Fiche n° 1094 · Flore · Cnidaires (coraux & anémones)

Corallimorphe

Rhodactis rhodostoma

Afrique Mer Rouge Sinaï Marsa Alam

Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/egypte-flore-corallimorphe/

Corallimorphe (Rhodactis rhodostoma)
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 4.0 — source

Clé d'identification

  • Polype isolé assez grand, en forme de champignon aplati, sans aucun squelette calcaire.
  • Disque oral couvert de courts tentacules ramifiés, et non de longs tentacules lisses comme chez une anémone.
  • Tentacules marginaux au bord du disque, surtout là où le polype touche un corail.
  • Polypes serrés les uns contre les autres en tapis clonal, parfois des centaines au mètre carré.
  • Fixé au substrat dur des platiers peu profonds et abrités.

Noms

Nom usuel
Corallimorphe
Nom scientifique
Rhodactis rhodostoma
Autres noms
Red-mouth mushroom anemone · Rotmund-Elefantenohr
Synonymes
Discosoma rhodostoma · Metridium rhodostomum

Distribution géographique

Indo-Pacifique, de la mer Rouge aux îles du Pacifique. En Égypte, des observations sont publiées sur GBIF près d'El Tor (Sinaï, golfe de Suez), au large d'Hurghada, à El Qoseir et autour de Marsa Alam (Abu Dabbab, Marsa Asaliy).

Zones : Mer Rouge · Sinaï · Marsa Alam — Afrique

Biotope

Platiers récifaux peu profonds et abrités, où il forme des tapis denses entre 0,5 et 3 m ; plus rare en pente externe, avec des densités faibles vers 18 m en mer Rouge nord. Une colonisation inhabituelle de 15 à 30 m a été décrite au large de l'Arabie saoudite.

Profondeur : 0 – 30 m

Repères pour le plongeur

Animal sans squelette qui tapisse les platiers peu profonds de mer Rouge en tapis de polypes clonés, aux disques couverts de petits tentacules ramifiés. Observez-le en surface ou en tout début de plongée, sans poser les palmes sur le platier.

Meilleure saison : Toute l'année

Biologie

Alimentation

Non détaillé dans les sources consultées. L'espèce tolère de fortes lumières et des températures élevées (Kuguru et al., 2007, cité par Rich et al., 2026).

Reproduction

Clonage par fission longitudinale, bourgeonnement inverse et bourgeonnement marginal (environ 9 % des polypes par mois à Eilat). Sexes séparés : ponte annuelle en juin-juillet en mer Rouge nord, jusqu'à 3 000 œufs par femelle.

Conservation

Non évalué (UICN)

Non évalué (NE) par l'UICN selon SeaLifeBase (liste rouge version 2025-2). Ce n'est pas une espèce menacée : opportuniste, elle peut au contraire envahir des platiers dégradés au détriment des coraux durs.

Espèces ressemblantes

  • Corail champignon (famille des Fungiidae) : silhouette proche, mais polype posé sur un squelette calcaire dur, alors que le corallimorphe n'en a aucun.
  • Anémones de mer (Actiniaria) : longs tentacules lisses et colonne haute, quand le corallimorphe porte de courts tentacules ramifiés sur un disque aplati.
  • Zoanthides : autres hexacoralliaires sans squelette en tapis, mais à polypes bien plus petits, reliés par une base commune.

Classification

Règne
Végétal / algue
Groupe
Cnidaires (coraux & anémones)

Identification

Malgré sa place parmi la « flore » du site, le corallimorphe est un animal. C’est un cnidaire hexacoralliaire de l’ordre des Corallimorpharia, famille des Discosomidae. En mer Rouge, l’espèce que l’on rencontre sur les platiers est Rhodactis rhodostoma, décrite par Hemprich et Ehrenberg en 1834.

Son polype, assez grand, évoque un champignon aplati. Il est apparenté aux coraux durs, mais ne fabrique aucun squelette calcaire. Le disque oral est couvert de courts tentacules ramifiés : c’est ce critère qui a permis d’identifier l’espèce lors d’une étude récente au large de l’Arabie saoudite. Au bord du disque, des tentacules marginaux peuvent se développer, en particulier au contact d’un corail voisin. Les mâles sont plus petits que les femelles.

Ne le confondez pas avec un corail champignon, qui repose sur un squelette dur, ni avec une anémone de mer, aux tentacules longs et lisses.

Où et quand l’observer en Égypte

Des observations de l’espèce sont publiées sur GBIF près d’El Tor (Sinaï), au large d’Hurghada, à El Qoseir et autour de Marsa Alam, notamment à Abu Dabbab. Cherchez-le là où la profondeur est minime : sur les platiers abrités, il forme des tapis serrés. À Eilat, tout au nord de la mer Rouge, on a compté jusqu’à 1 510 polypes par mètre carré et 69 % de couverture sur le platier interne. Il y est rare sur le platier externe et absent sous 3 m en pente externe. En mer Rouge nord, la densité moyenne passe de 15 polypes par mètre carré à 0,5 m à 2 polypes vers 18 m.

Il se voit toute l’année.

Biologie et comportement

Le corallimorphe colonise les substrats nus des récifs peu profonds. Il se clone de trois façons : par fission longitudinale, par bourgeonnement inverse et par bourgeonnement à partir du bord du disque. À Eilat, environ 9 % des polypes se divisent chaque mois, si bien qu’un tapis double en un an environ. Ce rythme suit la longueur du jour et la température de l’eau. Selon les auteurs de cette étude, l’espèce a pu s’étendre après une marée très basse survenue en 1970, qui avait perturbé le platier.

Il se reproduit aussi par voie sexuée. Dans un même tapis, les femelles occupent plutôt le centre ; les mâles et les polypes stériles, la bordure. La ponte a lieu une fois par an, en juin et juillet. Une femelle peut alors libérer jusqu’à 3 000 œufs de 0,5 mm au plus.

Face aux coraux, il n’est pas passif. Ses tentacules marginaux lui servent à disputer l’espace aux coraux durs, et les corallimorphes produisent des composés chimiques qui peuvent empêcher d’autres espèces de s’installer.

Statut et protection

L’UICN ne l’a pas évalué (NE), selon SeaLifeBase. Ce n’est pas une espèce menacée : son expansion est plutôt surveillée comme le signe d’un récif perturbé. En 2026, une équipe a décrit au large de l’Arabie saoudite une pente couverte à 25 à 35 % par ce corallimorphe entre 15 et 30 m, avec des taches à 90 %, sans cause évidente.

Bien l’observer et la photographier

Il vit là où l’eau est la moins profonde, et c’est là que le palmage abîme le plus le récif. Restez à plat, en surface, et ne vous tenez jamais debout sur le platier. Ne le touchez pas : ses cellules urticantes peuvent piquer.

Pour la photo, une image prise d’en haut montre bien le tapis de disques jointifs. En macro, visez le bord d’un polype pour montrer les tentacules ramifiés. La limite entre un tapis et un corail dur montre la compétition entre les deux.

Sources