Fiche n° 1075 · Faune · Invertébrés

Nudibranche

Goniobranchus annulatus

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-nudibranche/

Nudibranche (Goniobranchus annulatus)
Photo : Joi Ito — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Limace de mer sans coquille, ovale et lisse, jusqu'à 10 cm, au manteau blanc à crème.
  • Petites taches jaune orangé dispersées sur le dos, absentes chez certains individus.
  • Un anneau violet entoure le panache branchial à l'arrière, un autre la base des deux rhinophores à l'avant.
  • Bord du manteau généralement souligné d'un liseré violet.
  • Branchies de section triangulaire, dressées en bouquet à l'arrière du dos.
  • Chez certains individus, une ligne violette relie les deux anneaux le long du dos.

Noms

Nom usuel
Nudibranche
Nom scientifique
Goniobranchus annulatus
Autres noms
Polka-dot chromodorid · Ringed chromodoris · Spectacled rainbow doris
Synonymes
Chromodoris annulata · Glossodoris annulata

Distribution géographique

Mer Rouge et océan Indien, de la côte est de l'Afrique du Sud à la Thaïlande ; localité type : Zanzibar. Passé en Méditerranée orientale par le canal de Suez (Israël, Liban, mer Égée). En Égypte : Sinaï (parc national de Ras Mohammed), Hurghada, Safaga, Marsa Alam et récifs du Grand Sud jusqu'à St John's.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Nudibranche benthique des récifs coralliens et rocheux, de la zone de balancement des marées jusqu'à une trentaine de mètres, sur les surfaces où poussent les éponges dont il se nourrit.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Nudibranche blanc de 4 à 10 cm, taché de jaune, reconnaissable aux anneaux violets qui entourent ses branchies et ses rhinophores ; en Égypte, il est signalé du Sinaï au Grand Sud, entre la surface et 30 m. Observez-le sans le toucher ni le déplacer.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Spongivore, comme toute la famille des Chromodorididae. L'éponge Chelonaplysilla violacea est soupçonnée d'être une de ses proies, sans preuve formelle.

Reproduction

Hermaphrodite simultané : chaque partenaire porte les deux sexes. Les œufs sont pondus en ruban fixé au support et donnent une larve véligère planctonique.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon SeaLifeBase (version 2025-2). Espèce signalée dans le parc national de Ras Mohammed, au sud du Sinaï.

Espèces ressemblantes

  • Hypselodoris pulchella (ex-Risbecia pulchella) : nudibranche de mer Rouge à la coloration très proche ; les anneaux violets autour des branchies et des rhinophores signent Goniobranchus annulatus.
  • Hypselodoris ghardaqana (ex-Risbecia ghardaqana) : autre espèce de mer Rouge au patron voisin ; vérifiez la présence des anneaux violets, surtout chez les juvéniles.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Invertébrés

Identification

Ce nudibranche est un mollusque gastéropode qui a perdu sa coquille. Longtemps nommé Chromodoris annulata, il est aujourd’hui rangé dans le genre Goniobranchus par le registre WoRMS. Il atteint 10 cm, mais ceux photographiés en Égypte mesuraient le plus souvent entre 4 et 9 cm.

Le corps, ovale et lisse, est blanc ou crème. Il est semé de petites taches jaune orangé, qui manquent parfois. Le critère décisif tient en deux anneaux violets : l’un cerne le bouquet de branchies à l’arrière du dos, l’autre entoure la base des deux rhinophores, les tentacules sensoriels de la tête. Le bord du manteau porte en général un liseré violet, et les branchies ont une section triangulaire. Chez certains individus, une ligne violette relie les deux anneaux. Cette forme est surtout signalée dans le golfe Persique et le golfe d’Oman.

En mer Rouge, deux espèces de couleurs très proches vivent au même endroit : Hypselodoris pulchella et Hypselodoris ghardaqana, anciennement placées dans le genre Risbecia. Selon le malacologiste Bill Rudman, du Sea Slug Forum, la présence des anneaux violets suffit à confirmer G. annulatus. Le doute porte surtout sur les juvéniles, qui ont des rhinophores proportionnellement grands.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce est présente sur toute la côte égyptienne de la mer Rouge. Les observations publiées sur GBIF la placent dans le parc national de Ras Mohammed et à Abu Rudeis, côté Sinaï, puis autour de Hurghada (Abu Ramada, Fanadir), à Safaga, à Marsa Alam et sur les récifs du Grand Sud. Sur le Sea Slug Forum, des plongeurs l’ont photographiée à Hurghada à 20 et 30 m, à Ras Ghoslani (Sinaï) à 15 m, et sur les récifs de St John’s à 8 m, de nuit.

Elle vit de la zone de marée, où on l’a trouvée à marée basse, jusqu’à 30 m au moins. Cherchez-la sur les roches du récif, là où poussent les éponges. Aucune source ne décrit de saison marquée.

L’espèce a franchi le canal de Suez. WoRMS la signale comme introduite en Méditerranée orientale, au large d’Israël, du Liban et dans la mer Égée.

Biologie et comportement

Comme tous les Chromodorididae, ce nudibranche broute des éponges. Sa proie précise reste mal connue. Plusieurs plongeurs l’ont photographié sur l’éponge violette Chelonaplysilla violacea, mais Bill Rudman rappelle que ces observations ne prouvent pas qu’il s’en nourrisse.

Il est hermaphrodite simultané : chaque individu possède les deux sexes. La ponte forme un ruban fixé au support, photographié notamment entre 4 et 6 m. Les œufs donnent une larve véligère qui dérive dans le plancton avant de se fixer et de devenir adulte. SeaLifeBase note que l’espèce se déplace souvent en petits groupes.

Statut et protection

L’espèce n’a pas été évaluée par l’UICN : SeaLifeBase indique le statut « Non évalué » (NE) dans la version 2025-2 de la liste rouge. Une partie des observations égyptiennes vient du parc national de Ras Mohammed, une aire marine protégée du sud du Sinaï.

Bien l’observer et la photographier

Ralentissez sur les zones d’éponges entre 5 et 20 m, faces verticales comprises. Pour l’identifier sans hésitation, cadrez de façon à montrer à la fois l’anneau violet des branchies et celui des rhinophores, car ce sont eux qui la distinguent des Hypselodoris de mer Rouge.

Au macro, le blanc du manteau sature vite au flash : réduisez la puissance ou éloignez les torches pour garder le détail des taches jaunes. Approchez par le côté, sans soulever de sédiment avec les palmes. Ne la touchez pas, ne la retournez pas et ne la déplacez pas vers un meilleur décor.

Sources