Fiche n° 1079 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail champignon

Fungia fungites

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-champignon/

Corail champignon (Fungia fungites)
Photo : Frédéric Ducarme — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Corail dur solitaire en forme de disque rond ou légèrement ovale, posé librement sur le fond, jusqu'à 28 cm de diamètre.
  • Face supérieure couverte de cloisons (septes) rayonnant depuis une bouche centrale.
  • Dents des septes triangulaires et pointues, qui rendent la surface rugueuse ; face inférieure hérissée d'épines coniques.
  • Couleur brune, parfois marbrée, souvent avec des lobes tentaculaires plus pâles sur les septes.
  • Tentacules surtout visibles la nuit.
  • Grand adulte libre ; le jeune vit fixé à la roche et en garde une cicatrice sous le disque.

Noms

Nom usuel
Corail champignon
Nom scientifique
Fungia fungites
Autres noms
Corail-champignon · Mushroom coral · Disc coral
Synonymes
Madrepora fungites · Fungia agariciformis · Fungia patella · Fungia (Fungia) fungites

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical ; la mer Rouge est sa localité type. En Égypte, observations et spécimens publiés sur GBIF à El-Tor et dans le golfe de Suez (Sinaï), à Hurghada, à Quseir, dans la région de Marsa Alam et jusqu'aux récifs du large de Hamata.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récif : pentes, platiers, arrière-récifs et lagons, sur sable, débris coralliens ou substrat dur. Le plus souvent entre 3 et 20 m selon SeaLifeBase, jusqu'à au moins 35 m en mer Rouge selon WoRMS.

Profondeur : 3 – 35 m

Repères pour le plongeur

Disque de corail brun posé librement sur le sable ou les débris au pied du récif, très commun en mer Rouge. C'est un animal vivant : ne le retournez pas et ne le déplacez pas.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Zooxanthellé : des algues symbiotiques logées dans ses tissus lui fournissent une partie de sa nourriture par photosynthèse. Il capture aussi du plancton et des particules avec ses tentacules, surtout la nuit, et peut absorber de la matière organique dissoute.

Reproduction

Sexuée : les gamètes mûrs passent dans la cavité du polype et sortent par la bouche ; la larve planula, planctonique, se fixe puis se métamorphose. Le jeune, d'abord fixé, se détache ensuite. Des fragments cassés peuvent aussi redonner des individus.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 11 juillet 2022 selon SeaLifeBase. Inscrit à l'annexe II de la CITES.

Espèces ressemblantes

  • Corail-champignon hirsute (Danafungia horrida) : présent en mer Rouge, disque rond à la bouche parfois très surélevée ; seul l'examen du squelette tranche (DORIS).
  • Corail-champignon bouclier (Lobactis scutaria) : présent en mer Rouge, disque nettement ovale et épais, tentacules sortis de jour comme de nuit (DORIS).
  • Jeunes Cycloseris : toujours libres, sans cicatrice de fixation sous le disque.
  • Lithophyllon repanda (ex-Fungia repanda) : dents des septes plus fines (Corals of the World).

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son nom et son classement parmi la « flore » du site, le corail champignon est un animal : un corail dur (scléractiniaire) de la famille des Fungiidae. Contrairement aux coraux qui bâtissent le récif en colonies, il vit seul. Chaque disque est un unique polype, rond ou légèrement ovale, qui peut atteindre 28 cm de diamètre. L’adulte repose librement sur le fond, sans y être fixé.

Sur la face supérieure, des cloisons calcaires, les septes, rayonnent depuis une bouche centrale, comme les lamelles sous le chapeau d’un champignon. Leurs dents triangulaires et pointues rendent la surface rugueuse. La face inférieure, rarement visible, porte de hautes épines coniques. La couleur est brune, parfois marbrée, avec souvent de petits lobes plus pâles le long des septes.

La confusion est facile. DORIS rappelle que les coraux champignons se ressemblent beaucoup et que seul l’examen du squelette permet une identification sûre. En mer Rouge, le corail-champignon hirsute peut avoir une bouche nettement surélevée. Le corail-champignon bouclier, lui, est franchement ovale, plus épais, et garde ses tentacules sortis même de jour. Un jeune Fungia se distingue d’un Cycloseris, toujours libre, par la cicatrice de son ancienne fixation sous le disque.

Où et quand l’observer en Égypte

La mer Rouge est la localité type de l’espèce, c’est-à-dire l’endroit d’où proviennent les spécimens qui ont servi à la décrire. WoRMS, citant Sheppard, la dit très commune sur le sable, les débris coralliens et les fonds durs, jusqu’à au moins 35 m. En Égypte, GBIF rassemble des observations et des spécimens de musée près d’El-Tor et dans le golfe de Suez, autour de Hurghada, à Quseir, dans la région de Marsa Alam et jusqu’aux récifs du large de Hamata.

Cherchez-le dans les zones sableuses entre les massifs coralliens, au pied des pentes et dans les lagons peu profonds. SeaLifeBase cite les pentes récifales, les platiers, les arrière-récifs et les lagons, surtout entre 3 et 20 m. Animal sédentaire, il s’observe toute l’année.

Biologie et comportement

Le corail champignon héberge des zooxanthelles, des algues microscopiques qui lui fournissent une partie de son énergie par photosynthèse : il a besoin de lumière. Il complète ce régime en capturant du plancton et des particules avec ses tentacules, visibles surtout la nuit, et peut absorber de la matière organique dissoute dans l’eau.

Pour se reproduire, il libère ses gamètes par la bouche. La larve dérive dans le plancton, se pose sur un support dur et s’y métamorphose. Le jeune corail grandit d’abord fixé à la roche, puis se détache et mène une vie libre sur le fond. Un disque cassé peut aussi régénérer de nouveaux individus à partir de ses fragments.

Statut et protection

L’UICN classe Fungia fungites en « Préoccupation mineure » (LC). SeaLifeBase date cette évaluation du 11 juillet 2022. L’espèce figure à l’annexe II de la CITES : son commerce international est encadré. Ce statut rassurant ne vaut pas pour son habitat : DORIS rappelle, au sujet des coraux champignons voisins, que le récif corallien reste un milieu vulnérable.

Bien l’observer et la photographier

Le disque est souvent posé sur le sable, à hauteur de palme. Approchez à plat ventre, en flottabilité neutre et sans palmer près du fond, pour ne pas le recouvrir de sédiment. Ne le soulevez pas pour regarder dessous : c’est un animal vivant, et ses tissus sont fragiles.

En photo, une vue plongeante met en valeur le dessin rayonnant des septes, et une lumière rasante fait ressortir leurs dents. En plongée de nuit, revenez sur un individu repéré de jour : ses tentacules sortis changent complètement son allure.

Sources