Fiche n° 1076 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Acropore tabulaire

Acropora spp.

Afrique Mer Rouge

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-acropore-tabulaire/

Acropore tabulaire (Acropora spp.)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie en plateau horizontal, large et mince, portée par un pied central ou fixée par le côté.
  • Branches horizontales rayonnantes qui fusionnent entre elles : le centre du plateau peut devenir une plaque presque pleine.
  • Surface hérissée de courtes branchettes dressées, chacune terminée par un gros polype axial entouré de polypes plus petits.
  • Couleur crème, brune, grise, verte ou bleu pâle, parfois avec une bordure plus claire.
  • Dessous du plateau sombre et creux, servant d'abri aux poissons.

Noms

Nom usuel
Acropore tabulaire
Nom scientifique
Acropora spp.
Autres noms
Corail table · Corail tabulaire · Table coral

Distribution géographique

Le genre Acropora est présent dans tout l'Indo-Pacifique et en mer Rouge. En Égypte, des acropores tabulaires sont documentées par GBIF : Acropora cytherea à Hurghada (spécimen de musée) et Acropora clathrata sur la côte ouest du golfe de Suez (récifs de Gebel Zeit et de Ras Gemsa) et dans le gouvernorat de la mer Rouge.

Zones : Mer Rouge — Afrique

Biotope

Récifs coralliens peu profonds et bien éclairés : haut de pente externe, arrière-récif et lagons, surtout là où la houle est faible.

Profondeur : 3 – 20 m

Repères pour le plongeur

Corail dur en forme de table, formé de colonies animales vivant en symbiose avec des algues. Plusieurs espèces d'Acropora prennent cette forme en mer Rouge ; ne touchez pas le plateau, très fragile.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Énergie fournie surtout par les zooxanthelles (algues symbiotiques) logées dans les tissus ; les polypes sortent aussi leurs tentacules pour capturer du plancton.

Reproduction

Colonie de polypes reliés entre eux, qui bâtit un squelette calcaire commun ; croissance rapide (3 à 10 cm de diamètre par an chez Acropora hyacinthus).

Conservation

Statut non précisé

Statut UICN non applicable au genre. Acropora cytherea est classée « En danger » (EN) depuis une évaluation de 2024 selon Wikipédia (non vérifié sur le site de l'UICN). Menaces : blanchissement lié à la chaleur, étoile de mer couronne d'épines, maladies, activités humaines.

Espèces ressemblantes

  • Acropore digité (Acropora digitifera) : même genre, mais colonie en touffe compacte de grosses branches dressées en doigts, sans plateau horizontal.
  • Acropora pharaonis : branches de même aspect que celles d'A. cytherea, mais colonie arborescente pouvant atteindre 2 m de haut, et non en table.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

L’acropore tabulaire n’est pas une plante. C’est un corail dur, un animal de la famille des Acroporidae, qui vit en colonie et abrite des algues dans ses tissus. Le nom désigne une forme de croissance et non une espèce : DORIS regroupe ces coraux sous Acropora spp., « corail table ». Le nom Acropora tabulata qui figurait ici n’existe ni dans WoRMS ni dans GBIF.

La colonie forme un plateau horizontal, large et mince, porté par un pied ou fixé de côté sur le récif. Les branches rayonnent depuis le centre et fusionnent, si bien que le cœur du plateau devient une plaque presque pleine. Chez Acropora cytherea, la surface se hérisse de fines branchettes dressées, terminées par un gros polype axial saillant. La teinte est crème, brune ou bleu pâle. Acropora clathrata, autre table de la mer Rouge, n’a pas de branchettes verticales : ses branches restent à plat, et sa couleur va du brun au gris ou au vert, souvent avec une bordure claire.

Distinguer les espèces sous l’eau reste difficile, même pour les spécialistes. Corals of the World décrit ces deux noms comme des complexes d’espèces. À l’échelle de la fiche, retenez la forme en table et les branchettes. L’acropore digité, lui, pousse en touffe de grosses branches en doigts.

Où et quand l’observer en Égypte

Les acropores tabulaires vivent sur les récifs peu profonds et bien éclairés. WoRMS situe A. cytherea surtout entre la surface et une vingtaine de mètres, en eau calme, sur le haut des pentes externes, en arrière-récif près des taches de sable clair et dans les lagons. GBIF recense en Égypte un spécimen d’A. cytherea récolté à Hurghada. Il signale aussi A. clathrata sur les récifs de Gebel Zeit et de Ras Gemsa, côte ouest du golfe de Suez, et par des observations de 2021 et 2022 dans le gouvernorat de la mer Rouge. Un corail fixé s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Chaque colonie réunit des polypes d’environ 2 mm reliés par leurs tissus. Les zooxanthelles fournissent l’essentiel de l’énergie par la photosynthèse. Les polypes sortent leurs tentacules pour attraper du plancton, plutôt la nuit. A. cytherea les déploie souvent aussi en plein jour. Ces tables comptent parmi les coraux à croissance la plus rapide : A. hyacinthus, une espèce du Pacifique, gagne de 3 à 10 cm de diamètre par an. Le dessous du plateau sert d’abri : la photo de cette fiche, prise dans le Pacifique, montre un poisson-écureuil réfugié sous une table. Le petit crabe Cymo melanodactylus vit aussi sur ces colonies.

Statut et protection

L’UICN évalue les espèces, pas les formes de croissance. Selon Wikipédia, qui cite l’évaluation de Nuñez Lendo et Richards (2024), A. cytherea est classée « En danger ». Les acropores sont particulièrement sensibles au blanchissement quand l’eau se réchauffe. L’étoile de mer couronne d’épines (Acanthaster planci) les mange de préférence. Les grandes colonies de plus de 2 m développent parfois des anomalies de croissance au centre.

Bien l’observer et la photographier

Un plateau peut paraître solide, mais ses bords sont des branchettes fines qui cassent net. Ne vous posez pas dessus et ne vous y agrippez pas. Gardez vos palmes loin du bord, surtout au-dessus du platier. Pour la photo, descendez sous le niveau de la table et cadrez en contre-plongée vers la surface : la silhouette du plateau se détache, et les poissons abrités dessous entrent dans l’image. Un cadrage serré, en lumière de face, révèle les polypes axiaux qui aident à reconnaître A. cytherea.

Sources