Fiche n° 1093 · Flore · Algues & plantes

Herbier à dugong

Halophila stipulacea

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-herbier-a-dugong/

Herbier à dugong (Halophila stipulacea)
Photo : Tim Sheerman-Chase — CC BY 2.0 — source

Clé d'identification

  • Plante marine à fleurs (phanérogame) et non algue : les feuilles partent d'un rhizome rampant enfoui dans le sédiment.
  • Feuilles groupées par paires, chacune portée par un pétiole court de 3 à 15 mm.
  • Limbe vert, allongé, de 3 à 6 cm de long sur 2,5 à 8 mm de large.
  • Bord de la feuille finement denté, visible de près.
  • Une seule racine épaisse et non ramifiée à chaque nœud du rhizome.
  • Touffes ou prairies clairsemées sur sable fin, vase ou débris coralliens.

Noms

Nom usuel
Herbier à dugong
Nom scientifique
Halophila stipulacea
Autres noms
Halophile stipulée · Broadleaf seagrass
Synonymes
Zostera stipulacea · Zostera bullata · Thalassia stipulacea

Distribution géographique

Originaire de l'océan Indien et de la mer Rouge ; introduite en Méditerranée et dans les Caraïbes. En Égypte, GBIF la recense sur toute la côte : golfe et canal de Suez, Ras Mohammed et Nuweiba (Sinaï), Hurghada, El-Qoseir, Abu Dabbab, Marsa Alam, puis vers le sud jusqu'à Ras Banas, Shalateen et Halaib.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Fonds meubles abrités : sable fin, vase et débris coralliens. Surtout entre 1 et 30 m selon SeaLifeBase, rarement en zone de marnage, et jusqu'à 70 m sur sable fin.

Profondeur : 1 – 70 m

Repères pour le plongeur

L'halophile stipulée forme les petites prairies sous-marines que broutent tortues vertes et dugongs sur les fonds sableux de la mer Rouge égyptienne. Restez au-dessus du sable, sans palmer près du fond ni arracher de plants.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Plante à fleurs photosynthétique : elle tire son énergie de la lumière et puise ses nutriments dans le sédiment par ses racines.

Reproduction

Dioïque : fleurs mâles et femelles sur des pieds séparés, solitaires et enveloppées d'une spathe ; le pollen est libéré en chapelets dans un tube de mucilage. Elle s'étend surtout par croissance du rhizome et par fragments transportés par les courants.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN : évaluation publiée en 2010 (Short et al.), datée du 17 octobre 2007 selon SeaLifeBase. Hors de son aire d'origine, elle est considérée comme envahissante en Méditerranée et dans les Caraïbes.

Espèces ressemblantes

  • Halophile ovale (Halophila ovalis) : présente aussi en mer Rouge, mais feuilles ovales, larges jusqu'à 2 cm, avec au moins 8 nervures secondaires disposées en chevrons.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Algues & plantes

Identification

L’« herbier à dugong » désigne ici l’halophile stipulée, Halophila stipulacea. Ce n’est ni une algue ni un animal : c’est une plante à fleurs marine, de la famille des Hydrocharitacées, comme les autres herbes des herbiers.

Sous l’eau, elle forme des touffes vert clair, parfois une prairie clairsemée, posées sur le sable. Les feuilles sortent par paires d’un rhizome rampant, enfoui dans le sédiment, chacune au bout d’un court pétiole de 3 à 15 mm. Le limbe mesure 3 à 6 cm de long pour 2,5 à 8 mm de large. De près, son bord est finement denté. À chaque nœud du rhizome part une seule racine, épaisse et non ramifiée.

En mer Rouge, la confusion la plus probable est l’halophile ovale, Halophila ovalis. DORIS lui décrit des feuilles ovales, plus larges (jusqu’à 2 cm), parcourues d’au moins huit nervures secondaires en chevrons. Les feuilles étroites et dentées de l’halophile stipulée la distinguent.

Où et quand l’observer en Égypte

DORIS donne l’espèce comme originaire de l’océan Indien et de la mer Rouge. Les données réunies par GBIF la placent sur tout le littoral égyptien. Au nord, on la trouve dans le golfe de Suez, et même dans le canal (Grand lac Amer, lac Timsah). Côté Sinaï, elle est signalée à Ras Mohammed et à Nuweiba. Plus au sud, les relevés passent par Hurghada, El-Qoseir, Abu Dabbab et Marsa Alam, puis descendent jusqu’à Ras Banas, Shalateen et Halaib, près de la frontière soudanaise.

Cherchez-la sur les fonds meubles abrités : sable fin, vase, débris coralliens au pied des récifs, au fond des baies. SeaLifeBase la situe surtout entre 1 et 30 m, rarement dans la zone de marnage, et jusqu’à 70 m sur sable fin. Plante pérenne, elle s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Comme toute plante, elle vit de la photosynthèse et puise ses nutriments dans le sédiment. L’espèce est dioïque : un pied porte soit des fleurs mâles, soit des fleurs femelles. Ces fleurs, solitaires, restent enveloppées dans une spathe, et le pollen part dans l’eau en chapelets pris dans un tube de mucilage. La floraison a été décrite de février à avril en Inde et en juillet-août en Méditerranée. Aucune date n’a été trouvée pour la mer Rouge. La plante s’étend surtout en allongeant son rhizome, et ses fragments, emportés par les courants ou les bateaux, peuvent reprendre ailleurs.

SeaLifeBase en fait une source importante de production primaire et une nurserie. Elle nourrit des poissons-lapins (Siganus), des chirurgiens du genre Zebrasoma, des tortues et des dugongs. Le dugong arrache les plants avec leurs racines.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC). L’évaluation a été publiée en 2010 (Short et al.), et SeaLifeBase la date du 17 octobre 2007. Hors de son aire d’origine, elle pose problème. Son arrivée en Méditerranée est documentée depuis 1894, sans doute par le canal de Suez, ouvert en 1869. Nous n’avons pas trouvé de texte égyptien qui protège spécifiquement cette plante.

Bien l’observer et la photographier

Ici, rien ne fuit : c’est vous qui risquez d’abîmer le sujet. Un coup de palme près du fond soulève le sable, déchausse le rhizome et brouille la photo. Stabilisez-vous au-dessus de la prairie, palmes relevées, et ne vous posez pas dessus.

Pour l’identification, une photo rapprochée doit montrer une paire de feuilles sur son pétiole et le bord denté du limbe. Un éclairage rasant fait ressortir la denture. En plan large, restez bas pour détacher les touffes sur le sable. N’arrachez aucun plant pour le regarder, et ne remontez pas de fragments : c’est ainsi que l’espèce voyage.

Sources