Fiche n° 1090 · Flore · Éponges & tuniciers
Éponge jaune
Phyllospongia spp.
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-eponge-jaune/
Clé d'identification
- Éponge en lame ou en feuille dressée (forme foliacée), et non en tube, en baril ou en croûte.
- Une seule base d'attache, en forme de pédoncule, sur des débris de corail ou à la marge des gros blocs coralliens.
- Lame de quelques centimètres à plus de 20 cm de haut chez Phyllospongia foliascens.
- Pas de spicules : un squelette de fibres cornées, qui rend les espèces voisines très difficiles à séparer à l'œil.
- Toujours en zone éclairée, du platier à faible profondeur jusqu'à une trentaine de mètres.
Noms
- Nom usuel
- Éponge jaune
- Nom scientifique
- Phyllospongia spp.
- Autres noms
- Éponge foliacée
- Synonymes
- Carteriospongia spp. · Carteriospongia foliascens
Distribution géographique
Indo-Pacifique tropical, de l'Afrique de l'Est à la Polynésie, mer Rouge comprise. En Égypte, Phyllospongia foliascens n'est documentée par GBIF que dans le Grand Sud, à Sataya et dans le secteur de Wadi El-Gemal - Hamata (deux observations iNaturalist validées, 2023 et 2024).
Zones : Mer Rouge · Grand Sud — Afrique
Biotope
Récifs coralliens peu profonds et bien éclairés : platiers, débris coralliens, marges des gros massifs. L'espèce tolère les eaux chargées en sédiments.
Profondeur : 0 – 30 m
Repères pour le plongeur
Éponge en lame dressée, fixée par un pied sur le récif peu profond et bien éclairé ; en Égypte, elle n'est documentée que dans le Grand Sud. Ne la touchez pas : sa base unique la rend fragile aux coups de palme.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Filtreur (SeaLifeBase) ; chez Phyllospongia foliascens, des cyanobactéries symbiotiques (surtout Candidatus Synechococcus spongiarum) fournissent par photosynthèse plus de 50 % de la nutrition de l'éponge.
Reproduction
Phyllospongia foliascens est vivipare : elle incube ses embryons et libère, uniquement de jour, des larves parenchymella d'environ 0,85 mm. Sur la Grande Barrière, elle se reproduit toute l'année avec un pic d'octobre à décembre ; aucune donnée pour la mer Rouge.
Conservation
Non évalué (UICN)
Phyllospongia foliascens n'est pas évaluée par l'UICN (NE), ni listée à la CITES, selon SeaLifeBase (consulté en 2026). Elle dépend de la lumière : privée de lumière, elle perd ses cyanobactéries et meurt, d'où sa sensibilité à la turbidité.
Espèces ressemblantes
- Autres éponges foliacées de la sous-famille des Phyllospongiinae (genres Strepsichordaia et Phyllospongia) : dépourvues de spicules, elles se distinguent très difficilement sans analyse au laboratoire (Abdul Wahab et al., 2014).
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Éponges & tuniciers
Identification
Cette fiche regroupe les éponges foliacées du genre Phyllospongia, longtemps rangées sous le nom de Carteriospongia. WoRMS considère aujourd’hui Carteriospongia comme un synonyme de Phyllospongia. Une éponge est un animal, et non une plante : elle filtre l’eau et vit fixée au fond.
L’espèce la mieux documentée du genre, et la seule observée en Égypte d’après GBIF, est Phyllospongia foliascens. Elle forme des lames dressées, comme des feuilles plantées dans le récif. Elle ne pousse donc ni en tube, ni en baril, ni en croûte. Chaque individu tient au substrat par un seul point d’attache, une sorte de pédoncule. SeaLifeBase indique que la lame peut dépasser 20 cm de haut.
Les sources consultées ne décrivent pas de couleur type. Le nom d’« éponge jaune » est un nom d’usage, qui ne suffit pas à identifier l’animal. Fiez-vous à la forme en feuille et à la base unique plutôt qu’à la teinte.
Ces éponges n’ont pas de spicules : leur squelette est fait de fibres cornées. D’après Abdul Wahab et ses collègues (2014), ce manque de critères solides rend les éponges foliacées voisines, des genres Strepsichordaia et Phyllospongia, très difficiles à distinguer. Sous l’eau, restez donc au niveau du genre.
