Fiche n° 1111 · Faune · Poissons
Poisson-lune
Mola mola
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-poisson-lune/
Clé d'identification
- Corps en disque ovale, très comprimé, plus haut que long nageoires comprises ; plus allongé chez les jeunes.
- Dorsale et anale hautes, triangulaires, reculées et opposées, qui battent comme deux rames verticales.
- Pas de vraie queue : une simple frange caudale ferme l'arrière du corps ; pas de nageoires pelviennes.
- Petite bouche en bec, mâchoires et dents soudées ; petites pectorales arrondies, ouïes réduites à un pore.
- Peau épaisse, rugueuse et sans écailles visibles, gris bleuté à brun clair, souvent marbrée, ventre plus clair.
Noms
- Nom usuel
- Poisson-lune
- Nom scientifique
- Mola mola
- Autres noms
- Môle · Môle commune · Sunfish · Ocean sunfish
- Synonymes
- Tetraodon mola · Orthragoriscus mola · Diodon mola
Distribution géographique
Mers tropicales et tempérées de tous les océans. En France : Méditerranée française (présence marquée selon DORIS, de la Côte Bleue au Var et à Banyuls), Atlantique et Bretagne sud (île de Groix), Pays basque ; plus rare en Manche.
Zones : Méditerranée · Bretagne · Corse · Manche — Europe
Biotope
Pélagique du large, il s'approche des côtes. En surface, il nage aileron dorsal hors de l'eau ou dérive couché sur le flanc ; en plongée, on le croise surtout entre 30 et 40 m près des reliefs isolés du large (épaves, tombants, secs). Il sonde à plus de 400 m.
Profondeur : 0 – 70 m
Repères pour le plongeur
Grand disque gris sans queue, le poisson-lune se repère surtout depuis le bateau, aileron dorsal hors de l'eau ou couché en surface, et en plongée près des secs et épaves du large. Approchez-le lentement, sans le toucher ni lui couper la route.
Meilleure saison : Toute l'année
Biologie
Alimentation
Méduses, cténophores, salpes, physalies, vélelles et porpites, mais aussi calmars, crustacés, éponges, zooplancton (larves d'anguilles notamment) et petits poissons.
Reproduction
Pondeur multiple et très fécond : une femelle de 1,5 m portait environ 300 millions d'œufs (FishBase). Œufs de 0,2 mm ; les larves se couvrent d'épines puis les perdent, et le juvénile mesure environ 2 cm.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critères A4bd) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 7 juin 2011 selon FishBase. Principale menace : les captures accidentelles dans les filets ; il est aussi pêché et vendu en Asie.
Espèces ressemblantes
- Poisson-lune tronqué (Ranzania laevis) : bien plus petit (environ 80 cm), corps deux fois plus long que haut, peau lisse et caudale jaune.
- Môle lancéolée (Masturus lanceolatus) : couverte de gros points argentés, frange caudale prolongée par une pointe centrale ; Atlantique tropical jusqu'aux Açores et à Madère.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Poissons
Identification
Le poisson-lune est un poisson osseux, et même le plus grand de tous : FishBase retient 333 cm de longueur totale et 1,3 t au maximum. Ceux que l’on croise sur les côtes françaises sont bien plus modestes, entre 55 cm et 1 m le plus souvent selon DORIS. Son corps ressemble à un disque ovale très aplati, plus haut que long quand on compte les nageoires. Les jeunes sont plus allongés.
Le critère décisif est l’arrière du corps : il n’a pas de queue, seulement une frange caudale qui ferme le disque. La dorsale et l’anale, hautes et triangulaires, sont placées l’une en face de l’autre tout à l’arrière et battent ensemble comme deux rames. Il n’a pas de nageoires pelviennes. La bouche minuscule forme un bec aux dents soudées. La peau, épaisse, rugueuse et couverte de mucus, va du gris bleuté au brun clair, souvent marbrée, avec un ventre plus pâle.
Deux cousins de la même famille, les Molidés, pourraient prêter à confusion. Le poisson-lune tronqué (Ranzania laevis) ne dépasse pas 80 cm environ et son corps est deux fois plus long que haut. La môle lancéolée (Masturus lanceolatus) porte de gros points argentés et une pointe au milieu de sa frange caudale.
Où et quand l’observer en France
DORIS note une présence marquée en Méditerranée française et sur la côte atlantique, et des rencontres moins fréquentes en Manche. Les observations rapportées vont de la Côte Bleue et de La Ciotat à Porquerolles, à la Gabinière dans le Var (vers 40 m) et à Banyuls. Côté atlantique, des poissons-lunes d’environ 45 cm ont été vus en surface à Groix en août, et d’autres en septembre à Saint-Jean-de-Luz.
C’est un poisson du large, mais il vient près des côtes. Vous le verrez soit en surface, nageant à la verticale avec l’aileron dorsal hors de l’eau ou couché sur le flanc à la dérive, soit en plongée, surtout entre 30 et 40 m près des reliefs isolés : épaves, tombants et secs. Il peut sonder à plus de 400 m. Aucune saison précise n’est documentée pour la France.
Biologie et comportement
Son régime est plus large que sa réputation de mangeur de méduses : cténophores, salpes, physalies, vélelles et porpites, mais aussi calmars, crustacés, éponges, larves de poissons et petits poissons. C’est l’un des poissons les plus féconds. FishBase cite une femelle de 1,5 m portant environ 300 millions d’œufs, et chacun ne mesure que 0,2 mm. Les larves se hérissent d’épines puis les perdent avant de devenir des juvéniles de 2 cm.
Sa peau héberge de nombreux parasites, dont des copépodes du genre Pennella. Il fréquente des stations de nettoyage près des côtes, où girelles, crénilabres à queue noire et sars le débarrassent de ses parasites et de ses peaux mortes. Face au plongeur, il s’éloigne en général dès qu’on l’approche, mais se laisse parfois accompagner quelques minutes. Il est inoffensif pour l’homme.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critères A4bd) au niveau mondial. FishBase date cette évaluation du 7 juin 2011, et GBIF reprend le même statut. DORIS décrit des individus morts dans les filets comme une scène très courante. Elle est aussi pêchée et vendue en Asie. Les sources consultées ne citent aucune réglementation propre à la France.
Bien l’observer et la photographier
DORIS conseille de scruter la surface depuis le bateau : un aileron dorsal qui dépasse ou une forme grise couchée à plat, c’est souvent lui. Mettez à l’eau doucement, à distance. En plongée, restez à son niveau et laissez-le venir. Si vous le poursuivez, il s’éloignera.
Pour la photo, un grand-angle et un cadrage de profil montrent bien ce qui le distingue de tout autre poisson : la frange caudale et les deux grandes nageoires opposées. Ne touchez jamais sa peau, ne le retenez pas en surface et ne lui coupez pas la route.