Fiche n° 1089 · Flore · Éponges & tuniciers

Éponge-baril

Xestospongia testudinaria

Afrique Mer Rouge Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-eponge-baril/

Éponge-baril (Xestospongia testudinaria)
Photo : Ratha Grimes from Seattle, WA, United States — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Grande éponge dressée en forme de baril ou de vase, pouvant dépasser 1,5 m de haut.
  • Une seule grande ouverture centrale (oscule) au sommet, à l'intérieur plus pâle et lisse.
  • Paroi épaisse et dure, de teinte brun-rouge à rose ou bordeaux.
  • Surface externe parcourue de crêtes et de lamelles verticales ; certains individus sont lisses, d'autres hérissés de digitations.
  • Souvent plusieurs barils issus d'une même base.

Noms

Nom usuel
Éponge-baril
Nom scientifique
Xestospongia testudinaria
Autres noms
Éponge-barrique · Éponge baril géante · Giant barrel sponge
Synonymes
Alcyonium testudinarium · Petrosia testudinaria · Reniera testudinaria · Reniera crateriformis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'océan Indien occidental jusqu'à l'Indonésie, aux Philippines, à l'Australie et à la Nouvelle-Calédonie. En mer Rouge, l'espèce est surtout documentée dans le sud, sur les récifs saoudiens de Jazan et d'Al-Lith. En Égypte, GBIF ne recense que quelques observations de plongeurs, à Daedalus et au nord de Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens tropicaux, fixée sur un substrat dur. En mer Rouge saoudienne, les spécimens étudiés ont été récoltés entre 15 et 30 m.

Profondeur : 15 – 30 m

Repères pour le plongeur

Grande éponge en forme de baril, rare dans la mer Rouge égyptienne où seules quelques observations sont signalées. C'est un animal filtreur fixé : ne vous asseyez pas dedans et ne cognez pas ses bords cassants.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Filtreur : retient les particules alimentaires de l'eau qui traverse ses parois ; abrite aussi des bactéries et des cyanobactéries symbiotiques.

Reproduction

Sexes séparés (gonochorique), d'après les travaux menés sur la Grande Barrière de corail (Fromont et Bergquist, 1994) ; la larve nage librement avant de se fixer.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN (version 2025-2, d'après SeaLifeBase). Pas d'inscription à la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Baril de rhum (Xestospongia muta) : son sosie des Caraïbes, à la surface plus fortement plissée et crevassée ; il ne vit pas en mer Rouge.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Éponges & tuniciers

Identification

L’éponge-baril, que DORIS nomme aussi éponge-barrique, n’a rien d’une plante : c’est un animal, une démosponge de la famille des Petrosiidae. Elle se dresse en forme de baril ou de vase, avec une seule grande ouverture au sommet, l’oscule, par laquelle ressort l’eau filtrée. DORIS rapporte un individu de plus de 1,5 m de haut. À l’inverse, les exemplaires qui poussent près de la surface ne mesurent que 10 à 20 cm.

Sa paroi épaisse et dure va du brun-rouge au rose ou au bordeaux, et l’intérieur du baril est nettement plus pâle. L’aspect externe varie beaucoup d’un individu à l’autre. Certains sont presque lisses, d’autres couverts de lamelles verticales qui montent de la base au rebord, d’autres encore hérissés de petites digitations. Plusieurs barils partent souvent d’une même base.

Il n’existe pas de dimorphisme visible entre mâles et femelles. La confusion classique se fait avec le baril de rhum (Xestospongia muta) des Caraïbes, que DORIS juge assez ressemblant. Il a une surface plus fortement plissée et crevassée, et il ne vit pas en mer Rouge. Les généticiens considèrent d’ailleurs ces éponges barils géantes comme un complexe d’espèces aux frontières encore floues.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce occupe tout l’Indo-Pacifique tropical, mais elle reste discrète dans la mer Rouge égyptienne. En mer Rouge, les récoltes scientifiques viennent surtout du sud, sur les récifs saoudiens de Jazan et d’Al-Lith, entre 15 et 30 m. En Égypte, GBIF ne recense que cinq observations. La seule confirmée par la communauté iNaturalist a été faite sur le récif de Daedalus, en novembre 2024. Les quatre autres, issues du programme BioObs de la FFESSM, viennent de la côte au nord de Marsa Alam, mais leur identification n’a pas pu être validée.

Si vous en croisez une, ce sera donc une rencontre rare, à noter dans votre carnet. Cherchez-la sur les pentes et les tombants des récifs du sud, fixée sur un fond dur. Comme tout animal fixé, elle est visible toute l’année : aucune saison particulière n’est documentée.

Biologie et comportement

L’éponge-baril se nourrit par filtration. L’eau entre par une multitude de pores microscopiques percés dans la paroi. Des cellules munies d’un flagelle l’aspirent et en retiennent les particules nutritives, puis l’eau ressort par l’oscule. La paroi abrite aussi des bactéries et des cyanobactéries associées. Ce microbiome varie d’ailleurs d’un individu à l’autre, même quand leur forme est identique.

Les études menées sur la Grande Barrière de corail montrent que les sexes sont séparés : chaque éponge produit soit des ovules, soit des spermatozoïdes. La larve nage librement avant de se fixer sur un support dur. Son grand volume sert d’abri à d’autres invertébrés et à de petits poissons de fond.

Statut et protection

L’espèce n’a jamais été évaluée par l’UICN : elle est classée « Non évaluée » (NE) dans la version 2025-2 de la liste rouge, selon SeaLifeBase. Elle n’est pas inscrite à la CITES. Elle intéresse en revanche les chimistes : des spécimens récoltés en mer Rouge saoudienne ont fourni des molécules dont la toxicité envers des cellules cancéreuses est étudiée en laboratoire. Nous n’avons trouvé aucune réglementation égyptienne propre à cette espèce.

Bien l’observer et la photographier

Ne vous asseyez pas dans le baril et ne glissez pas la main ou la tête à l’intérieur. Chez son cousin des Caraïbes, DORIS rappelle que la paroi est fragile et qu’il faut éviter d’en casser les bords. Gardez une flottabilité neutre et approchez par le côté, palmes relevées, pour ne pas heurter la base.

Pour la photo, un grand-angle s’impose dès que l’éponge dépasse un mètre. Placez un plongeur ou un banc de poissons à côté pour donner l’échelle, et éclairez l’intérieur pâle pour faire ressortir le contraste avec la paroi sombre. Si vous pensez en avoir vu une en Égypte, une photo nette de la surface externe et de l’oscule, déposée sur BioObs ou iNaturalist, aidera à documenter sa présence.

Sources