Où et quand l’observer en Égypte
Phyllospongia foliascens vit dans tout l’Indo-Pacifique tropical. Elle est signalée en mer Rouge : une étude de 2014 (Gao et ses collègues) porte sur ses populations de cette mer. Pour l’Égypte, GBIF ne recense que deux observations validées, toutes deux dans le Grand Sud. La première a été faite à Sataya en 2023, la seconde dans le secteur de Wadi El-Gemal - Hamata en 2024. Aucune donnée ne l’atteste à ce jour dans le Sinaï ni plus au nord.
Cherchez-la sur les récifs peu profonds et bien éclairés. SeaLifeBase la donne entre 2 et 24 m, fixée sur les marges des gros blocs coralliens. Elle tolère les eaux chargées en sédiments. En Australie, on la trouve de 0 à 2 m sur les récifs côtiers turbides, et de 10 à 30 m sur les récifs plus clairs du large. Aucune saison particulière n’est documentée : une éponge fixée s’observe toute l’année.
Biologie et comportement
L’éponge filtre l’eau pour en retirer ses particules nutritives. Mais P. foliascens vit surtout de la lumière. Des cyanobactéries logées dans ses tissus, en majorité Candidatus Synechococcus spongiarum, lui fournissent par photosynthèse plus de la moitié de sa nutrition. C’est ce qui explique sa présence en eau peu profonde.
L’espèce est vivipare. Elle incube ses embryons et relâche des larves d’environ 0,85 mm, couleur crème, uniquement de jour. Sur la Grande Barrière, la reproduction dure toute l’année avec un pic d’octobre à décembre. Aucune donnée n’existe pour la mer Rouge. Les larves fuient la lumière peu après leur sortie et se fixent souvent dans les 30 heures. Sur les récifs du large australien, ces éponges foliacées peuvent représenter jusqu’à 80 % de la biomasse d’éponges et servent d’abri à de nombreux animaux.
Statut et protection
Phyllospongia foliascens n’est pas évaluée par l’UICN et ne figure pas à la CITES, selon SeaLifeBase consulté en 2026. Sa vraie fragilité est ailleurs. Une expérience menée en Australie (Pineda et ses collègues, 2016) l’a placée dans le noir : elle a perdu sa couleur en sept jours, puis ses cyanobactéries, et tous les individus décolorés sont morts dans les deux semaines suivantes. Une eau durablement troublée, par des travaux ou des rejets, la menace donc directement. En mer Rouge, des tissus anormaux à la flore microbienne perturbée ont aussi été décrits.
Bien l’observer et la photographier
Son point d’attache unique la rend vulnérable aux chocs. Un coup de palme ou un appui de la main peut la décrocher entière. Approchez-la à l’horizontale, bien équilibré, et ne vous tenez jamais à son pied. Sur un platier très peu profond, la houle rapproche le plongeur du fond : gardez une marge.
Pour la photo, cadrez la lame de profil pour montrer sa forme en feuille, puis de face pour sa surface. Notez aussi le support, débris ou massif corallien. Si vous en trouvez une dans le Grand Sud, une photo géolocalisée, déposée sur une plateforme de sciences participatives, complète des données encore très rares pour l’Égypte.
Sources
- WoRMS : Phyllospongia foliascens (Pallas, 1766)
- WoRMS : Carteriospongia Hyatt, 1877, synonyme de Phyllospongia
- SeaLifeBase : Carteriospongia foliascens
- GBIF : observations de Phyllospongia foliascens en Égypte (API)
- Abdul Wahab et al. (2014), PLOS ONE : comportement larvaire de Carteriospongia foliascens
- Abdul Wahab et al. (2014), Molecular Phylogenetics and Evolution : éponges foliacées des tropiques australiens (résumé)
- Luter et al. (2015), PeerJ : microbiome de Carteriospongia foliascens
- Pineda et al. (2016), Scientific Reports : effets de la baisse de lumière sur les éponges
- Gao et al. (2014), Microbial Ecology : communautés microbiennes de Carteriospongia foliascens en mer Rouge (résumé)