Fiche n° 1095 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Zoanthide

Palythoa tuberculosa

Afrique Mer Rouge

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-zoanthide/

Zoanthide (Palythoa tuberculosa)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Animal colonial (zoanthaire) sans squelette calcaire : un tapis charnu et épais qui encroûte la roche.
  • Polypes courts, d'environ 7 à 8 mm, noyés dans le tissu commun de la colonie.
  • Teinte gris bleuté, grise, brune, verte ou rosée, jamais jaune vif.
  • Tentacules en général rentrés le jour et sortis la nuit : de jour, la colonie ressemble à une natte bosselée.
  • Sur les fonds calmes et sableux, colonies plus petites et couvertes de sable ; sur les surfaces raides et propres, colonies plus étendues.

Noms

Nom usuel
Zoanthide
Nom scientifique
Palythoa tuberculosa
Autres noms
Zoanthaire · Rubbery zoanthid · Pillow zoanthid · Sea mat
Synonymes
Alcyonium tuberculosum

Distribution géographique

Indo-Pacifique tropical, de la mer Rouge et de l'Inde à Hawaï, au Japon et à l'Australie, selon WoRMS, SeaLifeBase et Reimer et al. (2017). En Égypte, GBIF compte 16 observations, notamment à Dahab, Charm el-Cheikh, El Qoseir, Marsa Alam et sur le récif d'Elphinstone.

Zones : Mer Rouge — Afrique

Biotope

Platiers récifaux, pentes et côtes rocheuses battues ; colonies encroûtant la roche et le substrat carbonaté, ensablées dans les zones abritées. Dans le nord de la mer Rouge, observée de moins de 1 m à 45 m.

Profondeur : 0 – 45 m

Repères pour le plongeur

Zoanthaire le plus courant du nord de la mer Rouge : un tapis charnu gris, brun ou verdâtre, sans squelette, qui couvre la roche des platiers jusqu'à 45 m. Ne le touchez pas, il peut contenir de la palytoxine.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Mixte : les algues symbiotiques (zooxanthelles) de ses tissus lui fournissent des nutriments, et ses tentacules capturent le plancton grâce à leurs cellules urticantes.

Reproduction

Sexuée, avec des larves planctoniques qui peuvent vivre plus de cinq mois (Polak et al. 2011, cité par Reimer et al. 2017) ; le genre Palythoa se multiplie aussi par voie asexuée.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évaluée (NE) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, selon SeaLifeBase (liste rouge 2025-2) et GBIF consulté le 16/10/2026. Aucune réglementation propre à l'espèce dans les sources consultées.

Espèces ressemblantes

  • Palythoa mutuki : autre Palythoa de mer Rouge, signalé dans le golfe d'Aqaba en eau très peu profonde ; ses polypes fermés portent un bourrelet clair bien visible.
  • Palythoa cf. heliodiscus : petites colonies de moins de 20 polypes, à grand disque oral d'environ 1 cm, souvent marqué de violet ou de vert.
  • Zoanthus sansibaricus : zoanthaire de mer Rouge en petites colonies, souvent de moins de 100 polypes, surtout au-delà de 10 m dans le nord de la mer Rouge.
  • Parazoanthus axinellae (anémone encroûtante jaune) : zoanthaire jaune d'Atlantique et de Méditerranée, absent de la mer Rouge.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré son rangement parmi la « flore » du site, le zoanthide est un animal : un cnidaire de l’ordre des zoanthaires, famille des Sphenopidae, cousin des anémones et des coraux. Palythoa tuberculosa vit en colonies sans squelette calcaire. Ses polypes, courts et d’environ 7 à 8 mm, sont noyés dans un tissu commun épais et charnu. L’ensemble forme une natte qui encroûte la roche, gris bleuté, grise, brune, verte ou rosée.

De jour, les tentacules restent le plus souvent rentrés. Vous voyez alors un tapis bosselé, comme caoutchouteux, d’où ses noms anglais de « rubbery zoanthid » ou « sea mat ». La nuit, les polypes s’ouvrent. La forme de la colonie dépend du milieu : elle s’étend sur les surfaces raides et propres, et reste petite, couverte de sable, dans les zones abritées.

En mer Rouge, ne le confondez pas avec ses voisins. Palythoa mutuki, connu dans le golfe d’Aqaba en eau très peu profonde, montre un bourrelet clair sur ses polypes fermés. Palythoa cf. heliodiscus forme de petites colonies de moins de vingt polypes, au disque large d’environ 1 cm, souvent marqué de violet ou de vert. Enfin, Zoanthus sansibaricus forme de petites colonies, surtout au-delà de 10 m. La taxonomie du genre reste discutée : une étude de 2013 conclut que Palythoa caesia est la même espèce, mais WoRMS garde encore les deux noms.

Où et quand l’observer en Égypte

L’espèce a été redécrite au XIXe siècle à partir de spécimens de la mer Rouge. Lors d’un inventaire mené en 2013 sur la côte saoudienne du nord de la mer Rouge, c’était le zoanthaire le plus souvent rencontré, et celui qui occupait la plus grande plage de profondeur, de moins de 1 m à 45 m, sur huit sites. Côté égyptien, les observations validées et déposées sur GBIF viennent de Dahab, de Charm el-Cheikh, d’El Qoseir, de Marsa Alam et du récif d’Elphinstone.

Cherchez-le sur les platiers, les pentes récifales et la roche nue. Il se voit toute l’année : c’est un animal fixé, et aucune source ne décrit de saison particulière.

Biologie et comportement

Le zoanthide se nourrit de deux façons. Des algues symbiotiques, les zooxanthelles, vivent dans ses tissus et lui fournissent des nutriments grâce à la photosynthèse. Ses tentacules capturent aussi le plancton avec leurs cellules urticantes. En mer Rouge, l’espèce s’associe à plusieurs types de zooxanthelles. Reimer et al. (2017) y voient une raison possible de son succès sur une si large gamme de profondeurs.

Sa reproduction sexuée produit des larves planctoniques qui peuvent dériver plus de cinq mois. Cette longévité explique en partie sa présence de la mer Rouge jusqu’à Hawaï. Comme les autres Palythoa, la colonie s’étend aussi par voie asexuée.

Statut et protection

L’UICN n’a pas évalué l’espèce (catégorie NE, selon SeaLifeBase et GBIF consultés le 16 octobre 2026). Les sources consultées ne mentionnent aucune réglementation qui lui soit propre en Égypte.

Bien l’observer et la photographier

Une plongée de nuit vous montrera les polypes ouverts, alors qu’en journée vous ne verrez qu’une natte fermée. Sur un platier peu profond, restez bien horizontal et gardez vos palmes hautes : la colonie couvre souvent la roche où l’on serait tenté de se poser. Une lampe d’appoint fait ressortir les nuances vertes et rosées que l’eau éteint.

Surtout, ne touchez pas les colonies, même avec un gant. Le zoanthide peut contenir de la palytoxine, une toxine puissante : évitez tout contact avec la peau et les yeux, et ne ramassez jamais de fragment.

Sources