Fiche n° 1078 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corail cerveau

Platygyra daedalea

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam Grand Sud

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corail-cerveau/

Corail cerveau (Platygyra daedalea)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Colonie massive, le plus souvent en dôme hémisphérique, parfois aplatie ou encroûtante.
  • Surface méandroïde : longues vallées sinueuses séparées par des murs épais, comme les circonvolutions d'un cerveau.
  • Vallées d'une autre couleur que les murs : murs souvent bruns, vallées grises ou vertes.
  • Septes saillants à bord irrégulier, d'aspect « effiloché » vu de près.
  • Pas de centres de polypes distincts dans les vallées (columelle peu développée).

Noms

Nom usuel
Corail cerveau
Nom scientifique
Platygyra daedalea
Autres noms
Corail-cerveau dédale · Maze brain coral · Lesser valley coral
Synonymes
Madrepora daedalea · Maeandrina rustica · Coeloria rustica · Platygyra rustica

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Afrique de l'Est jusqu'au Pacifique, absent de l'Atlantique. En Égypte, observations réparties du golfe d'Aqaba (Taba, Nuweiba, Dahab) et de Ras Mohammed à Hurghada, Safaga, Marsa Alam et jusqu'au secteur de Saint-Johns.

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique

Biotope

Récifs coralliens peu profonds et ensoleillés : arrière-récif surtout, mais aussi pente externe à mi-profondeur. Dépend de la lumière pour ses algues symbiotiques.

Profondeur : 1.5 – 30 m

Repères pour le plongeur

Dôme de corail dur aux vallées sinueuses, murs bruns et vallées grises ou vertes, commun sur les récifs peu profonds de la mer Rouge égyptienne. Restez au-dessus sans vous poser : la moindre palme blesse ses tissus.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Surtout les produits de la photosynthèse de ses zooxanthelles symbiotiques ; la nuit, les polypes sortent leurs tentacules et capturent du plancton.

Reproduction

Colonies hermaphrodites : les gamètes mûrs sont expulsés par la bouche des polypes ; la larve planula nage, se fixe et se transforme en polype fondateur.

Conservation

Préoccupation mineure (UICN)

Préoccupation mineure (LC) sur la liste rouge de l'UICN, évaluation du 27 octobre 2023 selon SeaLifeBase.

Espèces ressemblantes

  • Platygyra lamellina : même allure de cerveau, mais murs encore plus épais et septes réguliers, nets et arrondis ; teinte souvent brune uniforme ; espèce généralement peu commune.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Le corail-cerveau dédale n’est pas une plante, malgré son rangement dans la flore du site : c’est un animal, une colonie de polypes de la famille des Merulinidae, parmi les coraux durs bâtisseurs de récif (scléractiniaires). Il forme le plus souvent un dôme massif et hémisphérique, parfois une plaque ou une croûte. Selon DORIS, une colonie mesure en général 20 à 60 cm de diamètre, et certaines atteignent 1,5 à 2 m.

Sa surface est parcourue de longues vallées sinueuses séparées par des murs épais, d’où le nom de cerveau. Le critère le plus visible est le contraste de couleur : les murs sont souvent bruns, les vallées grises ou vertes, comme sur la photo de cette fiche. De près, les septes, ces fines lamelles qui garnissent les murs, dépassent nettement et ont un bord irrégulier, presque effiloché. On ne distingue pas de centres de polypes alignés au fond des vallées.

La confusion principale se fait avec Platygyra lamellina. D’après Corals of the World, celle-ci a des murs encore plus épais et des septes réguliers, nets et arrondis, et elle est généralement peu commune. Les deux espèces sont décrites comme des complexes d’espèces : sur photo seule, une identification sûre au rang de l’espèce reste délicate.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce occupe tout l’Indo-Pacifique tropical et DORIS la signale en mer Rouge, avec une observation à Saint-Johns, dans le grand sud égyptien. Les données GBIF montrent des observations récentes tout le long de la côte égyptienne : golfe d’Aqaba (Taba, Nuweiba, Dahab), Ras Mohammed, Sharm el-Sheikh, Hurghada et Makadi Bay, Safaga, la région de Marsa Alam, puis plus au sud jusqu’au secteur de Saint-Johns.

Cherchez-la sur les récifs peu profonds et bien éclairés. Corals of the World la décrit dans la plupart des milieux récifaux, surtout en bordure d’arrière-récif ; WoRMS précise qu’elle est aussi commune à mi-profondeur sur la pente externe. SeaLifeBase indique 3 à 30 m, et DORIS cite des colonies dès 1,5 m. C’est un corail fixé, visible toute l’année.

Biologie et comportement

L’essentiel de son énergie vient des zooxanthelles, des algues microscopiques logées dans ses tissus, qui lui cèdent une partie des produits de leur photosynthèse. D’où son besoin d’eaux claires et peu profondes. La nuit, les polypes déploient leurs tentacules et capturent du plancton.

Ce corail se défend contre ses voisins : une étude citée par Wikipédia a mesuré des tentacules balayeurs allant jusqu’à 9 cm, qui ont endommagé des colonies de Favites complanata au contact. Les colonies sont hermaphrodites : selon SeaLifeBase, les gamètes mûrs sont expulsés par la bouche des polypes, et la larve nage avant de se fixer pour fonder une nouvelle colonie.

Statut et protection

L’espèce est classée « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l’UICN, évaluation du 27 octobre 2023 selon SeaLifeBase. WoRMS donne le même statut. Ce classement mondial dit seulement que l’espèce n’est pas menacée à l’échelle de son aire : il ne protège pas les colonies d’un récif fréquenté, où les contacts répétés des plongeurs abîment les tissus vivants qui recouvrent le squelette.

Bien l’observer et la photographier

Le meilleur moment pour voir ce corail « vivant » est la plongée de nuit, quand les tentacules sortent des vallées. De jour, profitez de la lumière naturelle des faibles profondeurs pour rendre le contraste entre murs bruns et vallées vertes.

Photographiez la colonie entière au grand-angle pour sa forme, puis un détail des méandres en macro pour les septes, utiles à l’identification. Restez au-dessus du dôme, en flottabilité maîtrisée, sans vous poser ni vous y agripper, et surveillez vos palmes : ces colonies poussent souvent près de la surface, là où l’on stabilise son palier.

Sources