eau chez S. elegans, sur la Grande Barrière : surtout lors de la ponte massive de novembre, avec des émissions après chaque pleine lune d'août à février.

Conservation

Non évalué (UICN)

Aucune évaluation UICN trouvée pour le genre ; S. glaucum est « Non évalué » sur la liste rouge et non évalué à la CITES selon SeaLifeBase (consulté en 2026). À Nusa Penida, il vit dans une aire marine protégée, où la plongée imprudente figure parmi les menaces identifiées.

Espèces ressemblantes

  • Corail mou lobophyton (Lobophytum spp.) : pied court et large, surface couverte de lobes, de crêtes ou de doigts jusqu'au centre de la colonie, et non seulement sur les bords.
  • Corail mou sinularia (Sinularia spp.) : un seul type de polypes, petits, sur une colonie lisse, lobée ou digitée.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le site le range dans sa « flore », mais le sarcophyton est un animal : une colonie d’octocoralliaires, des cnidaires cousins des gorgones, que WoRMS classe dans la famille des Sarcophytidae. DORIS le présente sous le nom d’alcyonaire-champignon, et les plongeurs l’appellent aussi corail-cuir ou corail-champignon. Il ne fabrique pas de squelette massif et ne construit donc pas le récif comme les coraux durs.

Le genre compte une cinquantaine d’espèces acceptées. Sous l’eau, on ne peut pas les séparer : leur identification repose sur les sclérites, de minuscules pièces calcaires logées dans les tissus, observées au microscope. Une étude menée à Okinawa a même montré que l’espèce la plus courante, Sarcophyton glaucum, regroupe sans doute plusieurs espèces cryptiques. Cette fiche reste donc au niveau du genre. La photo, prise en mer Rouge, montre S. glaucum.

La silhouette est caractéristique : un pied lisse et nu porte un chapeau plus large, le capitulum. Son bord se plisse souvent en replis ouverts, tandis que le centre reste plutôt lisse. La couleur va du jaune au brunâtre ou au verdâtre. Les polypes sont de deux sortes. Les grands, à huit tentacules, donnent à la colonie un aspect de duvet quand ils sont sortis. Les petits, entre eux, restent presque invisibles. Quand les polypes se rétractent, le chapeau devient lisse et grenu, et la colonie paraît plus petite.

Deux voisins prêtent à confusion. Le lobophyton a un pied court et large, et ses lobes ou ses doigts couvrent toute la surface, centre compris. Le sinularia n’a qu’un seul type de petits polypes.

Où et quand l’observer à Bali

Le genre vit en eau peu profonde dans toute la mer Rouge et l’Indo-Pacifique tropical. À Bali, la plupart des observations validées reprises par le GBIF viennent de Nusa Penida et de Nusa Lembongan : Crystal Bay, Manta Point, le détroit de Toyapakeh ou Batu Mulapan. Un musée australien conserve deux spécimens récoltés à Tulamben en 2001, et une observation transmise par la FFESSM vient des eaux de Menjangan. Les photos réunies par DORIS ont été prises entre 2 et 26 m de profondeur.

Cherchez-le sur les pentes récifales éclairées, parmi les autres coraux mous. Comme tout corail, il est visible toute l’année. Son aspect change pourtant d’une plongée à l’autre selon que ses polypes sont sortis ou rentrés.

Biologie et comportement

Le sarcophyton héberge des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent une part de son énergie par photosynthèse. Il a donc besoin de lumière.

Sa reproduction a été étudiée chez Sarcophyton elegans à Lizard Island, sur la Grande Barrière. Chaque colonie est mâle ou femelle, et les gamètes sont lâchés en pleine eau. La plupart partent lors de la grande ponte collective des coraux, après la pleine lune de novembre. D’autres émissions suivent pourtant chaque pleine lune, d’août à février. Les polypes du bord de la colonie pondent les premiers, puis ceux du centre prennent le relais les mois suivants.

Le sarcophyton se défend par la chimie. Il produit des terpènes, dont la sarcophytoxide, qui découragent les brouteurs et l’aident à disputer l’espace aux coraux durs voisins. Un gastéropode pourtant s’en nourrit : l’ovule (Ovula ovum), que DORIS a photographiée sur ce corail en Indonésie ; selon Wikipédia, elle neutraliserait probablement la toxine dans son tube digestif.

Statut et protection

Aucune espèce du genre n’a été trouvée évaluée sur la liste rouge de l’UICN. Selon SeaLifeBase, consulté en 2026, S. glaucum y est « Non évalué », et il n’a pas non plus de statut CITES. Nusa Penida est une aire marine protégée. Selon le Coral Triangle Center, la plongée et le snorkeling imprudents y figurent parmi les menaces, aux côtés de la surpêche et de la pollution.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment est celui où les grands polypes sont déployés : le chapeau prend alors l’allure d’un champignon couvert de petites fleurs. Un contact suffit à les faire rentrer. Approchez lentement et gardez vos palmes loin de la colonie, car un corail mou se déchire facilement. Ne vous appuyez pas sur le chapeau pour vous stabiliser.

Un plan large, de côté, montre le pied et le chapeau replié, ce qui le distingue du lobophyton. En macro, cadrez quelques polypes pour faire ressortir les huit tentacules. Si un coquillage est posé sur le chapeau, il peut s’agir d’une ovule : photographiez-la sans la déplacer.

Sources