Fiche n° 1125 · Faune · Tortues & mammifères
Tortue caouanne
Caretta caretta
Référence : https://silencejeplonge.fr/faune-flore/fiche/france-faune-tortue-caouanne/
Clé d'identification
- Tête très grosse et large (jusqu'à 25 cm), sur un cou trapu.
- Carapace brun orangé, peu bombée, en forme de cœur.
- Cinq paires de plaques latérales (costales), la première touchant la plaque nucale au-dessus du cou.
- Quatre écailles préfrontales entre les yeux, souvent avec une petite cinquième au centre.
- Plastron jaune pâle taché d'orange.
- Juvénile brun foncé ou gris sombre, avec une crête le long du milieu de la carapace.
Noms
- Nom usuel
- Tortue caouanne
- Nom scientifique
- Caretta caretta
- Autres noms
- Caouanne · Caret · Tortue à bahut · Coffre · Loggerhead
- Synonymes
- Testudo caretta · Thalassochelys caretta · Thalassochelys corticata · Halichelys atra
Distribution géographique
Mers tempérées et tropicales du globe, entre environ 40° S et 60° N. Tortue marine la plus commune de Méditerranée ; observée occasionnellement sur les côtes françaises, où quelques pontes ont lieu chaque année sur le littoral méditerranéen et en Corse.
Zones : Méditerranée · Corse — Europe
Biotope
Eaux côtières chaudes et pleine mer, de la surface à 200 m, le plus souvent dans les 40 premiers mètres. Les jeunes vivent d'abord au large dans les nappes d'algues, puis rejoignent les fonds côtiers durs ou meubles.
Profondeur : 0 – 40 m
Repères pour le plongeur
Tortue marine la plus commune de Méditerranée, mais rare sur les côtes françaises : on la croise surtout l'été, souvent près de la surface. Espèce protégée en France : gardez vos distances et ne la poursuivez pas.
Meilleure saison : Juin · Juillet · Août · Septembre
Biologie
Alimentation
Carnivore : méduses, calmars et poissons au large ; bivalves, crabes, oursins, gastéropodes et poissons près des côtes.
Reproduction
Accouplement en mer. La femelle pond tous les deux ou trois ans, la nuit, sur une plage : 4 à 7 pontes par saison de 60 à 200 œufs chacune. Incubation de 45 à 65 jours ; la température du nid fixe le sexe des petits.
Conservation
Vulnérable (UICN)
Vulnérable (VU, critère A2b) sur la liste rouge mondiale de l'UICN, évaluation du 23 août 2015 selon SeaLifeBase. Protégée en France (arrêté du 10 novembre 2022 fixant la liste des tortues marines protégées), inscrite à l'annexe I de la CITES et aux annexes I et II de la Convention de Bonn.
Espèces ressemblantes
- Tortue verte (Chelonia mydas) : seulement quatre paires de plaques latérales, carapace brun-bleu sombre, plastron blanc.
- Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : quatre paires de plaques latérales, bord arrière de la carapace en dents de scie, écailles qui se chevauchent.
- Tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) : plus petite, exceptionnelle en Méditerranée.
Classification
- Règne
- Animal
- Groupe
- Tortues & mammifères
Identification
La tortue caouanne est une tortue marine à carapace dure, de la famille des Cheloniidae. Sa carapace mesure en moyenne 92 cm pour une centaine de kilos, selon DORIS, et certains individus atteignent 1,20 m et 200 kg. Ce qui frappe d’abord, c’est sa tête : massive, large jusqu’à 25 cm, posée sur un cou trapu. Ses mâchoires sans dents sont couvertes de plaques cornées tranchantes.
La carapace, brun orangé, est peu bombée et dessine un cœur. Pour la distinguer à coup sûr, comptez les grandes plaques sur le côté : la caouanne en a cinq paires, et la première touche la plaque située juste au-dessus du cou. Entre les yeux, on voit quatre écailles préfrontales, souvent avec une petite cinquième au centre. Le dessous est jaune pâle, taché d’orange. Les jeunes sont brun foncé ou gris sombre, avec une crête sur le milieu du dos. Chez l’adulte, le mâle porte une queue plus longue et des griffes plus fortes, et la femelle est plus lourde.
La tortue verte et la tortue imbriquée n’ont que quatre paires de plaques latérales. La première a une carapace plus sombre, brun-bleu, et un plastron blanc ; la seconde un bord de carapace en dents de scie. La tortue de Kemp, plus petite, n’apparaît qu’exceptionnellement en Méditerranée.
Où et quand l’observer en France
La caouanne est la tortue marine la plus commune de Méditerranée, mais elle reste rare sur les côtes françaises : une rencontre en plongée tient de la chance. Elle fréquente aussi bien la pleine mer que les zones côtières, de la surface à 200 m selon SeaLifeBase, le plus souvent dans les 40 premiers mètres. DORIS précise qu’en été elle recherche des eaux de surface au-dessus de 20 °C. On l’aperçoit donc surtout de juin à septembre, souvent en surface, où elle respire, se chauffe au soleil ou dort en dérivant.
Longtemps, elle ne pondait plus en France. Une ponte a été observée à Fréjus en 2016, et le Groupe Tortues Marines France note que les pontes sont devenues plus régulières depuis quelques années sur le littoral méditerranéen et en Corse. Elles restent très peu nombreuses : une dizaine par an, contre environ 400 en Italie.
Biologie et comportement
C’est une carnivore. Au large, elle mange surtout des méduses, des calmars et des poissons ; près des côtes, elle broie bivalves, crabes, gastéropodes et oursins grâce à sa puissante mâchoire. Les jeunes passent leurs premières années au large, dans les nappes d’algues, avant de rejoindre les fonds côtiers vers 50 cm de carapace, soit 7 à 10 ans. Leur maturité n’est atteinte qu’avec une carapace de 74 à 92 cm.
L’accouplement a lieu en mer. La femelle ne pond que tous les deux ou trois ans : la nuit, elle creuse un trou d’environ 50 cm sur une plage et y dépose 60 à 200 œufs, quatre à sept fois dans la saison. Après 45 à 65 jours d’incubation, la température du nid décide du sexe : un nid chaud donne surtout des femelles, un nid frais des mâles. Sa carapace sert souvent de support à des algues et des balanes, et des rémoras l’accompagnent parfois.
Statut et protection
L’UICN classe l’espèce « Vulnérable » (VU, critère A2b) à l’échelle mondiale ; SeaLifeBase date cette évaluation du 23 août 2015. En France, elle est protégée par l’arrêté du 10 novembre 2022 fixant la liste des tortues marines protégées, cité par le Groupe Tortues Marines France. Elle figure à l’annexe I de la CITES, qui interdit son commerce international, et aux annexes I et II de la Convention de Bonn sur les espèces migratrices. En Méditerranée, DORIS cite comme menaces les captures dans les filets, l’ingestion de plastiques et la disparition des plages de ponte.
Bien l’observer et la photographier
Restez à distance, sur le côté, et laissez-la venir ou repartir. Ne la touchez pas et ne lui coupez pas la route vers la surface : elle doit remonter respirer. Une tortue qui dort en dérive se photographie sans flash ni approche par-dessus. Pour l’identifier, cadrez la tête de profil : selon DORIS, le motif de ses écailles est propre à chaque individu. Si vous trouvez une tortue blessée, prise dans un filet ou en ponte sur une plage, ne la manipulez pas et contactez le Groupe Tortues Marines France ou le réseau local d’observateurs.