Fiche n° 1058 · Faune · Tortues & mammifères
Dugong
Dugong dugon
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-faune-dugong/
Clé d'identification
- Mammifère marin fuselé de 3 à 4 m, gris-brun à gris foncé, sans nageoire dorsale.
- Queue en croissant échancrée au milieu, comme celle d'un dauphin, et non arrondie en pagaie comme chez le lamantin.
- Museau massif fortement incliné vers le bas, garni de soies sensorielles autour de la bouche.
- Deux nageoires pectorales courtes et arrondies, aucun membre postérieur.
- Narines sur le dessus de la tête : il remonte respirer en ne sortant que le bout du museau.
- Petit né crème pâle, qui fonce avec l'âge et nage collé à sa mère.
Noms
- Nom usuel
- Dugong
- Nom scientifique
- Dugong dugon
- Autres noms
- Vache marine · Halicore
Distribution géographique
Côtes chaudes de l'Indo-Pacifique, de l'Afrique de l'Est au Pacifique ouest, y compris la mer Rouge, le golfe d'Aqaba et le canal de Suez. En Égypte, les observations enregistrées dans GBIF se concentrent dans le gouvernorat de la mer Rouge, d'Hurghada au sud de Marsa Alam (Abu Dabbab, Marsa Mubarak, Marsa Shouna, Wadi El Gemal - Hamata).
Zones : Mer Rouge · Marsa Alam · Grand Sud — Afrique
Biotope
Baies, criques et lagons peu profonds aux fonds de sable fin couverts d'herbiers. Il passe l'essentiel de son temps à moins de 10 m, avec des plongées notées jusqu'à 39 m.
Profondeur : 0 – 40 m
Repères pour le plongeur
Le dugong broute les herbiers des baies sableuses du sud de la mer Rouge égyptienne, surtout autour de Marsa Alam. Restez à distance, sans le toucher ni le suivre, et laissez-le remonter respirer librement.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Herbivore : herbiers marins, surtout des genres Halophila et Halodule, arrachés avec leurs racines ; il avale parfois des invertébrés comme des méduses.
Reproduction
Maturité sexuelle entre 8 et 18 ans. Gestation de 12 à 14 mois, un seul petit d'environ 1,20 m, sevré vers 18 mois ; intervalle entre deux naissances estimé de 2,4 à 7 ans.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critères A2bcd+4bcd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation de 2015 amendée en 2019. Inscrit à l'annexe I de la CITES. L'Égypte a signé en 2013 le mémorandum d'entente de la CMS sur le dugong. Menaces : filets de pêche, collisions avec les bateaux, dégradation des herbiers.
Espèces ressemblantes
- Lamantins (Trichechus spp.) : autres siréniens, mais queue arrondie en pagaie ; ils ne vivent pas en mer Rouge.
- Dauphin à long bec (Stenella longirostris) : queue semblable mais nageoire dorsale bien visible et bec fin ; nage rapide en groupe.
- Tortue verte (Chelonia mydas) : broute aussi les herbiers et remonte respirer au même endroit, mais porte une carapace et quatre palettes.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Tortues & mammifères
Identification
Le dugong est un mammifère marin de l’ordre des siréniens, le seul représentant actuel de la famille des Dugongidés. Il mesure 3 à 4 m une fois adulte. SeaLifeBase retient une longueur maximale de 4,06 m et un poids maximal de 400 kg. SeaLifeBase rattache la population de mer Rouge à la sous-espèce Dugong dugon hemprichii.
Son corps est fuselé et dépourvu de nageoire dorsale. Il n’a pas de membres postérieurs, seulement deux pectorales courtes et arrondies. La tête se termine par un museau massif, très incliné vers le bas, qui lui permet de brouter le fond. Les mâles ont deux courtes défenses qui sortent à la puberté. Celles des femelles restent le plus souvent cachées.
Le critère le plus sûr reste la queue : en croissant, échancrée au milieu, comme celle d’un dauphin. Les lamantins, ses cousins de l’Atlantique, ont une queue arrondie en pagaie, et aucun ne vit en mer Rouge. Le petit naît crème pâle, puis fonce jusqu’au gris-brun ou au gris foncé de l’adulte.
Où et quand l’observer en Égypte
Les observations égyptiennes recensées par GBIF viennent toutes du gouvernorat de la mer Rouge, sur la côte continentale. Elles vont d’Hurghada au secteur de Wadi El Gemal et Hamata, au sud de Marsa Alam. La côte entre El Quseir et Marsa Alam en concentre une bonne part, avec des mentions à Abu Dabbab, Marsa Mubarak et Marsa Shouna. Aucune donnée GBIF ne le signale au Sinaï ni sur les récifs du large comme les Brothers ou Daedalus.
Cherchez-le dans les baies et les marsas aux fonds de sable fin couverts d’herbiers, souvent à faible profondeur. Il passe la plupart de son temps à moins de 10 m. Des traces de broutage ont pourtant été relevées jusqu’à 33 m. Les données GBIF couvrent tous les mois de l’année, sans saison marquée.
Biologie et comportement
Le dugong est presque strictement herbivore. Il consomme surtout des herbiers des genres Halophila et Halodule. Il déterre la plante entière, la secoue pour en ôter le sable, puis l’avale. Son passage laisse des sillons dans le sable : un bon indice de sa présence sur un herbier. Il avale à l’occasion des invertébrés, comme des méduses.
Sa plongée dure en général deux minutes et demie, au plus six minutes. Il remonte ensuite respirer en sortant à peine le museau. Il vit seul ou en couple, les herbiers ne pouvant nourrir de grands groupes. Il est décrit comme timide et ne vient pas au contact des humains.
Sa reproduction est très lente. La maturité sexuelle arrive entre 8 et 18 ans. Après 12 à 14 mois de gestation, la femelle met au monde un seul petit d’environ 1,20 m. L’intervalle entre deux naissances est estimé de 2,4 à 7 ans. Le dugong peut vivre plus de 70 ans.
Statut et protection
L’UICN classe le dugong « Vulnérable » (VU, critères A2bcd+4bcd), selon une évaluation de 2015 amendée en 2019. Il est inscrit à l’annexe I de la CITES, qui interdit son commerce international. L’Égypte a signé le 19 février 2013 le mémorandum d’entente sur le dugong de la Convention sur les espèces migratrices (CMS). Ses principales menaces sont les filets de pêche, les collisions avec les bateaux dans les eaux peu profondes et la dégradation des herbiers.
Bien l’observer et la photographier
Sur un herbier, avancez lentement, à quelques mètres au-dessus du fond, sans soulever de sable. Ne le touchez pas, ne le poursuivez pas et ne vous placez jamais entre lui et la surface quand il remonte respirer. S’il s’éloigne, laissez-le partir. Une femelle avec son petit doit être observée de plus loin encore.
Pour la photo, la lumière naturelle suffit en eau peu profonde. Un grand-angle permet de saisir l’animal entier, queue comprise, sans s’approcher. Évitez le flash à courte distance et gardez une flottabilité parfaite pour ne pas abîmer l’herbier dont il dépend.