Fiche n° 1059 · Faune · Requins & raies

Raie aigle

Aetobatus ocellatus

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-raie-aigle/

Raie aigle (Aetobatus ocellatus)
Photo : Paul Asman and Jill Lenoble — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Disque en losange, environ 1,8 fois plus large que long, de 1,5 m d'envergure en moyenne.
  • Dos gris foncé à brun, parfois verdâtre, semé de points blancs réguliers ; certains individus portent des ocelles (centre sombre cerclé de blanc).
  • Tête détachée du disque, museau plat et arrondi « en bec de canard ».
  • Ventre blanc, avec cinq fentes branchiales de chaque côté.
  • Queue fine et très longue, environ 2,2 fois l'envergure, armée de 2 à 6 aiguillons venimeux à sa base, sans nageoire caudale.

Noms

Nom usuel
Raie aigle
Nom scientifique
Aetobatus ocellatus
Autres noms
Raie aigle tachetée · Raie léopard · Aigle de mer léopard · Raie chauve-souris
Synonymes
Aetobatus narinari (au sens large, avant la séparation des deux espèces) · Myliobatis ocellatus · Aetobatus guttatus · Raja tajara

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'à Hawaï et la Polynésie française. En Égypte, des observations versées à GBIF viennent du Sud-Sinaï (Charm el-Cheikh, Ras Mohammed), de Hurghada, de Safaga, d'El Qoseir, de Marsa Alam, de Wadi el Gemal et de la baie de Lahami.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Pleine eau, de la surface à environ 80 m, au-dessus des étendues de sable, des herbiers et des récifs. Elle fréquente aussi les eaux côtières saumâtres et les estuaires.

Profondeur : 0 – 80 m

Repères pour le plongeur

En mer Rouge égyptienne, la raie aigle tachetée survole les plateaux de sable et les herbiers en bordure de récif, seule ou en groupe. Laissez-la passer sans la poursuivre ni l'approcher par l'arrière : sa longue queue porte des aiguillons venimeux.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout des mollusques, en particulier des poulpes, mais aussi bernard-l'ermite, buccins, huîtres et autres bivalves, crustacés, vers et oursins, qu'elle déterre en fouillant le sable avec la tête et broie avec ses plaques dentaires. Les adultes prennent parfois des poissons.

Reproduction

Ovovivipare : gestation d'environ 12 mois, portées de 1 à 4 petits de 33 à 36 cm d'envergure, 2 à 3 ans entre deux gestations (DORIS). FishBase cite des portées de 10 petits au plus.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critères A2bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 6 juillet 2023 selon FishBase. Menaces : pêche côtière peu encadrée (filets maillants, chaluts, palangres) et faible fécondité.

Espèces ressemblantes

  • Raie aigle à queue fouet (Aetobatus flagellum) : même silhouette, présente en mer Rouge, mais dos sans points blancs.
  • Raie léopard de l'Atlantique (Aetobatus narinari) : longtemps confondue avec elle, dos plus clair et jaunâtre ; absente de la mer Rouge.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La raie aigle de mer Rouge porte aujourd’hui le nom d’Aetobatus ocellatus, la raie aigle tachetée de DORIS. Elle a longtemps été rangée sous Aetobatus narinari, mais des études récentes ont confirmé qu’il s’agit de deux espèces : A. narinari vit dans l’Atlantique, A. ocellatus dans l’Indo-Pacifique et la mer Rouge.

Son disque forme un losange environ 1,8 fois plus large que long. L’envergure tourne autour de 1,5 m et peut atteindre 3,3 m. Le dos, gris foncé à brun et souvent verdâtre, est semé de points blancs régulièrement espacés ; chez certains individus, ces points deviennent des ocelles, au centre sombre cerclé de blanc. La tête se détache nettement du disque et se termine par un museau plat et arrondi, en bec de canard. Le ventre est blanc. La queue, fine comme un fouet, mesure plus du double de l’envergure et porte à sa base une petite dorsale puis 2 à 6 aiguillons venimeux.

En mer Rouge, la seule confusion sérieuse est la raie aigle à queue fouet (Aetobatus flagellum), de même silhouette mais au dos uni, sans points blancs. Face à la raie léopard de l’Atlantique, DORIS note un dos plus sombre et une queue un peu plus longue chez A. ocellatus.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce est signalée dans toute la mer Rouge. Les observations de plongeurs versées à GBIF couvrent la côte égyptienne du nord au sud : Charm el-Cheikh et Ras Mohammed dans le Sud-Sinaï, Hurghada, Safaga, El Qoseir, Marsa Alam, Wadi el Gemal et jusqu’à la baie de Lahami.

Cherchez-la en pleine eau au-dessus des plateaux de sable, des herbiers et des pieds de récif. DORIS la donne de la surface à environ 80 m ; FishBase indique une profondeur habituelle de 20 à 25 m. Elle peut parcourir de longues distances mais revient à un récif d’attache. Aucune source consultée ne décrit de saison particulière en Égypte : elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

C’est une chasseuse de fond. Elle repère ses proies enfouies en fouillant le sable avec la tête, puis broie les coquilles avec ses plaques dentaires disposées sur un seul rang. Son menu : poulpes en priorité, bernard-l’ermite, buccins, bivalves, crustacés, vers, oursins, et parfois des poissons chez les grands adultes.

Diurne et rapide, elle nage seule ou en groupes qui peuvent compter des centaines d’individus, souvent près de la surface. Il lui arrive de bondir hors de l’eau, peut-être pour se débarrasser de parasites. Pour se reproduire, les raies se rassemblent au-dessus de grandes étendues sableuses ; une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles en une heure. L’espèce est ovovivipare : après environ douze mois de gestation naissent 1 à 4 petits de 33 à 36 cm d’envergure, et deux à trois ans séparent deux portées. Ses prédateurs sont des requins, dont le grand requin-marteau.

Statut et protection

L’UICN classe Aetobatus ocellatus « En danger » (EN, critères A2bcd) ; FishBase date cette évaluation du 6 juillet 2023, et GBIF reprend la même catégorie. La fiche DORIS, mise à jour en 2022, mentionne encore l’ancien statut « Vulnérable ». Les menaces sont la pêche côtière, peu encadrée, aux filets maillants et aux chaluts, combinée à une reproduction lente. Nous n’avons pas trouvé de réglementation égyptienne propre à l’espèce dans les sources consultées.

Bien l’observer et la photographier

La raie aigle tachetée est méfiante et rapide : si vous palmez vers elle, elle s’éloigne. Restez posé au bord du plateau de sable, en flottabilité neutre, et laissez-la venir le long du récif. Quand elle fouille le sable, elle est absorbée par sa chasse ; c’est le moment d’observer le museau en action, sans soulever de sédiment.

Pour la photo, un grand-angle et une prise de vue légèrement par-dessous, avec la surface en fond, détachent bien le losange et la queue. De dessus, les points blancs ressortent sur le dos sombre, à condition d’être proche, car l’eau bleue les écrase vite. Ne la poursuivez jamais et ne passez pas derrière elle : les aiguillons de sa queue provoquent des blessures très douloureuses.

Sources