Fiche n° 1081 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail porites

Porites lobata

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-porites/

Corail porites (Porites lobata)
Photo : Ray Boland / NOAA/NMFS/PIFD/ESOD — Public domain — source

Clé d'identification

  • Colonie massive en dôme ou en casque, souvent de plusieurs mètres de diamètre ; forme encroûtante sur les pentes battues par la houle.
  • Surface lisse ou bosselée en lobes arrondis, sans vallées ni gros calices visibles.
  • Polypes minuscules, d'environ 1 mm, qui donnent à la surface un aspect finement poreux.
  • Teinte crème à brun pâle, parfois verte, jaune, bleue ou violette en eau peu profonde.
  • Calices d'aspect ouvert, avec peu d'éléments squelettiques visibles (plus remplis chez Porites lutea).

Noms

Nom usuel
Corail porites
Nom scientifique
Porites lobata
Autres noms
Porite lobée · Lobe coral · Hump coral
Synonymes
Porites (Porites) lobata · Porites baueri · Porites excavata · Porites paschalensis

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical et subtropical, de l'Afrique de l'Est et de la mer Rouge jusqu'aux côtes pacifiques de l'Amérique centrale ; absente de l'Atlantique. En Égypte, les observations publiées sur GBIF vont de Hurghada et Safaga à Marsa Alam et aux récifs au large du Grand Sud, avec une donnée dans le golfe d'Aqaba.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens en eau claire : arrière-récif, lagons et récifs frangeants, où elle domine souvent ; de la zone de marnage, où elle forme des micro-atolls, jusqu'à une trentaine de mètres.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Massif de corail dur en dôme, lisse et finement poreux, qui peut dépasser 4 m et ne grandit parfois que d'1 cm par an. Visible toute l'année sur les récifs égyptiens : ne vous posez jamais dessus.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Vit surtout des produits de la photosynthèse de ses zooxanthelles, algues symbiotiques logées dans les tissus des polypes.

Reproduction

Colonies gonochoriques (mâles ou femelles) : les gamètes sont expulsés par la bouche des polypes en pleine eau ; la larve planula dérive puis se fixe. Un fragment cassé peut aussi redonner une colonie.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 26 octobre 2023 selon SeaLifeBase ; inscrite à l'annexe II de la CITES. Sensible au blanchissement lors des vagues de chaleur, mais souvent capable de récupérer.

Espèces ressemblantes

  • Porites lutea : même forme massive en dôme et même taille, teinte plutôt crème ou jaune ; ses calices paraissent remplis d'éléments squelettiques, ceux de P. lobata plus ouverts. Distinction sûre seulement de très près ou au laboratoire.
  • Porites solida : l'espèce la plus proche selon Corals of the World, à séparer sur les détails des calices.
  • Corail cerveau (Platygyra daedalea) : dôme comparable, mais surface parcourue de longues vallées sinueuses, absentes chez le porites.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le porites lobé est un corail dur, donc un animal : une colonie de polypes de la famille des Poritidae, et non une plante, même si la fiche est rangée dans la flore du site. Il forme des massifs en dôme ou en casque qui dépassent souvent 4 m de diamètre selon Corals of the World, et peuvent atteindre 6 m de large comme de haut. Sur les pentes exposées à la houle, il reste au contraire encroûtant.

Sa surface est lisse ou bosselée de lobes arrondis. Les polypes mesurent environ 1 mm : de près, la colonie paraît finement poreuse, sans les vallées ni les gros calices des autres coraux massifs. La teinte va du crème au brun pâle, mais en eau peu profonde certaines colonies virent au vert, au bleu ou au violet vif.

La confusion la plus fréquente se fait avec les autres porites massifs. Porites lutea a exactement la même silhouette ; il tire plutôt sur le crème ou le jaune, et ses calices paraissent remplis d’éléments squelettiques, alors que ceux de P. lobata semblent plus ouverts. Porites solida est l’autre espèce proche. Corals of the World précise que P. lobata forme un complexe d’espèces : une identification sûre demande l’examen du squelette, et parler de « porites » reste le choix prudent pour un massif vu en plongée. Le corail cerveau, de forme voisine, se reconnaît tout de suite à ses vallées sinueuses.

Où et quand l’observer en Égypte

Ce corail domine souvent les arrière-récifs, les lagons et les récifs frangeants, en eau claire. Dans la zone de marnage, les colonies dont le sommet affleure forment des micro-atolls. On le rencontre jusqu’à une trentaine de mètres, et SeaLifeBase cite des mentions jusqu’à 98 m.

DORIS range la mer Rouge parmi ses zones de présence et illustre l’espèce par une photo prise à Ras Torombi, près de Port Ghalib (Marsa Alam). Les observations versées à GBIF, surtout par des clubs de plongée français entre 2010 et 2022, se répartissent de Hurghada et Safaga jusqu’à Marsa Alam et aux récifs au large du Grand Sud, avec une donnée dans le golfe d’Aqaba. Un massif ne se déplace pas : il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

L’essentiel de son énergie vient de ses zooxanthelles, des algues symbiotiques logées dans ses tissus, qui lui fournissent des nutriments issus de leur photosynthèse. Elles lui donnent aussi sa couleur. La croissance est lente, parfois de l’ordre de 1 cm par an : un massif de plusieurs mètres est donc très âgé.

Les colonies sont mâles ou femelles. Les gamètes mûrs passent dans la cavité digestive puis sont expulsés par la bouche des polypes. La larve planula dérive avec le plancton avant de se fixer. Un fragment cassé peut aussi repartir en nouvelle colonie. Le massif sert d’abri à des poissons entre ses lobes, et le poisson-ballon Arothron meleagris en broute les polypes. SeaLifeBase note qu’il est rarement percé par les bivalves, mais souvent habité par des vers polychètes.

Statut et protection

L’UICN classe l’espèce en « Préoccupation mineure » (LC), évaluation du 26 octobre 2023 selon SeaLifeBase. Elle figure à l’annexe II de la CITES, qui encadre son commerce international. Elle résiste mieux que beaucoup de coraux au blanchissement provoqué par les eaux trop chaudes et récupère souvent, mais les épisodes de chaleur, l’acidification des océans et les maladies coralliennes restent ses principales menaces.

Bien l’observer et la photographier

Ce gros dôme ressemble à un rocher posé sur le récif, et c’est bien là le risque : on s’y appuie ou on y pose une palme sans y penser. Restez au-dessus ou à côté, en flottabilité neutre, sans jamais poser la main sur la surface : chaque marque abîme un tissu vivant qu’une croissance très lente a mis des décennies à construire.

Pour la photo, le grand-angle s’impose : placez un plongeur ou un banc de poissons près du massif pour donner l’échelle. Rapprochez-vous ensuite en macro pour montrer la surface poreuse et les polypes, plus visibles lorsqu’ils sont sortis. Sur les colonies peu profondes, cherchez les teintes vives, bleues ou violettes, qui tranchent avec le brun habituel.

Sources