Fiche n° 1074 · Faune · Poissons

Barracuda

Sphyraena qenie

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-barracuda/

Barracuda (Sphyraena qenie)
Photo : Alexander Vasenin — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Corps très allongé, de section ovale, long museau et mâchoire inférieure plus longue que la supérieure.
  • Flancs argentés barrés de 18 à 22 marques sombres en chevron, pointe tournée vers l'avant.
  • Caudale noirâtre, en croissant, aux lobes allongés.
  • Derniers rayons de la seconde dorsale et de l'anale allongés.
  • Vit en bancs denses et presque immobiles en pleine eau, de jour.

Noms

Nom usuel
Barracuda
Nom scientifique
Sphyraena qenie
Autres noms
Barracuda à nageoires noires · Blackfin barracuda · Chevron barracuda
Synonymes
Sphyraena tessera · Sphyraena genie

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est à la Polynésie française, plus rare dans le Pacifique Est. En Égypte, observations publiées du sud du Sinaï (Ras Mohammed, Sharm el-Sheikh) jusqu'au Grand Sud, en passant par Hurghada, Safaga, Marsa Alam et les récifs du large (Brothers, Daedalus).

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens, près des lagons et des tombants exposés au courant ; de la surface à 100 m selon FishBase, le plus souvent en pleine eau au-dessus ou à côté du récif.

Profondeur : 0 – 100 m

Repères pour le plongeur

Barracuda à queue noire et à chevrons sombres, qui forme en mer Rouge de grands bancs presque immobiles le long des tombants à courant. Approchez-le lentement, de côté, sans le poursuivre.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Piscivore : se nourrit de poissons, surtout la nuit, quand les bancs se dispersent.

Reproduction

Peu documentée pour l'espèce. Chez les barracudas, FishBase signale de grands rassemblements à la saison de ponte et des migrations vers des zones de ponte.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 14 août 2023 selon FishBase. FishBase la juge très vulnérable à la pêche (76 sur 100) et peu résiliente.

Espèces ressemblantes

  • Grand barracuda (Sphyraena barracuda) : plus massif, solitaire à l'âge adulte, taches noires irrégulières vers la queue et lobes de la caudale noirs à pointe blanche.
  • Sphyraena jello (pickhandle barracuda) : barres sombres semblables, mais caudale jaunâtre ; adultes plutôt solitaires.
  • Sphyraena putnamae (sawtooth barracuda) : chevrons et caudale noirâtre très proches, taille plus modeste (90 cm au plus) ; ne se sépare sûrement que par le compte des écailles.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le barracuda à nageoires noires est un long poisson argenté au corps de section ovale. Il mesure en général 80 cm et peut atteindre 1,70 m selon FishBase. Sa tête se termine par un museau pointu, et sa mâchoire inférieure dépasse la supérieure.

Le critère décisif se lit sur les flancs : 18 à 22 marques sombres en forme de chevron, pointe tournée vers l’avant, qui croisent la ligne latérale. La caudale est noirâtre, en croissant, avec des lobes allongés. Les derniers rayons de la seconde dorsale et de l’anale sont eux aussi allongés.

En mer Rouge, trois barracudas peuvent prêter à confusion. Le grand barracuda est plus trapu et vit seul à l’âge adulte ; DORIS le reconnaît à ses taches noires irrégulières vers la queue et aux lobes noirs à pointe blanche de sa caudale. Sphyraena jello porte des barres comparables, mais sa queue est jaunâtre. Sphyraena putnamae est presque identique, en plus petit : seul le compte des écailles autour de l’œil permet de trancher, ce qui est impossible sous l’eau. FishBase précise d’ailleurs que l’aire exacte de ces trois espèces reste incertaine, faute de pouvoir les distinguer.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce est présente dans toute la mer Rouge égyptienne. Les observations publiées sur GBIF vont du sud du Sinaï (Ras Mohammed, les récifs de Sharm el-Sheikh) jusqu’au Grand Sud, en passant par Hurghada, Safaga, la région de Marsa Alam et les récifs isolés du large, Brothers et Daedalus. Ces données couvrent tous les mois de l’année : aucune saison particulière n’est documentée.

On la cherche en pleine eau, au-dessus ou le long des tombants balayés par le courant. FishBase la donne de la surface jusqu’à 100 m, mais les bancs se croisent bien dans la zone accessible au plongeur loisir.

Biologie et comportement

De jour, ces barracudas forment de grands bancs serrés, presque immobiles. Selon FishBase, un même banc occupe souvent le même site pendant des mois, voire des années. En fin d’après-midi et au crépuscule, les poissons quittent le récif pour chasser dans des eaux plus profondes, puis se dispersent pendant la nuit. Ce sont des prédateurs de poissons, placés au sommet de la chaîne alimentaire du récif.

La reproduction de l’espèce est peu décrite. Pour la famille, FishBase indique que les barracudas se rassemblent en grand nombre et migrent vers des zones de ponte à la saison de reproduction.

Les sources consultées ne décrivent pas de comportement particulier envers les plongeurs. DORIS note en revanche que le grand barracuda, son voisin solitaire, peut suivre un plongeur lors d’une plongée de nuit.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC) ; FishBase date l’évaluation du 14 août 2023. Le tableau est moins rassurant côté pêche : FishBase lui attribue une vulnérabilité très élevée (76 sur 100) et une résilience très faible, avec un temps de doublement de la population supérieur à 14 ans. Elle est pêchée commercialement et à la traîne. Des cas de ciguatera, une intoxication alimentaire, lui sont attribués. Les sources consultées ne mentionnent pas de réglementation propre à l’espèce en Égypte.

Bien l’observer et la photographier

Un banc immobile se photographie mieux en restant sur le côté ou légèrement en dessous, sans palmer vers lui. Laissez le courant vous rapprocher, gardez une flottabilité stable et évitez les gestes brusques. Un grand-angle permet de cadrer la colonne entière ; de plus près, visez un profil pour faire ressortir les chevrons et la caudale noire, qui confirment l’identification. Ne traversez pas le banc, ne le poursuivez pas en eau bleue et surveillez votre profondeur, car on descend facilement en suivant les poissons le long du tombant.

Sources