Fiche n° 1077 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Acropore digité

Acropora digitifera

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-acropore-digite/

Acropore digité (Acropora digitifera)
Photo : Paul Muir — CC BY 3.0 — source

Clé d'identification

  • Corail dur en touffes de courtes branches dressées comme des doigts, posées sur une base encroûtante.
  • Colonies souvent étalées en plaques fixées au substrat, pouvant dépasser 1 m de diamètre.
  • Branches fines, d'environ 1 cm de diamètre, cylindriques ou effilées, parfois ramifiées.
  • Corallites radiaux tubulaires, de taille régulière le long des branches, à lèvre légèrement évasée ; corallite terminal jusqu'à 4 mm.
  • Teinte violette, brun pâle, crème ou jaune, extrémités souvent plus claires : bleu pâle, crème ou jaune.

Noms

Nom usuel
Acropore digité
Nom scientifique
Acropora digitifera
Autres noms
Acropore digitifère
Synonymes
Madrepora digitifera · Acropora wardii · Acropora pyramidalis · Acropora leptocyathus · Acropora brevicollis · Acropora baeodactyla · Acropora schmitti

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'au Pacifique central. En Égypte, observations dans le golfe d'Aqaba (spécimen de musée de Dahab), au sud du Sinaï, autour de Hurghada et de Safaga, près d'El Quseir et jusqu'au sud de Marsa Alam.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Corail constructeur zooxanthellé des eaux peu profondes, des platiers intertidaux jusqu'à environ 15 m (WoRMS ; 12 m selon SeaLifeBase). Il affectionne les bordures arrière de récif battues par les vagues, où il peut localement dominer.

Profondeur : 0 – 15 m

Repères pour le plongeur

Corail branchu en doigts courts et serrés, aux pointes souvent claires, sur les bordures de récif battues par les vagues. Restez au-dessus de lui en palmant doucement : la moindre touche casse ses branches de 1 cm.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Corail zooxanthellé : il héberge dans ses tissus des microalgues symbiotiques photosynthétiques (zooxanthelles).

Reproduction

Reproduction sexuée par émission des gamètes en pleine eau (broadcast spawning) ; en Australie occidentale, très peu de larves se dispersent à plus de 50 km de leur récif d'origine.

Conservation

En danger (UICN)

En danger (EN, critère A3ce) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 27 avril 2023 (Liste rouge 2025-2, reprise par SeaLifeBase). Inscrit à l'annexe II de la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Acropora humilis, Acropora gemmifera et Acropora monticulosa : même port en doigts, mais branches nettement plus grosses.
  • Acropora japonica : l'espèce la plus proche selon Corals of the World ; seul un examen des corallites permet de trancher.
  • Acropora pharaonis : DORIS signale qu'une photo égyptienne présentée comme A. digitifera montre probablement cette espèce.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

L’acropore digité, ou acropore digitifère selon DORIS, est un animal : un corail dur de la famille des Acroporidae. Ses colonies forment des touffes de courtes branches dressées comme des doigts, posées sur une base encroûtante. Elles s’étalent souvent en plaques fixées au substrat, qui peuvent dépasser un mètre de diamètre.

Le détail qui compte, c’est la finesse des branches : environ 1 cm de diamètre, cylindriques ou légèrement effilées, parfois ramifiées. WoRMS le décrit comme une version grêle d’Acropora humilis. Les corallites radiaux, petits tubes d’environ 1 mm, ont tous à peu près la même taille le long de la branche et une lèvre un peu évasée. Le corallite terminal, à la pointe, atteint 4 mm. La teinte va du violet au brun pâle, au crème ou au jaune. Les extrémités sont souvent plus claires, bleu pâle, crème ou jaune ; Corals of the World précise que le bleu pâle ressort parfois violet en photo.

Les confusions sont nombreuses. Acropora humilis, Acropora gemmifera et surtout Acropora monticulosa ont le même port en doigts, mais des branches bien plus grosses. Acropora japonica est l’espèce la plus proche. DORIS rappelle que l’identification des coraux durs sur photo reste incertaine, et indique que l’une des images égyptiennes de sa propre fiche montre probablement Acropora pharaonis. Sous l’eau, parlez plutôt d’un Acropora « de type digitifera ».

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce vit dans tout l’Indo-Pacifique, de la mer Rouge et de l’Afrique de l’Est jusqu’au Pacifique central selon WoRMS. En Égypte, les données de GBIF jalonnent toute la côte. Un spécimen du Queensland Museum provient de Dahab, dans le golfe d’Aqaba. Les observations de plongeurs (programme BioObs, iNaturalist) couvrent le sud du Sinaï, les environs de Hurghada et de Safaga, puis la côte jusqu’au sud de Marsa Alam. Un inventaire scientifique la note aussi sur les récifs de Mangrove Bay, à 29 km au sud d’El Quseir.

Cherchez-la en eau peu profonde, dès les platiers découverts à marée basse. SeaLifeBase indique 0 à 12 m ; WoRMS la signale jusqu’à 15 m, limite que nous retenons. Son milieu de prédilection est la bordure arrière du récif battue par les vagues. Rare ailleurs, elle peut y dominer et couvrir par endroits 10 à 20 % du fond, voire davantage. C’est un corail fixé : il est visible toute l’année.

Biologie et comportement

Comme les autres coraux constructeurs, l’acropore digité est zooxanthellé : ses tissus abritent des microalgues symbiotiques qui font la photosynthèse.

C’est une espèce qui émet ses gamètes en pleine eau. Une étude génétique menée en Australie occidentale montre pourtant que très peu de larves se dispersent au-delà de 50 km : les récifs se renouvellent surtout grâce à leurs propres larves.

Décrite en 1846 par Dana sous le nom de Madrepora digitifera, elle a reçu une trentaine de noms aujourd’hui tombés en synonymie, dont Madrepora pyramidalis, publié par Klunzinger en 1879 dans son ouvrage sur les coraux de la mer Rouge.

Statut et protection

La liste rouge mondiale de l’UICN classe Acropora digitifera « En danger » (EN) depuis son évaluation du 27 avril 2023, selon le critère A3ce : un déclin de population projeté pour les années à venir. SeaLifeBase reprend ce statut dans la version 2025-2 de la liste rouge. Comme tous les Acropora, l’espèce est inscrite à l’annexe II de la CITES : son commerce international est contrôlé. Ne prélevez aucun fragment, même cassé ou mort.

Bien l’observer et la photographier

Sur un platier ou une bordure de récif, réglez votre lestage avant d’arriver au-dessus des colonies : dans 2 ou 3 m d’eau, la houle vous rapproche vite du fond. Gardez les palmes hautes et ne vous posez jamais sur une touffe : des branches de 1 cm se cassent net.

Pour documenter l’espèce, faites deux images. La première montre la colonie entière et sa forme en plaque. La seconde est une macro d’une extrémité de branche, prise bien de face, où l’on voit le corallite terminal et les corallites radiaux tubulaires, alignés et de taille égale. Ces détails la séparent d’Acropora humilis ou d’Acropora gemmifera.

Sources