Fiche n° 1046 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail fleur de cerisier

Siphonogorgia godeffroyi

Asie Tulamben

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/bali-flore-corail-rouge/

Corail fleur de cerisier (Siphonogorgia godeffroyi)
Photo : Bernard DUPONT from FRANCE — CC BY-SA 2.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie en petit arbre très ramifié, à l'allure de gorgone, portée par un tronc plein.
  • Tronc et branches principales nus, rouges ou roses, sans aucun polype à leur surface.
  • Polypes blancs en étoile, regroupés au bout des petits rameaux terminaux.
  • Polypes à huit tentacules, comme chez tous les octocoralliaires.
  • Pas d'articulations renflées sur les branches, contrairement aux gorgones Melithaea.

Noms

Nom usuel
Corail fleur de cerisier
Nom scientifique
Siphonogorgia godeffroyi
Autres noms
Cherry blossom coral · Godeffroy's soft coral

Distribution géographique

Indo-Pacifique central : Indonésie, Philippines, Papouasie-Nouvelle-Guinée, jusqu'au Japon. À Bali, GBIF recense des observations iNaturalist à Tulamben (épave du Liberty et Drop Off), sur l'île de Menjangan et dans la région de Klungkung.

Zones : Tulamben — Asie

Biotope

Récifs coralliens et rocheux : pentes externes, tombants, corniches rocheuses et dessous de surplombs. Signalé surtout entre 10 et 20 m, avec des données jusqu'à 128 m au Japon.

Profondeur : 10 – 128 m

Repères pour le plongeur

Petit arbre rouge ou rose aux branches nues et aux polypes blancs groupés au bout des rameaux, à chercher sous les surplombs et sur les tombants de Tulamben. C'est un animal sans algues symbiotiques : éclairez-le pour révéler son rouge.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Planctonophage : les polypes capturent le plancton et le zooplancton. Le genre n'héberge pas de zooxanthelles et ne tire donc rien de la lumière.

Reproduction

Non documentée dans les sources consultées.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué par l'UICN (Liste rouge, version 2025-2, d'après SeaLifeBase consulté en 2026). Non inscrit à la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Gorgone Melithaea : éventail rouge, orange ou jaune dont les branches portent des nœuds renflés ; polypes répartis le long des rameaux — voir fiche liée.
  • Coraux mous Dendronephthya : colonie molle et translucide qui laisse voir ses spicules, polypes en bouquets — voir fiche liée.
  • Gorgone géante (Annella mollis) : grand éventail plat dont les branches se soudent en réseau.
  • Corail rouge (Corallium rubrum) : squelette calcaire rouge massif ; c'est lui que désigne le nom « corail rouge » en français, mais il vit en Méditerranée et dans l'Atlantique proche, pas en Indonésie.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail fleur de cerisier, Siphonogorgia godeffroyi, a été décrit par Kölliker en 1874. Il n’a pas de nom français établi : celui de cette fiche traduit son nom anglais de cherry blossom coral. Malgré son nom de « corail », ce n’est pas une plante : c’est un animal, un octocoralliaire. WoRMS le range aujourd’hui dans la famille des Siphonogorgiidae, après l’avoir longtemps placé chez les Nidaliidae.

La colonie forme un petit arbre très ramifié, au port de gorgone. Elle atteint 25 cm selon le Meerwasser-Lexikon. Le tronc est plein et les branches sont nues, rouges ou roses. Le détail décisif est la position des polypes : blancs, en forme d’étoile, ils se serrent au bout des petits rameaux et manquent sur le tronc et les grosses branches. Le contraste entre le rameau rouge et le bouquet blanc qui le termine évoque une branche de cerisier en fleur, d’où son nom. Le genre compte de nombreuses espèces aux teintes variées, du rouge vif au jaune, à l’orange, au rose et au violet. Les distinguer demande l’examen des sclérites, ces petites pièces calcaires en fuseau logées dans les tissus.

Deux confusions guettent sur le récif. La gorgone Melithaea, souvent rouge elle aussi, a des branches marquées de nœuds renflés et des polypes répartis le long des rameaux. Le Dendronephthya est mou et translucide : on voit ses spicules par transparence.

Où et quand l’observer à Bali

L’espèce vit dans l’Indo-Pacifique central : Indonésie, Philippines, Papouasie-Nouvelle-Guinée. SeaLifeBase la signale aussi au Japon. À Bali, GBIF recense des observations de plongeurs, publiées sur iNaturalist, à Tulamben, sur l’épave du Liberty et au Drop Off. D’autres viennent de l’île de Menjangan, au nord-ouest, et de la région de Klungkung.

Cherchez-la sur les pentes externes, les tombants, les corniches rocheuses et sous les surplombs. Wikipédia la situe surtout entre 10 et 20 m. SeaLifeBase cite des récoltes jusqu’à 128 m au Japon. Comme la colonie est fixe, aucune saison ne prime : elle reste visible toute l’année.

Biologie et comportement

Siphonogorgia godeffroyi se nourrit de plancton, que ses polypes cueillent dans l’eau. Le genre n’abrite pas de zooxanthelles, ces algues qui nourrissent les coraux durs grâce à la lumière. Il dépend donc entièrement de ce que le courant lui apporte. Cela explique sa préférence pour les surplombs et les tombants, où l’ombre ne le pénalise pas. Les colonies servent parfois de support à d’autres animaux, comme l’ascidie Atriolum robustum. Nous n’avons trouvé aucune donnée fiable sur sa reproduction.

Statut et protection

Selon SeaLifeBase, qui reprend la Liste rouge de l’UICN dans sa version 2025-2, l’espèce n’est pas évaluée. Elle n’est pas inscrite à la CITES. Comme tous les organismes fixés du récif, elle souffre des contacts : coups de palme, mains posées, bouteille qui frotte sous un surplomb.

Bien l’observer et la photographier

Repérez d’abord la silhouette : un arbuste rouge accroché sous un plafond rocheux ou contre la paroi. Approchez-vous en flottabilité parfaite, palmes au-dessus de vous, car ces colonies poussent souvent dans des recoins étroits. Dès quelques mètres, l’eau absorbe le rouge et la colonie paraît brune : éclairez-la avec une lampe ou un flash pour retrouver sa couleur. En macro, cadrez un rameau terminal avec son bouquet de polypes blancs, le meilleur critère pour l’identifier. Ne touchez jamais la colonie et ne vous tenez pas à la roche qui la porte.

Sources