Fiche n° 1073 · Faune · Poissons

Poisson-lion

Pterois miles

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-poisson-lion/

Poisson-lion (Pterois miles)
Photo : Tobias Biehl — domaine public — source

Clé d'identification

  • Grandes nageoires pectorales en éventail, aux rayons libres rayés comme des plumes.
  • Longues épines dorsales dressées, séparées et zébrées de brun et de blanc.
  • Corps rouge brun à beige ou gris, barré de nombreuses fines bandes verticales sombres alternant avec des bandes claires.
  • Appendices pointus sur la tête, notamment au-dessus des yeux, et, chez l'adulte, rangée de petites épines sur la joue.
  • Caudale arrondie ou droite, jamais fourchue.

Noms

Nom usuel
Poisson-lion
Nom scientifique
Pterois miles
Autres noms
Rascasse volante · Rascasse volante de l'océan Indien · Poisson-scorpion · Poisson-dindon · Devil firefish
Synonymes
Scorpaena miles · Pterois muricata

Distribution géographique

Océan Indien : golfe Persique et mer Rouge, au sud jusqu'à Port Alfred (Afrique du Sud) et à l'est jusqu'à Sumatra. Passé par le canal de Suez en Méditerranée orientale (Israël, Chypre, mer Égée) et introduit dans l'Atlantique ouest. En Égypte, des occurrences sont enregistrées dans GBIF du Sinaï au grand Sud.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens et leurs abords, failles, surplombs et lagons, de la surface à 85 m selon FishBase ; il fréquente aussi les épaves et les fonds meubles proches du récif.

Profondeur : 0 – 85 m

Repères pour le plongeur

Poisson-lion de la mer Rouge, aux pectorales en éventail et aux épines dorsales venimeuses, abrité dans le récif le jour et actif surtout la nuit. Gardez au moins une longueur de bras et ne le coincez jamais contre le récif.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Carnivore : petits poissons et crustacés, approchés lentement puis acculés à l'aide des pectorales déployées ; la part de poissons augmente avec la taille.

Reproduction

Sexes séparés, fécondation externe ; pontes fractionnées d'œufs dispersés en pleine eau, sans soins parentaux.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 20 juin 2017 selon FishBase. Espèce indigène en mer Rouge, mais invasive en Méditerranée orientale et dans l'Atlantique ouest. Épines venimeuses.

Espèces ressemblantes

  • Rascasse à antennes blanches (Pterois radiata) : plus petite (24 cm au plus), corps à cinq larges bandes sombres et une bande horizontale sombre sur le pédoncule caudal.
  • Poisson-lion du Pacifique (Pterois volitans) : quasi identique, mais absent de la mer Rouge ; il se distingue surtout par un rayon mou de plus à la dorsale et à l'anale.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

Le poisson-lion de la mer Rouge, ou rascasse volante, est une rascasse (famille des Scorpaenidae). FishBase lui donne une longueur maximale de 43 cm. On le reconnaît de loin à ses immenses nageoires pectorales en éventail, dont les rayons se prolongent librement comme des plumes, et à ses longues épines dorsales dressées et séparées les unes des autres. Le corps, rouge brun à beige ou gris selon le milieu, est zébré de nombreuses fines bandes verticales sombres qui alternent avec des bandes claires. La tête est hérissée d’appendices pointus, et l’adulte a une rangée de petites épines sur la joue. La caudale est arrondie ou droite, jamais fourchue.

En mer Rouge, la confusion la plus probable est la rascasse à antennes blanches (Pterois radiata). Elle est plus petite, 24 cm au plus, avec cinq larges bandes sombres sur le flanc et une bande horizontale sombre sur le pédoncule caudal. Le poisson-lion du Pacifique (Pterois volitans) est presque identique, mais il ne vit pas en mer Rouge. D’après l’USGS, on ne les distingue que par le nombre de rayons mous, généralement 10 à la dorsale et 6 à l’anale chez P. miles, ou par la génétique.

Où et quand l’observer en Égypte

FishBase situe l’espèce dans tout l’océan Indien, du golfe Persique et de la mer Rouge jusqu’à l’Afrique du Sud et Sumatra. En Égypte, GBIF recense des centaines d’observations du Sinaï à Marsa Alam, et d’autres plus au sud. Vous le rencontrerez sur les récifs coralliens, au pied des tombants, sous les surplombs, dans les failles et autour des épaves, de la surface jusqu’à 85 m. Aucune des sources consultées n’indique de saison particulière.

Selon l’USGS, l’adulte est peu actif le jour et se tient abrité dans les anfractuosités du récif. Il chasse surtout de nuit, d’après Wikipédia : la plongée de nuit est donc le meilleur moment pour le voir actif.

Biologie et comportement

Il se nourrit de petits poissons et de crustacés ; la part de poissons croît avec l’âge, et les grands individus mangent même les petits de leur espèce. La NOAA décrit sa technique : il approche lentement, pectorales déployées, accule sa proie contre le récif avant de la gober. Les adultes vivent en général seuls. Les juvéniles, eux, forment parfois de petits groupes dans l’aire d’origine.

La reproduction se fait en pleine eau. Les sexes sont séparés et la fécondation est externe. Selon FishBase, la femelle pond par lots des œufs dispersés, sans aucun soin parental. Au contraire de la plupart des rascasses, il ne cherche pas à se camoufler, note l’USGS. Ses épines dorsales et anales injectent un venin qui provoque une douleur intense, des sueurs, des difficultés respiratoires, voire une paralysie, selon la NOAA. FishBase précise que des piqûres ont pu être mortelles.

Statut et protection

L’UICN classe Pterois miles en « Préoccupation mineure » (LC). FishBase date cette évaluation du 20 juin 2017. En mer Rouge, elle est indigène. Ailleurs, elle pose problème : passée par le canal de Suez, elle s’est installée en Méditerranée orientale, autour d’Israël, de Chypre et en mer Égée, selon WoRMS. Elle a aussi été introduite dans l’Atlantique ouest.

Bien l’observer et la photographier

Le poisson-lion se laisse souvent approcher, et c’est là le piège : ses épines sont dressées vers l’extérieur. Ne le coincez jamais contre une paroi pour obtenir un meilleur angle. Sous les surplombs où il s’abrite le jour, regardez où vous posez la main. En cas de piqûre, mettez fin à la plongée et consultez rapidement un médecin.

Pour la photo, un profil complet met en valeur les pectorales déployées ; une contre-plongée sur fond bleu détache les épines du décor. De nuit, éclairez-le de biais avec une lumière tamisée et ne le suivez pas phare braqué sur lui pendant qu’il chasse.

Sources