Fiche n° 1092 · Flore · Algues & plantes
Caulerpe
Caulerpa racemosa
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-caulerpe/
Clé d'identification
- Algue verte vive, souvent un peu translucide.
- Stolon rampant, fixé au fond par de petites racines (rhizoïdes).
- Frondes dressées à quelques centimètres d'intervalle, jusqu'à 30 cm de haut.
- Frondes couvertes de petites billes sphériques ou ovoïdes, groupées comme des grains de raisin.
- Forme très variable : les billes peuvent être serrées ou espacées, rondes ou allongées.
Noms
- Nom usuel
- Caulerpe
- Nom scientifique
- Caulerpa racemosa
- Autres noms
- Caulerpe raisin · Caulerpe à billes · Sea grapes
- Synonymes
- Fucus racemosus · Caulerpa clavifera · Caulerpa uvifera · Caulerpa racemosa var. clavifera · Caulerpa racemosa var. uvifera
Distribution géographique
Eaux peu profondes des mers tempérées chaudes et tropicales. La localité type est Suez, en Égypte. GBIF recense des observations égyptiennes à Hurghada, El-Quseir, Marsa Alam, dans la réserve de Wadi el Gemal, au Sud-Sinaï (Sharm el-Sheikh) et dans la région de Suez.
Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam — Afrique
Biotope
Fonds peu profonds, souvent sableux, où le stolon s'ancre par ses rhizoïdes. En mer Rouge, les données GBIF qui donnent une profondeur ne dépassent pas 13 m.
Profondeur : 0 – 13 m
Repères pour le plongeur
Algue verte en grappes de petites billes, à chercher sur les fonds sableux peu profonds de la mer Rouge, de Suez à Marsa Alam. Ne la cassez pas : un fragment de quelques millimètres suffit à donner une nouvelle plante.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Algue verte photosynthétique : elle tire son énergie de la lumière.
Reproduction
Végétative par fragmentation (un fragment de quelques millimètres régénère une plante). Sexuée : plante monoïque et holocarpique, qui libère ses gamètes peu avant l'aube ; les zygotes donnent une nouvelle plante au bout d'environ cinq semaines.
Conservation
Non évalué (UICN)
Non évaluée (NE) par l'UICN, selon la fiche GBIF consultée en 2026. Hors de son aire d'origine, l'espèce est introduite en Méditerranée, où WoRMS la dit commune et en progression ; en Algérie, elle y concurrence les espèces locales.
Espèces ressemblantes
- Caulerpa chemnitzia : longtemps rangée parmi les variétés de C. racemosa (var. peltata, var. turbinata, var. laetevirens), elle est signalée près de Suez ; seule une observation détaillée, voire une analyse, permet de trancher.
Classification
- Règne
- Végétal / algue
- Groupe
- Algues & plantes
Identification
La caulerpe raisin est une algue verte de la famille des Caulerpacées. Son nom vient de sa forme : de petites billes sphériques ou ovoïdes poussent sur des frondes dressées, comme les grains d’une grappe. Ces frondes, espacées de quelques centimètres, peuvent atteindre 30 cm de haut. Elles partent d’un stolon qui court sur le fond, fixé par de fines racines appelées rhizoïdes.
L’algue cache une particularité étonnante. Toute la plante, stolon, frondes et billes comprises, est une seule cellule géante qui contient de nombreux noyaux.
WoRMS la décrit comme une espèce très variable. Les billes peuvent être serrées ou espacées, rondes ou allongées, ce qui explique les nombreuses variétés décrites au fil des siècles. La photo de cette fiche montre l’ancienne variété clavifera, à billes ovales, que WoRMS rattache aujourd’hui à Caulerpa racemosa. Le groupe reste un complexe d’espèces difficile. Caulerpa chemnitzia, aussi signalée près de Suez, a longtemps été rangée parmi ses variétés.
Où et quand l’observer en Égypte
L’Égypte est le berceau de l’espèce. Le naturaliste Peter Forsskål l’a décrite en 1775 sous le nom de Fucus racemosus, et Wikispecies indique Suez comme localité type. Le jeu de données de l’Université hébraïque de Jérusalem, publié sur GBIF, recense d’ailleurs des récoltes dans le canal de Suez entre 1924 et 1971, entre la surface et une dizaine de mètres.
Côté plongée, GBIF recense des observations récentes, issues d’iNaturalist, à Hurghada, El-Quseir, Marsa Alam et dans la réserve de Wadi el Gemal. Au Sud-Sinaï, on en compte notamment à Sharm el-Sheikh. Cherchez-la sur les fonds peu profonds, souvent sableux, où son stolon peut s’ancrer. En mer Rouge, les rares données qui précisent la profondeur ne dépassent pas 13 m. Aucune saison n’est documentée pour l’Égypte. On l’observe donc toute l’année, même si sa croissance suit un cycle saisonnier en Méditerranée, d’avril à décembre.
Biologie et comportement
Comme toute algue verte, elle vit de la photosynthèse. Elle se défend des brouteurs grâce à une molécule toxique, la caulerpényne, présente chez les caulerpes. Sa teneur est plus faible que chez Caulerpa taxifolia, la caulerpe connue en Méditerranée.
Elle se multiplie très bien par fragmentation : un morceau de quelques millimètres suffit à régénérer une plante entière. Sa reproduction sexuée est plus spectaculaire. La plante, monoïque, transforme tout son contenu en gamètes et les libère en masse, en général juste avant l’aube. Dans les Caraïbes, on a compté 39 émissions en 125 jours. Les zygotes donnent une nouvelle algue au bout d’environ cinq semaines.
Cette facilité de dispersion a permis à des caulerpes du groupe de franchir le canal de Suez. Une forme apparue au large de la Tunisie viendrait probablement de la mer Rouge. Au Japon, aux Fidji, aux Philippines ou en Thaïlande, l’algue se mange aussi en salade.
Statut et protection
L’UICN n’a pas évalué l’espèce, et GBIF la classe « Non évaluée » (NE). En mer Rouge, elle est chez elle. En Méditerranée, en revanche, WoRMS la signale comme introduite, commune et en progression, et elle y concurrence les espèces locales en Algérie. Aucune réglementation égyptienne propre à cette algue n’a été trouvée.
Bien l’observer et la photographier
Cette algue se prête à la macrophotographie. Ses billes, un peu translucides, prennent un bel éclat quand la lumière les traverse : placez le flash ou la lampe de côté, ou légèrement en arrière. Sur le sable, stabilisez-vous au-dessus du fond plutôt que de vous poser. Un coup de palme soulève le sédiment et peut arracher des frondes. Ne cueillez rien et ne rapportez aucun morceau, même pour l’identifier : chaque fragment peut repartir ailleurs. Pour l’identification, photographiez de près la forme des billes et leur disposition sur la fronde, puis cadrez plus large pour montrer le stolon.