Fiche n° 1060 · Faune · Requins & raies

Raie pastenague

Taeniurops meyeni

Afrique Mer Rouge Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-raie-pastenague/

Raie pastenague (Taeniurops meyeni)
Photo : Tchami — CC BY-SA 2.0 — source

Clé d'identification

  • Grande raie au disque rond et épais, plus large que long.
  • Face dorsale grise à brune, marbrée de taches noires irrégulières et de points clairs ; ventre crème.
  • Queue courte et épaisse, noire après l'aiguillon venimeux (parfois deux aiguillons).
  • Repli de peau ventral profond qui court jusqu'au bout de la queue.
  • Yeux saillants sur le dessus du disque, évents juste en arrière.

Noms

Nom usuel
Raie pastenague
Nom scientifique
Taeniurops meyeni
Autres noms
Raie à taches noires · Round ribbontail ray · Blotched fantail ray
Synonymes
Taeniura meyeni · Taeniura melanospila · Taeniura melanospilos · Taeniura mortoni

Distribution géographique

Indo-Pacifique ouest, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est au sud du Japon, à l'Australie tropicale et à la Micronésie ; dans le Pacifique est, seulement aux îles Cocos et Galápagos. En Égypte, GBIF recense un spécimen ancien de la lagune d'El-Quseir (1868) et une observation de 2025 au sud de Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge · Grand Sud — Afrique

Biotope

Fonds de sable ou de débris près des récifs coralliens et rocheux, des lagunes peu profondes aux tombants extérieurs. De 1 à 500 m, le plus souvent entre 20 et 60 m.

Profondeur : 1 – 60 m

Repères pour le plongeur

Grande raie à taches noires des fonds sableux, souvent posée immobile le jour au pied du récif. Son aiguillon est venimeux : observez-la de côté, sans la toucher ni lui couper la route.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Petites proies du fond : bivalves, crabes, crevettes et poissons benthiques, qu'elle déterre en soufflant de l'eau par ses évents.

Reproduction

Vivipare aplacentaire : les embryons se nourrissent de leur vitellus puis d'un liquide utérin sécrété par la mère. Jusqu'à 7 petits par portée ; le plus petit individu libre connu mesurait 33 cm de largeur de disque.

Conservation

Vulnérable (UICN)

Vulnérable (VU, critères A2cd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 24 juillet 2023 selon FishBase. Menaces : pêche ciblée et prises accessoires, dégradation des récifs.

Espèces ressemblantes

  • Raie pastenague à points bleus (Taeniura lymma) : bien plus petite (environ 70 cm), disque ovale ocre semé de taches bleu vif régulières, longue queue fine.

Classification

Règne
Animal
Groupe
Requins & raies

Identification

La raie présentée ici est la raie à taches noires, nom retenu par DORIS. Son nom scientifique valide est aujourd’hui Taeniurops meyeni : WoRMS a déplacé l’ancienne Taeniura meyeni dans le genre Taeniurops. Le nom « raie pastenague » est plus vague et désigne aussi d’autres raies à aiguillon de la famille des Dasyatidés.

C’est une grande raie. FishBase lui donne jusqu’à 3,30 m de longueur totale et 150 kg. Son disque est rond, épais, un peu plus large que long. Le dessus est gris à brun, marbré de taches noires irrégulières et piqueté de points clairs. Le dessous est crème. Les yeux, saillants, sont placés sur le dessus du disque, avec les évents juste derrière. La queue est courte et épaisse. Elle porte un aiguillon venimeux, rarement deux, et devient entièrement noire au-delà. Un repli de peau profond borde sa face inférieure jusqu’à la pointe. Les jeunes ont une livrée plus uniforme que les adultes.

En mer Rouge, la confusion la plus courante se fait avec la raie pastenague à points bleus (Taeniura lymma). Celle-ci ne dépasse guère 70 cm selon DORIS, a un disque ovale ocre semé de taches bleu vif régulières et une queue longue et fine.

Où et quand l’observer en Égypte

FishBase indique l’espèce dans toute la mer Rouge, sur des fonds allant des lagunes peu profondes aux pentes externes des récifs. Elle se tient sur le sable ou les débris coralliens près des récifs coralliens et rocheux, le plus souvent entre 20 et 60 m. Elle peut toutefois descendre jusqu’à 500 m.

Les données égyptiennes restent maigres. GBIF recense seulement deux mentions sur le territoire : un spécimen de musée collecté en 1868 dans la lagune d’El-Quseir, et une observation validée sur iNaturalist en septembre 2025 au large du littoral au sud de Marsa Alam. Aucune source consultée ne cite de site de plongée précis ni de saison particulière. Elle peut donc se rencontrer toute l’année, sans être un animal que l’on croise à chaque plongée.

Biologie et comportement

La raie à taches noires chasse surtout la nuit. Le jour, elle se repose immobile sur le fond, souvent sous un surplomb ou au pied d’une paroi. Pour se nourrir, elle plaque son disque au sol et souffle de l’eau par ses évents afin de dégager les proies enfouies : bivalves, crabes, crevettes et petits poissons de fond. Elle vit seule ou en groupe, et FishBase signale qu’elle est souvent suivie par des carangues ou des cobias qui nagent dans son sillage.

L’espèce est vivipare sans placenta. Les embryons se nourrissent d’abord de leur réserve de vitellus, puis d’un liquide utérin produit par la mère. Une portée compte jusqu’à sept petits. Les mâles sont matures vers 1 à 1,10 m.

Elle n’est pas agressive. Menacée, elle relève sa queue aiguillon en avant et l’agite. FishBase la classe parmi les espèces venimeuses et lui attribue au moins un décès humain.

Statut et protection

L’UICN classe Taeniurops meyeni « Vulnérable » (VU, critères A2cd) sur sa liste rouge mondiale. FishBase date cette évaluation du 24 juillet 2023. Les principales menaces sont la pêche, ciblée ou accidentelle, et la dégradation des récifs. Les sources consultées n’indiquent pas de statut de protection propre à l’Égypte pour cette raie.

Bien l’observer et la photographier

Repérez une forme sombre et ronde posée sur le sable, au pied d’un massif ou sous une avancée de roche. Approchez-vous lentement par le côté, jamais par l’arrière ni au-dessus de la queue. Ne la touchez pas et ne bloquez pas son passage vers le large. Si elle relève la queue, reculez : c’est son geste de défense avant de piquer.

Pour la photo, un grand-angle permet de cadrer tout le disque, car un adulte dépasse le mètre. Placez-vous presque à hauteur de l’œil pour montrer les yeux saillants et les évents. L’éclairage doit rester doux, car le dos sombre se bouche vite à contre-jour et le sable clair autour surexpose.

Sources