Fiche n° 1071 · Faune · Poissons

Murène tatouée

Gymnothorax griseus

Afrique Mer Rouge

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-murene-commune/

Murène tatouée (Gymnothorax griseus)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Petite murène : 40 à 50 cm en général, 65 cm au maximum.
  • Corps blanc grisâtre à lilas pâle, finement marbré ou moucheté de brun clair, avec des nuances jaunes à beige.
  • Tête gris-brun, plus sombre que le corps, marquée de lignes de points noirs bien alignés (les pores céphaliques).
  • Dents coniques et courtes, sans les longues canines des grandes murènes.
  • Cou souvent gonflé au niveau des branchies ; juvéniles plus clairs que les adultes.

Noms

Nom usuel
Murène tatouée
Nom scientifique
Gymnothorax griseus
Autres noms
Murène grise · Geometric moray · Peppered moray · Grey moray
Synonymes
Muraenophis griseus · Siderea grisea · Siderea schonlandi · Muraena geometrica · Muraena bilineata

Distribution géographique

Ouest de l'océan Indien et mer Rouge : d'Oman à l'Afrique du Sud, Madagascar, Maurice, La Réunion et Maldives (DORIS, FishBase). Courante en mer Rouge ; en Égypte, spécimens de musée du golfe d'Aqaba (Nuweiba, El Arkana, Marsa el Mukabeila) et plus de 300 observations publiées sur GBIF, de Ras Mohammed et Sharm el-Sheikh à Hurghada, El Quseir et Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge — Afrique

Biotope

Récifs coralliens et rocheux peu profonds des côtes. Vit dans un trou ou une crevasse du récif, d'où seule la tête dépasse le jour ; observée de 1 à 40 m selon FishBase et DORIS.

Profondeur : 1 – 40 m

Repères pour le plongeur

La murène la plus vue par les plongeurs en mer Rouge : petite, pâle, la tête gris-brun piquetée de lignes de points noirs, elle sort souvent la tête d'un trou du récif peu profond. Inoffensive si on la laisse tranquille.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des crustacés, aussi des poissons qu'elle avale entiers ; repère ses proies à l'odorat (DORIS). Chasse en solitaire entre coraux et rochers, la tête glissée dans les failles (Randall et Golani, 1995).

Reproduction

Hermaphrodite synchrone, à la fois mâle et femelle (FishBase, DORIS). Ovipare à œufs pélagiques ; larves leptocéphales en forme de ruban transparent (DORIS).

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. Aucun statut de protection ni réglementation selon DORIS.

Espèces ressemblantes

  • Murène ondulée (Gymnothorax undulatus) : bien plus grande, corps sombre parcouru d'un réseau de lignes claires ondulées, tête souvent jaunâtre.
  • Murène javanaise (Gymnothorax javanicus) : très grande (au moins 2,20 m selon Randall et Golani), brun clair à grosses taches brun foncé et ouverture branchiale dans une grande tache noire.
  • Murène à œil blanc (Gymnothorax thyrsoideus) : plus sombre et sans points noirs sur la tête selon DORIS ; océan Indien et Pacifique.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

La murène tatouée est une petite murène de la famille des Muraenidae : 40 à 50 cm en général selon DORIS, 65 cm au plus. Son corps serpentiforme, sans écailles et protégé par du mucus, n’a ni nageoires pectorales ni pelviennes ; la dorsale, la caudale et l’anale forment une seule nageoire continue.

Sa robe est pâle : blanc grisâtre à lilas, avec des nuances jaunes à beige, et finement mouchetée de brun clair. La tête, plus sombre et gris-brun, porte le détail qui lui donne son nom français : des lignes de petits points noirs bien alignés, qui sont les pores sensoriels de la tête. Le cou paraît souvent gonflé au niveau des branchies. Les juvéniles sont plus clairs que les adultes.

Gueule ouverte, regardez les dents : elles sont coniques et courtes, sur deux rangées en haut, sans les longues canines des grandes murènes. Avec sa taille modeste, sa couleur claire et ses points noirs sur la tête, elle ne se confond guère avec la murène ondulée, sombre et réticulée, ni avec la murène javanaise, géante tachetée de brun.

Où et quand l’observer en Égypte

C’est l’ouest de l’océan Indien et la mer Rouge qui l’abritent, d’Oman à l’Afrique du Sud. John Randall et Daniel Golani, dans leur révision des murènes de mer Rouge (1995), la décrivent comme la murène la plus vue par les plongeurs et les randonneurs palmés de cette mer. DORIS la dit courante en mer Rouge.

En Égypte, l’université hébraïque de Jérusalem et le musée Bishop d’Hawaï conservent des spécimens du golfe d’Aqaba, pêchés à Nuweiba, El Arkana et Marsa el Mukabeila. GBIF compte plus de 300 observations de plongeurs dans le pays : Ras Mohammed et Sharm el-Sheikh au sud du Sinaï, Hurghada et Makadi Bay, la côte d’El Quseir à Marsa Alam. Elle fréquente les récifs coralliens et rocheux peu profonds ; les relevés GBIF qui notent une profondeur vont de 1 à 14 m, et FishBase l’indique jusqu’à 40 m. Aucune saison particulière n’est documentée : on la voit toute l’année.

Biologie et comportement

Le jour, elle reste dans un trou ou une crevasse, la tête dehors. Les jeunes partagent souvent le même abri, parfois à dix selon DORIS. Elle chasse surtout la nuit, à l’odorat, et mange principalement des crustacés, mais aussi des poissons, qu’elle avale entiers faute de pouvoir les découper. Randall et Golani, citant Diamant et Shpigel (1985), la décrivent aussi en chasseuse solitaire qui nage entre coraux et rochers et glisse la tête dans les failles. Elle forme des associations de chasse avec plusieurs espèces de poissons.

Elle est hermaphrodite synchrone : chaque individu est à la fois mâle et femelle. Ses œufs flottent dans la colonne d’eau et donnent des larves leptocéphales, rubans transparents qui dérivent dans le plancton. Des crevettes nettoyeuses la débarrassent de ses parasites et des restes de repas ; des copépodes parasites se fixent parfois sur ses mâchoires.

Statut et protection

L’UICN la classe en préoccupation mineure (LC), évaluation du 17 août 2011 selon FishBase. DORIS ne lui connaît ni statut de protection ni réglementation.

Bien l’observer et la photographier

Sa gueule qui s’ouvre et se ferme sans cesse, dents visibles, n’est pas une menace : elle fait circuler l’eau dans ses branchies. FishBase la juge inoffensive pour l’homme et DORIS la dit trop petite pour être dangereuse. Certains individus se montrent peu farouches une fois hors de leur trou. Ne la touchez pas pour autant, ne la nourrissez pas et ne glissez pas la main dans un trou du récif.

Approchez lentement, à hauteur de son abri, sans prendre appui sur le corail. Un portrait de trois quarts montre bien les lignes de points noirs sur la tête, le meilleur critère d’identification.

Sources