Fiche n° 1072 · Faune · Poissons

Murène ondulée

Gymnothorax undulatus

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-murene-ondulee/

Murène ondulée (Gymnothorax undulatus)
Photo : Philippe Bourjon — CC BY-SA 3.0 — source

Clé d'identification

  • Corps anguilliforme de murène, jusqu'à 1,50 m environ.
  • Fond sombre, brun-vert, couvert d'un réseau de fines lignes claires ondulées et de mouchetures.
  • Tête et museau souvent jaunâtres à vert-jaune, nettement plus clairs que le corps.
  • Pas de grosse tache noire autour de l'ouverture branchiale, contrairement à la murène javanaise et à la murène à bord jaune.
  • Pas de taches de léopard ni de bord jaune-vert aux nageoires.

Noms

Nom usuel
Murène ondulée
Nom scientifique
Gymnothorax undulatus
Autres noms
Undulated moray
Synonymes
Muraenophis undulata · Lycodontis undulatus · Muraena cancellata

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est à la Polynésie française, au sud du Japon et à Hawaï, ainsi qu'au Costa Rica et au Panama. En Égypte, observations publiées sur GBIF dans le golfe d'Aqaba (Dahab, sud du Sinaï), autour d'Hurghada, à El Quseir, à Marsa Alam et jusqu'à Fury Shoal.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Platiers récifaux parmi les roches, les débris et les éboulis, lagons et pentes externes. Espèce benthique qui vit cachée dans les trous et les anfractuosités ; fréquente surtout les premiers mètres, mais signalée de la surface à 110 m.

Profondeur : 0 – 110 m

Repères pour le plongeur

Murène des platiers et des lagons de mer Rouge, cachée le jour dans les trous du récif, elle chasse à découvert la nuit. Réputée prompte à mordre : gardez vos mains loin de son abri et ne la nourrissez jamais.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Chasseuse nocturne : poissons et poulpes, probablement aussi des crustacés (FishBase).

Reproduction

Maturité sexuelle vers 77 cm de longueur totale (FishBase) ; les sources consultées ne détaillent pas la reproduction.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 18 août 2011 selon FishBase. Vulnérabilité à la pêche jugée très élevée par FishBase ; espèce pêchée à petite échelle et pour l'aquariophilie.

Espèces ressemblantes

  • Murène javanaise (Gymnothorax javanicus) : bien plus grande (jusqu'à 3 m), adulte à taches noires en léopard derrière la tête et grande zone noire autour de l'ouverture branchiale.
  • Murène à bord jaune (Gymnothorax flavimarginatus) : corps jaunâtre densément marbré de brun, bord des nageoires jaune-vert et ouverture branchiale dans une tache noire.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Poissons

Identification

La murène ondulée est une murène de taille moyenne : FishBase lui donne une longueur maximale de 1,50 m, et elle est sexuellement mature vers 77 cm. Elle appartient à la famille des Muraenidae et a le corps allongé, en forme d’anguille, de toutes les murènes.

Sa robe la trahit vite. Le corps est sombre, brun à vert foncé, et parcouru d’un réseau de fines lignes claires et ondulées, semées de petites mouchetures. Ce dessin découpe le fond en taches irrégulières qui évoquent une mosaïque. La tête, et surtout le museau, sont souvent jaunâtres ou vert-jaune, nettement plus clairs que le reste du corps. C’est le meilleur repère quand seule la tête dépasse d’un trou.

En mer Rouge, deux grandes murènes peuvent prêter à confusion. La murène javanaise devient bien plus grande, jusqu’à 3 m, et l’adulte porte des taches noires en léopard derrière la tête, avec une zone noire autour de l’ouverture branchiale. La murène à bord jaune a un corps jaunâtre marbré de brun, des nageoires bordées de jaune-vert et une ouverture branchiale logée dans une tache noire. La murène ondulée, elle, n’a ni tache noire à la gorge ni bordure jaune.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce vit dans tout l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge jusqu’à la Polynésie française et à Hawaï. Les observations déposées sur GBIF couvrent toute la côte égyptienne : golfe d’Aqaba autour de Dahab, région d’Hurghada, El Quseir, Marsa Alam, Marsa Shagra et jusqu’au récif de Fury Shoal, dans le Grand Sud.

Selon FishBase, c’est une espèce commune des platiers récifaux. Elle se cache parmi les roches, les éboulis et les débris, et fréquente aussi les lagons et les pentes externes. On la trouve donc souvent dans peu d’eau. Elle est signalée de la surface jusqu’à 110 m. Aucune saisonnalité n’est documentée : elle se rencontre toute l’année.

Biologie et comportement

La murène ondulée est nocturne. Le jour, elle reste dans une anfractuosité, tête dehors ou complètement cachée. La nuit, elle quitte son abri et chasse au fond, en fouillant les trous du récif. FishBase cite des poissons et des poulpes parmi ses proies, et probablement des crustacés. Une photo prise à Hawaï la montre en train d’avaler un poisson-papillon.

FishBase la décrit comme une espèce agressive, prompte à mordre. Elle mentionne aussi des cas d’intoxication ciguatérique après consommation de sa chair. Les sources consultées ne détaillent pas sa reproduction.

Statut et protection

L’UICN classe la murène ondulée en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 18 août 2011 selon FishBase. FishBase juge pourtant sa vulnérabilité à la pêche très élevée et sa capacité de récupération très faible. Elle fait l’objet d’une petite pêche commerciale et du commerce aquariophile. Les sources consultées ne signalent pas de protection propre à l’espèce en Égypte.

Bien l’observer et la photographier

Le moment idéal, c’est la plongée de nuit sur le platier ou en bas du tombant. Vous la verrez alors nager à découvert, ce qui permet de cadrer le corps entier et son réseau de lignes. Éclairez-la de biais et non en pleine face, et ne la suivez pas quand elle cherche à regagner un trou.

De jour, cherchez une tête jaune-vert dans les trous des massifs. Approchez lentement, avec une flottabilité stable, et restez à distance de l’entrée de l’abri. Ne glissez jamais la main dans une anfractuosité et ne posez pas les doigts sur le récif à côté d’elle : sa réputation de mordeuse est documentée. Ne la nourrissez pas.

Sources